Continuer de vivre.

(Article initialement publié en avril 2012)

Prendre de la distance, se préserver…C’est un peu ce que je fais ces derniers jours, omettant de raconter jour après jour l’évolution de ma Perle.

Après des semaines noires, à oublier de vivre, à ne penser qu’à elle, je m’autorise [avec un peu beaucoup de culpabilité quand même] à reprendre le cours de ma vie, à relever la tête, à ne plus négliger la Tribu.
Un nouveau rythme s’est mis en place, insidieusement, sans que je n’y prenne garde.

Un rythme sain pour mes petits, qui s’autorisent de nouveau à être Eux, avec leur chahut, leurs rires et leurs cris.

Un rythme sain pour la Hutte, qui négligée, sombrait dans le chaos.

Un rythme sain pour mon corps qui, après une grippe, une angine, retrouve forme et dynamisme, appêtit et vigueur.

Mais je n’oublie pas, non. Le rituel est bien là : le matin, un appel aux soignants, pour m’encquérir de sa nuit, de sa forme (physique et morale). Et le soir, son appel à elle, l’entendre raconter, rire. Elle oublie d’appeler, parfois. Même, des fois elle n’a pas envie.
Et nous nous en réjouissons. Son cheminement se fait, l’apaisement de ses angoisses est réel, malgré les craintes persistantes de l’équipe soignante, qui la voit régulièrement se replier, s’isoler, s’extraire de la réalité…

Notre Perle est à la maison ce soir, pour deux petits jours de permission. Malade (une angine), mais sereine. Fatiguée, très fatiguée, mais souriante.

Les semaines qui arrivent vont être chargées pour notre fille. Dès Lundi, elle intègrera l’école de l’hôpital. A son rythme, bien sûr. Mais l’objectif est posé : préparer sa réintégration à l’école, ici.

Perle va maintenant rentrer à la maison tous les week-ends [sauf évènement négatif], et va devoir travailler sur son retour ici. Reprendre contact avec ses camarades de classe. Avec l’enseignante.

Commencer à envisager son retour, s’y préparer mentalement.

L’espoir est là. Il reste de grandes zones d’ombres, des périodes de tristesse et de violence, des moments de repli. Mais ma puce avance, progresse.

L’espoir est là. Je m’y accroche, pour ne pas sombrer encore, pour ne plus pleurer lorsque je passe devant sa chambre vide. Pour croire que nous avons fait le bon choix. Pour qu’elle nous pardonne, un jour.

chemindevie

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