Un matin comme les autres.

Tv27C’est avec appréhension que les cinq journalistes franchissent la porte d’entrée de cette maison. Les rumeurs les plus folles courraient sur cette Tribu depuis longtemps. Certains racontaient qu’une horde de macaques y faisaient régner l’anarchie et la violence. D’autres persistaient à penser que ce qui vivait là-dedans n’était pas humain. D’autres encore soutenaient que personne ne ressortait vivant de cet enfer !!C’est ainsi terrifiée par les racontars que l’équipe de tournage se préparait à suivre, en cette journée du Réveillon de Noël, le réveil de la Tribu. Brrrrr…..

A peine la porte entr’ouverte que déjà les tympans des journalistes explosèrent, submergés par le rire d’un enfant. Un ingénieur-son s’effondre. Première victime.
La caméro zoome vers le coin salon, où nous découvrons deux petits, bondissant sur un canapé déjà bien saccagé, qui manipulent en criant des manettes de jeu. Il n’est pourtant que 7h54. Où sont donc les parents ?

Tout en esquivant les mouvements désordonnés des 2 enfants, l’équipe de choc tente de se faufiler un chemin vers le reste de la maison. Attention ! Quelque chose attaque l’un des preneurs de son, s’agrippe à son pied et se faufile dans son jean ! Aaargh !! Serait-ce un alien ? Un macaque ?? Non, c’est pire, c’est…c’est…un chaton ! Même deux chatons qui prennent d’assaut les bras des assistants, en quête de câlins.
C’en est trop pur le preneur de son qui fuit hors de cette demeure, la bave aux lèvres et les yeux révulsés. Deuxième victime.

L’équipe, ou ce qu’il en reste, tente de reprendre ses esprits et se concentre sur sa mission, son devoir, d’enfin découvrir ce qu’il se cache au fond de ce couloir sombre…

9h – L’équipe atteint enfin, après avoir déjoué quantité de pièges (toupies échouées au sol, chaussettes dépareillées trainant vicieusement dans les coins), une nouvelle pièce : la porte s’ouvre doucement, certainement poussée par la main tremblante du caméraman. Il y fait sombre, dans cette pièce, très sombre. Et immédiatement, une odeur âcre et insoutenable prend à la gorge les intervenants. Cette odeur, ces miasmes, ces relents !!! C’est l’odeur d’un….adolescent !! Yeurk, l’équipe fait demi-tour illico, sans chercher à percer plus les secrets de l’évolution d’un ado, et se réfugie au fond du couloir. L’assistant lumière a disparu ! A-t’il été aspiré dans les tréfonds du repaire de l’ado ? Personne ne le saura jamais. Troisième victime.

11h – L’équipe, enfin le peu qu’il en reste, entend un grognement, une respiration haletante, là, juste derrière la dernière porte. Rassemblant leurs esprits, les professionnels du reportage en zone à risque, ceux-là même qui ont affronté la guerre civile au Blakhastanitan, se prennent par la main, qu’ils ont moite et tremblante, et poussent du bout du pied cette dernière porte.
Et là, dans la pénombre, ils distinguent vaguement quelque chose. Un lit, énorme. Une montagne de coussins, de couettes et de draps mélangés laissent deviner une silhouette. A sa taille, son volume, et les indices que l’équipe découvre dans la pièce (papier cadeau hâtivement caché sous le lit, cachets d’aspirine en tas sur la table de nuit, bolduc encore froissé dans sa main), nous comprenons que nous sommes face à la Mère. La Matrice. Celle qui a créé cette meute sauvage et puante.
La Matrice bouge, renifle, se râcle la gorge…et hurle : « C’est quoi ce bordel !!!!! J’vous préviens, si vous vous calmez pas un peu, j’vais me lever hein !!!! »

Cet hurlement finit d’achever l’équilibre nerveux de l’assistant-son qui détale vers la sortie sans demander son reste. Quatrième victime.

Le cameraman, resté seul, se fige, blotti dans un coin de la chambre parentale, tentant désespérément de ne pas se faire remarquer. Mais c’est sans compter sur les sens hyper-développés de la Matrice, celle qui entend tout ! L’oreille de la marâtre frémit, sa narine aussi d’ailleurs, et, tout en se grattant furieusement la crinière, l’horrible femme se retourne, fixe de son œil torve le pauvre cameraman qui, malgré son expérience que prouvent les nombreuses cicatrices émaillant son corps, abandonne tout courage, se laisse glisser au sol, telle une poupée qui se dégonfle, lâchant sa caméra qui se brise…..Cinquième et dernière victime…

Et sinon, un petit café pour bien démarrer cette journée du Réveillon ?

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Une réflexion sur “Un matin comme les autres.

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