Vis ma vie….ou les tribulations d’un parent d’ado.

Bien, bien…Vous avez digéré la situation. Votre charmant enfant, qui hier encore gazouillait sereinement sous son mobile, est un adolescent. Ok. C’est dans l’ordre des choses, mutation un peu surprenante, mais vous vous y faites.

Après tout, cette asperge déguingandée est toujours votre enfant, n’est-ce-pas ? La chair de votre chair. Donc pas de raison que quoique ce soit change, à part quelques poils et une voix de castra.
Naïfs que vous êtes, hé hé !

Je me dois, en tant qu’experte es crise d’adolescence, de vous oter vos dernières illusions. De vous donner à voir la réalité toute crue.

Je vous propose donc de comparer les levers d’un bambin, disons de 9 ans, et d’un adolescent en pleine crise (et je ne veux pas vous faire peur – bon ok, si, un peu!- mais la crise d’ado peut débuter très tôt, genre 10/11 ans et durer très très tard, jusqu’à parfois 39 ans, pour certains (on recense même certains spécimen, présentant tous les signes d’une adolescence attardée, à plus de 50 ans. Paraîtrait qu’on nomme cette pathologie la crise de la cinquantaine…))

Z’êtes prêt ? Lexomil et boite de kleenex à portée ?
Let’s go !

Le réveil de l’enfant
7h00 – l’enfant, tout frais et déjà plein d’énergie, s’est levé seul il y a déjà une demi-heure (d’ailleurs c’est lui qui est venu vous arracher des bras de Morphée) et s’est joyeusement installé devant son bol de céréales détrempées, tout en vous racontant pour la énième fois à quel point son copain Louis a trop de la chance « paske ses parents lui ont offert la dernière console à la mode et pi’ tu sais, Maman/Papa, hier t’avais encore oublié de me préparer mes affaires de piscine, nan mais j’avais trop la honte, j’ai du prendre un maillot au distributeur à la piscine, tu sais, le « tout pourri » qui moule trop ».

De votre côté, adossé au comptoir (enfin agrippé serait le terme exact) vous tentez d’ouvrir les yeux, en avalant votre 2ème café, en l’écoutant d’une oreille, essayant de capter des bribes d’infos à la radio de l’autre, et signant, sans les tâcher s’il vous plaît, les 4 mots de la maîtresse que vous ne prenez même plus la peine de lire (du moment qu’elle ne demande pas un chèque, vous signez).

Le réveil de l’adolescent
7h00 – depuis près d’une demi-heure, vous tentez d’accéder au lieu de repos d’échouage de votre ado. Mais entre un sac déversant traîtreusement ses manuels, une paire de Van’s crottées, et quelques monticules non identifiables, vous trébuchez constamment, dans la pénombre, en tentant désespérément d’inhaler quelques particules d’oxygène dans cette atmosphère lourde et âcre.
Vous atteignez enfin l’amas de couettes et d’habits roulés en boule où comate profondément l’adolescent.
D’une voix douce et tendre…bon d’accord, en gueulant comme un veau, déjà passablement énervé par votre parcours du combattant…vous lui rappelez que son bus ne va pas l’attendre, et qu’il lui reste moins de vingt minutes pour se préparer.
Aucune réaction.
Vous tentez une approche physique. En clair, vous le secouez énergiquement.
L’ado émet un grognement indistinct, esquisse un mouvement et … rien.

Donc, et parce qu’il vous reste à vous aussi, seulement un quart d’heure pour vous maquiller/raser, boire un café, étendre le linge et partir au bureau, vous passez à l’attaque : vous attrapez fermement la couette, tirez un bon coup, et découvrez l’ado (qui ne risque pas de frissonner, vu la couche d’habits qu’il porte encore sur lui…c’est so 2010 le pyjama, maintenant l’ado dort en jean’s).
Et là, l’ado se réveille. Que dis-je, l’ado entre en éruption plutôt ! Car un ado réveillé avant midi est un ado grognon, très grognon.
D’une voix stridente, (ouais la mue commence son œuvre), il débite un chapelet de grossièretés en rapport avec l’hérésie d’une vie de forçat, dirigé par des dictateurs (oui, ça c’est vous ^^), et daigne enfin mettre le pied (qu’il a fort odorant, et Mon Dieu ! Aurait-il encore pris une pointure??) au sol.
Il est maintenant 7h30 et il n’a plus qu’à sauter dans ses baskets et courir après le bus. Ce qu’il fait, après avoir vissé ses écouteurs aux oreilles et attrapé au vol une tartine dans la cuisine.

Vous êtes sur les rotules et votre journée n’a même pas encore commencé …

Vous ai-je déjà souhaité bon courage ?

Hé, hé !! A bientôt..

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4 réflexions sur “Vis ma vie….ou les tribulations d’un parent d’ado.

  1. non, c’est pas vrai, arrête, dis-moi que tu exagères? En tout cas j’ai bien ri (jaune) et quelle puissance visuelle dans ton évocation! On s’y croirait (sans vouloir y être)…

  2. Pingback: "Vis ma vie…de parent d’ado" #A table ! | La Vie dans ma Tribu

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