Comme un goût de déjà-vu

find'année

Alors ils vont rentrer chargés de pochettes gavées de dessins.
Alors ils vont envahir la maison de cahiers achevés et dépecés, de monceaux de feuillets gribouillés.
Alors ils vont soir après soir préparer des petits mots, des collages et des preuves d’amitié.
Alors ils vont renâcler à se coucher et cacher leurs cernes sous une excitation difficile à gérer.
Alors ils vont rassembler jeux et gâteaux à partager
Alors ils vont pleurer.
Alors je vais avoir la gorge nouée.

Comme chaque été. Comme chaque fin d’année.

Comme un goût de déjà-vu.

Depuis bientôt 13 ans, juin a ses rituels bien particuliers. Clore l’année en beauté, entre kermesse et légèreté. Et déjà préparer la rentrée prochaine, avec son cortège de réunions et de dossiers à compléter.

Comme un goût de déjà-vu.

Et comme une anxiété nouvelle.
Cette fin d’année marque un changement pour notre tribu.

Dernière fin d’année oisive pour Prems.
Dernière fin d’année au Collège pour Deuz.
Dernière fin d’année au primaire pour Perle.
Dernières nuits de garde pour moi.

La rentrée s’annonce inconnue, excitante et angoissante.
Entre l’entrée en internat pour mes deux aînées, le Collège pour Perle, des journées à rallonge pour les deux derniers et un nouveau travail pour moi.
Ça passe ou ça casse. J’ai peur que ça casse.
Car laisser derrière nous cette routine tellement ancrée me semble bien difficile à réaliser.
Vais-je réussir à gérer le quotidien ? Mes filles vont-elles s’habituer à leur vie d’interne, vont-elles s’en donner les moyens ?

En ce dernier jour de juin, je suis fatiguée, très fatiguée. Mais heureuse, très heureuse. Je croque la vie à pleines dents, je multiplie les activités, je suis de tous les fronts et j’adore ça. La tribu en pâtit, un peu. Car tellement habitués à ce que je gère tout, tout le temps, ils pataugent et cafouillent. La maison laissée en plan, cherche qui saura la bichonner un peu.
Mais tant pis, j’ai décidé de vivre pour moi, aussi.
Que ça passe ou ça casse.

Et ça, c’est comme un goût de déjà-vu.

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Et 1 ! Et 2 ! Et….ouais, ça va, on a compris !

« Pedro va au Brésil,

Pour danser la Samba !

Il va de ville en ville,

Pour apprendre le pas ! »

Et ouais, cela ne vous aura pas échappé, ce soir sera donné le coup d’envoi de la Coupe du Monde de Football 2014.

Comme vous le savez, notre Tribu vit un peu au rythme de ce sport depuis bientôt deux ans, suivant de matches en matches et de tournoi en championnat notre joueuse en herbe.

Il était prévu que nous suivions quelques matches de l’équipe de France en famille, mais le changement d’horaires de Monsieur Mon Mari complique un peu la donne.

Autant j’aurai supporté nos joueurs accompagnée de mon époux (et d’une bonne bière, avouons-le), autant vivre (survivre ?) ces matchs seule avec mes enfants n’a plus la même saveur.

Ce soir, je pense laisser ma Tribu regarder la cérémonie d’ouverture, cela ne finit pas trop tard et cela nous permettra même de faire un peu de géographie en parlant des divers pays participants.

Sinon, il y aura aussi la diffusion du match France/Suisse au village, lors de la Kermesse de l’école.

Entourée d’ami.e.s avec qui trinquer papoter, ce sera l’occasion pour moi de me divertir et pour Championne de regarder un match en compagnie de bon nombre de ses co-équipiers.

Mais, voilà, ce sera tout finalement. Championne n’en parle pas plus que ça ces derniers temps, un peu lassée par tous ces week-ends passés à taper dans le ballon, de ville en ville. Elle préfère largement barboter dans la piscine avec ses frères et sœurs ou construire des cabanes au fond de notre jardin.

J’aurai aimé avoir des occasions d’entonner à tue-tête « Pedro va au Brésil, la la lalalala ! », agitant frénétiquement notre drapeau français, sous l’emprise de ce partage inter-pays (bon d’accord, complètement bourrée)…

Va donc falloir que je trouve d’autres occasions que ce rendez-vous footballistique pour faire la fête  hé hé !

Et vous, allez-vous suivre cet événement ? Du coin de l’œil ou bien intensément ?

Seul, en famille ou entre supporters survoltés ?

Et alors ?

Il est 12h21 (précises) au moment où je débute la rédaction de ce billet. Nous sommes un Mercredi, toute la Tribu est à la maison.

Confortablement installée sur ma terrasse ensoleillée, un bon café et mon ordi devant moi,  je regarde une partie de la Tribu s’ébattre dans notre toute nouvelle piscine.

Et alors ? 

Et alors quoi !

Non, ils n’ont pas encore mangé, d’ailleurs je ne sais même pas ce que je vais leur préparer. Et alors ? Il fait beau, il fait chaud, aucun d’entre eux ne montre signe de faim, trop occupés à rire et faire les dauphins.

