Le jour où…

Un certain jour de Juillet, j’ai franchi le seuil d’un établissement de Protection de l’Enfance. J’ai plongé dans un univers totalement inconnu, perturbant, terrifiant et violent.

L’Aide et la Protection de l’enfance m’avait toujours semblé un secteur enchanté, où les travailleurs sociaux, petites abeilles efficaces, planquées derrière leur bureau, métamorphosent la vie d’enfants, leur offrant sécurité, confort, nouvelle vie, en claquant des doigts – tout du moins en noircissant quelques formulaires…

Mon dieu….Comme je me plantais..

Depuis plus d’un mois maintenant, mes yeux se dessillent jour après jour (nuit après nuit plus précisément). Je découvre ainsi des hommes et des femmes au bout du rouleau bataillant entre des enfants complètement perturbés, violents parfois et une administration lourde, pesante, un système judiciaire à la ramasse, absolument déconnecté de la réalité de ces enfants.

Je cotoie ainsi des éducateurs, des veilleurs, des travailleurs sociaux qui s’accrochent à la petite étincelle de foi qui subsiste encore en eux, pour se lever chaque matin et tenter de décrocher un bout de lune pour ces gamins.

Enfance-en-danger

 Plonger dans la violence, la maltraitance, la négligence et la peur. Câliner, écouter, soigner. Pleurer en rentrant chez moi. Me blinder aussi. Durcir le ton, gronder, sermonner, faire de la contention physique.

Appeler les gendarmes ou les secours devient presque une banalité. Faire une déclaration de fugue ou une note d’incident sont une routine maintenant.

Jongler avec des traitements, écouter les récits dramatiques de si jeunes vies déjà complètement détruites.

Savoir reconnaître très vite un enfant « récupérable » d’un gamin perdu, futur délinquant derrière des barreaux.

Regarder les pouvoirs publics complètement dépassés, sans moyens. Se battre seuls contre l’innommable, se serrer les coudes. Être le déversoir des éducateurs, tenter de partager leurs peines et leurs doutes.

Aimer ça, de plus en plus. Sentir grandir en moi l’étincelle, l’attiser, m’en délecter.

Presque appréhender les jours de récup’ , où les journées ne seront que coups de fil aux collègues et langueur de retrouver mes « terreurs ».

Prendre confiance en moi, me découvrir autre. Me sentir capable. Adulte.

Le jour où j’ai trouvé ma VOIE est arrivé.

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