Un goût d’amertume

dépressionDéscolarisation – phobie scolaire – certificats médicaux et j’en passe et des meilleures.. Comme une impression de déjà-vu, un goût d’amertume, une envie de pleurer.

Nous pensions avoir tourné la page, refermé le sombre livre de la dépression enfantine…

Comme nous nous trompions. Comme nous nous bercions d’illusions. Nous nous vautrons dans la félicité et la fierté toute parentale d’avoir réussi à extirper Perle de ses angoisses extrêmes. Nous nous enorgueillissons de notre écoute bienveillante, notre attention constante qui la soutenaient et la préservaient des rechutes. Rechutes qu’elle ne connaît plus. Radieuse, elle évolue chaque jour vers son avenir.

Comme le revers de bâton est douloureux. Comme le chagrin est fort quand il a déjà été goûté. Comme l’incrédulité, l’incompréhension et les doutes sont violents quand le cauchemar touche celle qui nous semblait la plus sereine.

Ma belle blonde. Ma toute grande. Ma première.

Notre aînée s’étiole depuis quelques semaines, se recroqueville, se brise. Sans mots à appliquer sur ses maux. Dans les larmes, l’insomnie et les mutilations. Dans la panique, la peur et l’angoisse.

Et pourtant, elle est si souriante, si aimante et câline. Bien à l’abri dans notre maison. Bien à l’abri dans nos bras. Et devient tout autre, tremblante et agonisante lorsqu’il s’agit de franchir les portes du Lycée.

Nous l’avons serrée fort fort dans nos bras, mais cela n’a pas suffit. Nous avons pleuré avec elle, pour elle, mais cela ne l’a pas guérie. Nous avons fait semblant de ne pas entendre les semonces de la société, de ne pas supporter la pression des administrations. Mais ils nous ont écrasés.

Et les grands mots ont été prononcés. Pour nous préserver, garantir l’équilibre de notre famille, assurer son bien-être psychologique, il a fallu mettre ces vilains mots sur un mal-être indéfinissable, inquiétant et envahissant.

Phobie scolaire. Pourquoi ? Comment ? Ma belle blonde, mon actrice en herbe, si sociable et sans accroc. Ma précoce, ma surdouée. Qui s’effondre alors que tout lui sourit. Qui se craquelle alors qu’elle semblait faite de titane et de rires.

Aujourd’hui est le premier jour d’un hiver noir….

Comme un goût d’amertume.

En attendant le Printemps.

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6 réflexions sur “Un goût d’amertume

  1. Oh non… Quel magnifique billet qui exprime tellement d’impuissance et de désespérance… Je ne sais pas quoi te dire, mis à part courage. Avec tout votre amour et votre présence bienveillante, vous ne pourrez que lui faire du bien. Et comme tu le dis: le printemps va arriver !
    De tout coeur avec toi ❤

  2. Il me semble que les ainés prennent beaucoup sur eux.
    Ce n’est pas si grave que ça ce qui lui arrive, la douleur c’est de basculer dans la pathologie. Mais tant que ça. Car derrière ces symptômes, il y a des mots que ta fille doit trouver. Et toute seule. C’est de sa responsabilité d’individu de trouver son chemin sans les parents. L’amour c’est beaucoup, c’est essentiel. Pour eux les enfants c’est la quête de l’autonomie. Même si c’est douloureux pour nous les mamans.
    Pour moi ça a été très dur de voir ma fille grandir, de devenir autonome, ça me blessait tant que j’ai dû questionner ce lien d’avec ma fille. Et puis de semaine en semaine, de séance en séance j’ai compris que je n’étais pas un être autonome, moi-même je n’avais pas coupé le lien avec ma mère. J’étais pour l’éternité une petite fille avec des impératifs de la vie réelle. Les phobies je connais, l’isolement aussi. Et puis j’ai grandi. je me suis construite en mettant des mots sur ma douleurs. ça a fait disparaître les symptôme et auj je suis plus forte, adulte et encore un peu enfant .Cet enfant étant devenu un allié.
    Ta fille devrait consulter, trouver un professionnel qui puisse l’aider. Mais toi aussi , me semble-t-il tu tirerais bénéfice de voir qqun.
    courage

  3. Courage…je ne sais pas trop quoi te dire, mais j’espère que ce n’est qu’une phase…et l’institution scolaire est souvent complètement inadaptée face à des profils atypiques, alors…Bon courage à Perle, je suis sure qu’avec votre soutien, elle peut y arriver et tracer son propre chemin.

  4. Pingback: Une année dans ma Tribu | La Vie dans ma Tribu

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