Et alors quoi !

Non, je n’ai pas rangé les 3 panières de linge propre qui s’entassent dans mon salon. Et alors ? Je préfère déguster mon café avant qu’il ne refroidisse. Fini le temps où je me souvenais, trop tard, qu’une tasse m’attendait dans le micro-ondes.

Et alors quoi !

Non, je n’ai pas rangé la paperasse qui s’accumule depuis des lustres. Qui s’envole régulièrement chaque fois qu’un courant d’air traverse la pièce. Et alors ? Ces feuillets ont quelques années avant de commencer leur décomposition naturelle, alors j’ai remplacé l’activité archivage par une matinée papote entre copines.

Et alors quoi !

Rien de carré, ni de strict  dans cette maisonnée. Des enfants brouillons et bruyants. Des parents débordés et débordants. Une maison envahie et submergée.

Trop de laxisme, oui. Pas assez de discipline, certainement. Du laisser-aller, oh que oui !

Et alors ?

Alors, rien. J’m’en fous comme de ma première chemise.

Y a de l’amour à gogo, du rire plus qu’il n’en faut. Des chamailleries à n’en plus finir et des jouets échoués sous les canapés. Y a des câlins à outrance, et je mesure ma chance.

Etre heureux à en crever, malgré les galères financières et les coups du sort trop durs. Malgré le temps qui file, trop vite, pour en profiter encore plus. On oubliera la fatigue et les disputes. On zappera les soirs à n’en plus finir pour rattraper le retard de lessives. Nous effacerons d’un geste léger les moments de doute et d’incertitude.

Nous sommes brouillons, certes. Nous sommes nombreux, à n’en point douter. Nous sommes étranges, parfois. Incompris, souvent.

Mais nous sommes NOUS, unis pour le meilleur comme pour le pire. Nous sommes NOUS contre le monde entier s’il le faut. Contre les préjugés et les critiques. Face aux vents et aux souffles critiques de la populace bien-pensante.

Alors, vos remarques, vos messes-basses et vos sous-entendus, je n’ai qu’une chose à leur répondre :

Et Alors ?

m'enfous

Ici et nulle part ailleurs

home

Chez nous. Chez moi. Home Sweet Home.

Longtemps,  je me suis sentie à l’étroit dans cette petite maison « Playmobil » comme je l’appelle. Longtemps, je l’ai même détestée, pour ses pièces trop petites, confinées. Souvent, j’ai tapé dans ses murs en carton, pesté contre ses malfaçons. Je surfais de site immobilier en site d’annonces pour trouver un nouveau foyer, plus grand, avec plus d’âme, plus « mieux » quoi, comme disent les petits.

J’échafaudais des plans sur la comète pour la fuir, je rêvais le jour où je la quitterais sans me retourner.

Mais, insidieusement, par de petits riens qui font toute la différence, la Hutte et moi nous sommes apprivoisées. Et hier soir, j’en ai pris conscience. Depuis combien de temps n’ai-je pas cherché sur Internet un nouveau logis ? Depuis quand n’ai-je pas râlé contre ma chaumière ridicule ?

Je ne sais pas. Je ne sais plus. Mais j’ai réalisé, soudain, que cette Hutte, imparfaite et mal agencée, était mon chez-moi, leur chez-eux. Notre CHEZ-NOUS.

Quand je ne dis plus « va jouer dans le terrain », mais « dans le jardin » : mon trop grand jardin, sauvage et désordonnée. Qui contient tant de souvenirs de jeux, de cabanes construites, de cache-cache et de parties de foot endiablées. Qui abrite Maman Hérisson, qui vient nous saluer chaque année. Et Monsieur Merle, toujours fidèle au poste avec sa compagne. Caché sous le sapin de notre premier Noël ici. Un sapin qui s’élève haut maintenant, symbole de ces années qui passent.

Quand je connais chaque recoin de chaque pièce, que les yeux fermés, je sais où trouver les premiers gribouillis « rupestres » de Prems. Là, cachés dans la penderie de la chambre du fond, ma chambre maintenant, où elle avait précautionneusement tracé des lignes sur le mur, pour graver ses premiers mots.

Quand je me souviens des premiers pas de Championne, là, dans le salon, accrochée aux poils de notre toutou, il y a 9 ans. Ou quand je peux refaire, au centimètre près, le trajet « d’entraînement » de Fiston, qui inlassablement trottinait du canapé au comptoir pour parfaire sa marche.

Quand j’ouvre les volets, chaque matin, et que je suis saluée par le chant des oiseaux de MES arbres, tous les jours, inlassablement.

Quand la journée est rythmée par les cloches de l’église et que la voix de mes enfants retentit à l’heure de la récréation.

Quand c’est CHEZ NOUS que la famille se réunit pour les barbecues estivaux.

Quand, chaque jour, j’emprunte MA route pour revenir du travail. Tous ces virages et ces routes de campagne qui petit à petit, laissent les habitations pour céder la place à des champs de coquelicots et des bois fournis.

