Sur le chemin de l’école.

(Article initialement publié le 8/06/2012)

Cela fait aujourd’hui une semaine que Perle est rentrée. Une semaine qu’elle a repris le chemin de l’école. A un rythme différent, allégé. Allégé, mais légèrement éprouvant quand même.

Après les premiers jours, tout en excitation et joie du retour, Perle s’essoufle, se fatigue et montre les premiers signes d’une angoisse que nous croyions maîtrisée.

Il est difficile pour notre puce d’arriver à 13h30 avec son cartable sur le dos, de descendre et se mêler aux enfants réunis depuis 8h30 le matin.

Il est difficile pour notre puce de se concentrer trois heures durant dans le bruit d’une classe, de suivre les multiples interactions de ses camarades, de tenter de réussir quelque exercice.

Malgré un programme plus qu’allégé, modifié, corvéable à l’envie, Perle n’aboutit que rarement à une demi-journée productive.

Mais elle y va. C’est déjà un grand pas. Les premières minutes sont très difficiles. Mais elle arrive maintenant à verbaliser son angoisse, à la canaliser, à l’apprivoiser pour la dominer.
Elle est aidée bien sûr par ses deux traitements, neuroleptique et anti-dépresseur, et en complément elle avale régulièrement des anxiolytiques avant de prendre le chemin de l’école.

Ces traitements, bien que salvateurs en cette période de « reconstruction » pour notre fille, ont aussi dévastateurs.
Dévastateurs car ils exacerbent ses ressentis : joie, colère, tristesse, excitation, faim… Tout est multiplié, sur-joué.

Ils sont dévastateurs sur l’état physique de notre enfant : Perle a pris presque 10 kilos depuis le premier jour de son hospitalisation. Elle qui était si svelte, élancée, d’un gabarit déjà « carré » et musclé, se retrouve empatée, bouffie, compressée dans une garde-robe rétrécie…Ses poumons peinent à régénérer ce corps alourdi, et elle ahane en permanence, la respiration sifflante et hâchée.
Je vais d’ailleurs l’emmener consulter notre médecin en début de semaine prochaine, car cette respiration anormale me fait souci.

De mon propre chef, je diminue doucement ses neuroleptiques, très prudemment. Déjà, sa faim se calme, son corps perçoit quelquefois le signal de la satiété. Mais cela reste vraiment minime et je me vois contrainte de faire la gendarme en permanence, et de lui refuser des en-cas à longueur de journée.
Son poids reste stable depuis quelques jours, et nous allons commencer à équilibrer de plus en plus son alimentation pour que son corps puise dans ses réserves et s’affine. Bien sur, il est hors de question de la mettre au régime !! Loin de là ! Mais privilégier une nourriture allégée, dégraissée et variée. Chose ardue, vue que depuis son plus jeune âge, elle a l’habitude de se nourrir en conséquence sans prendre un gramme de trop.

La vie dans la Hutte se déroule assez sereinement depuis son retour. Des liens plus étroits se crèent entre Perle et ma PremsPerle ayant plus de facilité à se livrer, se laisser aller, elle joue de longs moments complices avec Prems.

Voilà. Un premier bilan mitigé. Partagée entre le bonheur intense de voir ma fille s’ouvrir et la peur d’une rechute.

Entre sourire devant ses pitreries et pleurer devant son corps enlaidi, son caractère parfois trop trempé.

Il nous faudra tâtonner encore quelques temps je pense, pour trouver un nouvel équilibre.

Mais, sur le chemin de l’école, ma fille est retournée….

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