Quand l’avenir se dessine.

Comme vous le savez, mes deux aînées traversent quelques turbulences dans leur adolescence :

Prems, ma belle blonde de 15 ans a très mal vécu son entrée en Seconde, entre crises d’angoisse et agoraphobie et nous avons dû opter pour une scolarisation à la maison depuis Janvier. Cahin caha, elle tente sans grande motivation d’avancer dans son programme scolaire. Seule, isolée des jeunes de son âge, démotivée et facilement perturbée par la vie de la maisonnée, elle peine et renâcle à étudier.

Deuz, ma Différence, rencontre depuis le début de son entrée en 4ème des difficultés relationnelles, souffre d’un mal-être et d’une légère dépression qui l’ont conduit à manquer énormément les cours, à pleurer des heures entières, et même il y a quelques temps, à penser à la pire des délivrances.

Nous, pauvres parents démunis, sommes bien malmenés entre les administrations scolaires qui nous rejettent la responsabilité de l’état moral de nos enfants, entre les différents services de soin qui ne parviennent pas à rassurer nos filles, entre notre rôle de guide, d’accompagnant de nos enfants vers leur vie adulte, et notre faille d’humains, tellement désespérés et impuissants devant leurs souffrances.

Aussi, plutôt que d’écouter les gens bien-pensants, les proches « bien intentionnés » et la majorité populaire qui nous conseilleraient, si on les les laissait le faire, de mettre un bon coup de pied au culs de nos gamines, voire une baffe ou deux, d’asseoir notre autorité et de les contraindre à se comporter en mouton docile et muet, nous avons bien fort fermé nos oreilles. Nous avons détourné le regard. Ou plutôt, nous avons écouté et regardé nos filles.

Deuz exprime depuis quelques années le besoin de s’éloigner de la maison, perdue dans cette fratrie brouillonne, effacée entre une aînée paisible et sûre d’elle et des cadets bruyants et quémandeurs d’attention.

Et Prems, sans aucune affinité avec le monde scolaire, attendait avec hâte d’atteindre un âge « avancé » lui permettant d’entrer dans la vie professionnelle.

Nous avons, à force de recherches et de prospection, trouvé comment contenter nos deux aînées.

Aussi, ce matin, sous la fraîche pluie printanière, nous sommes parties, mes filles et moi, à la découverte d’une structure réunissant, sur le papier, les attentes et désirs de mes filles. Et nous n’avons pas été déçues. Accueillies chaleureusement, nous avons été guidées tout le long de notre visite par des intervenants bienveillants, souriants, attentifs à mes enfants.

Très vite, Prems, pourtant si réservée, a affiché un grand sourire et un enthousiasme naissant. Deuz, plus effacée, a néanmoins trouvé des réponses à ses attentes.

Aussi, c’est le cœur léger (et le portefeuille encore plus, ahem..), que nous avons pré-inscrit nos 2 belles dans cette MFR iséroise, où Prems pourra acquérir un diplôme lui ouvrant les portes des métiers de la Puériculture, comme elle le souhaite depuis longtemps, et où Deuz pourra sereinement poursuivre sa scolarité tout en bénéficiant de tous les moyens possibles pour choisir son orientation professionnelle.

Mille questions se bousculent encore dans mon esprit : comment allons-nous gérer nos deux pensionnaires, aux plannings différents, aux déplacements plus fréquents (entre stages et formation), est-ce que financièrement, l’équilibre de notre famille ne va pas s’en ressentir (et vais-je trouver rapidement l’emploi supplémentaire qui nous permettra d’assumer le coût de leur scolarité), comment mes cadets vont-ils vivre l’absence de leurs grandes sœurs, Fiston surtout, lui qui est si attaché à Prems ? Et ma Championne, qui partage la chambre de ma Première, saura-t’elle faire sans elle ?

Tant de questions qui n’auront leur réponse qu’à la rentrée prochaine. Mais mon cœur de Maman se repaît du sourire des filles, se soulage de ses incertitudes.

Aujourd’hui, mes filles ont un avenir. Un avenir qui se dessine plus serein, plus fort, plus construit. Un avenir qu’elles ont choisi.

lumière

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4 réflexions sur “Quand l’avenir se dessine.

  1. Bonjour,
    J’ai lu avec attention tes/vos mots et je pense également que vous avez pris la bonne décision, le plus important est de voir ses enfants heureux !
    Vos plus jeunes s’adapteront sûrement, et votre famille en ressortira probablement grandie, plus soudée et épanouie…
    Vous avez raison d’écouter vos enfants… Un enfant ne simule pas la souffrance !
    Je suis moi-même maman solo de 2 petites filles, et parfois désemparée face aux crises de colère de ma petite et au manque d’attention dont souffre mon aînée tellement sa petite sœur est envahissante… Et pourtant je sais aussi je comprends dans les mi-mots que quand elles sont chez leur père elle prend le rôle d’une petite maman pour sa sœur car elle est son point de repère et d’affection quand sa maman… C’est très dur car on se dit que à un moment donné je ne suis pas à la hauteur… Mais que faire ?
    Alors le dialogue : parler, expliquer, et surtout écouter ou observer ses enfants, mais attention je suis loin d’être une mère parfaite et de donner à mes filles toute l’attention qu’elle mérite…
    Autant vous dire que j’appréhende leur futures adolescences, et j’espère comprendre aussi bien que vous leur détresse et ressenti… Le rôle d’un parent n’est-ce pas cela écouter, comprendre ou du moins essayer et aider son enfant à se réaliser quelque soit la voie qu’il choisit… Tant qu’il se sent bien c’est le principal !
    Donc juste un mot…. Félicitations !!
    Je vous souhaite que vos filles soient heureuses et épanouies dans ces chemins qu’elles se sont choisies ! Et leur sourire est votre cadeau le plus précieux…

    • Merci beaucoup pour tes mots si précieux ! Il n’y a pas de méthode hélas, pour élever nos enfants, n’est-ce-pas ? nous trébuchons, avançons pas à pas. Mais l’amour, le respect et la bienveillance compenseront nos faiblesses, j’ai l’espoir d’y croire ! Merci de ton passage !

    • Merci Marie 🙂 J’espère que cette voie qu’elles emprunteront bientôt, va leur permettre d’aller mieux, de grandir enfin dans la sérénité, ou tout du moins dans la « banalité » d’une adolescence sans trop de souffrance 🙂

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