Et quand j’imagine ma vie sans eux, mes cinq petits, ici, toujours, pour les voir revenir souvent. Les accueillir eux et peut-être un jour leur famille. Ouvrir ma porte comme je leur ouvre mes bras.

Toute petite maison, bien mal fagotée, mais étayée d’amour et de souvenirs.

Notre CHEZ-NOUS. Oui, je sais que c’est ici et nulle part ailleurs.

fleurs

Sous le soleil du Sud

Enfin remise de mon mini week-end en amoureux !

Quelle idée de choisir ce pont de l’Ascension pour descendre dans le Sud, hé hé.. Oserais-je vous dire que je n’avais pas percuté avant de me retrouver sur l’autoroute, accompagnée de centaines d’autres touristes ? Oui, j’avoue 🙂
Même la difficulté à trouver une chambre d’hôtel ne m’avait pas mise sur la voie, et c’est toute innocente que j’avais râlé des heures à la recherche de l’hôtel pas cher mais agréable qui pourrait nous accueillir une nuit.

Je l’ai trouvé heureusement et réservé dans la foulée.

Samedi soir, fourbus de nos heures de route, nous arrivons épuisés mais ravis, sous le soleil de Nîmes. Il fait chaud, il fait beau, je me mets en mode « vacances » !

Et heureusement. Car en mode « détente », rien ni personne n’a pu entamer ma bonne humeur. Alors que si j’avais été,voyons voir, un client-testeur d’hôtellerie, ou un critique gastronomique à la botte d’un guide touristique, j’aurais passé mon temps à bougonner !

Je n’ai pas râler, non, j’en ai même ri de ces petites mésaventures, de ces quelques déceptions au cours de notre séjour. Parce que je ne suis pas très exigeante, comme fille, et que je déteste me faire remarquer, passer pour la cliente pénible.

Mais je vais déposer mes déceptions ici, on ne sait jamais, si vous descendez sur Nîmes, mon avis vous servira peut-être.

L’Hôtel 

Peu dépensiers (enfin pauvres quoi !), nous avons réservé une chambre dans une grande chaîne hôtelière à petits prix. Sur le papier, enfin sur leur site internet plutôt, l’établissement correspondait en tous points à nos critères de sélection.

Le prix très correct : environ 60€ la nuit en chambre double, avec petits-déjeuners.

L’environnement : en abord de l’autoroute, pour nous économiser des galères dans une ville que nous ne connaissions pas.

L’état : des chambres claires et propres, pour que la nuit soit reposante.

Arrivés sur les lieux, nous sommes accueillis par un aimable réceptionniste (hôtelier ? je ne sais pas le terme exact pour ce genre d’hôtel) qui nous délivre les informations à savoir.

Premier bémol, sur le parking, nous découvrons le véhicule d’un client avec les vitres cassées. Signalant ce souci à l’hôtelier, nous comprenons rapidement que l’effraction est toute fraîche, et que donc ce parking supposé vidéo-surveillé n’est pas très sûr. D’ailleurs nous constatons de larges ouvertures dans les grillages, ce que ne nous rassure pas. Je m’inquiéterai jusqu’au matin, dans la peur de retrouver notre voiture détériorée.

Nous gagnons notre chambre que nous trouvons propre et lumineuse, heureusement située à l’arrière du bâtiment, nous évitant le bruit de la circulation extérieure.

Mais, en examinant rapidement les lieux, je note l’absence de certains éléments que j’attendais.

Comme des oreillers supplémentaires. Un seul tout petit oreiller par personne, c’est trop juste pour nous. Pas de couverture en plus dans les placards.

Pas de petit encart de bienvenue sur le bureau. Ni d’ailleurs règles de sécurité, nulle part.

J’aurais aimé, comme cela a été le cas dans d’autres hôtels de même gamme où nous avons couché, trouver une bouteille d’eau, voir une bouilloire et ses sachets de thé/café. Car il faisait chaud dans cette chambre, très chaud. Et impossible de couper la climatisation/chauffage.

Dans la salle de bain également, déception. Il faut savoir que dans ma précipitation, j’ai oublié ma trousse de toilette et je n’avais donc pas de gel douche. Je comptais sur les mini-savons de l’hôtel, mais je n’en ai pas trouvé. (Je me suis donc lavée avec le distributeur de savon à mains, pas très pratique)
Ni de sèche-cheveux.

Il manquait également une petite tablette où poser notre nécessaire de toilette, du coup on posait tout au sol, pas très agréable.

La nuit fût donc courte, car trop chaude, car les fenêtres ouvertes laissaient entrer la moiteur du Sud. Heureusement, l’établissement a été très calme, malgré la présence de toute une école de foot. (Moment d’échange bien sympa d’ailleurs, au matin, avec les coachs de l’équipe. Hé hé, on ne se refait pas, impossible de ne pas parler de notre Championne)

Levés tôt, pour profiter des quelques heures qui nous restaient, nous descendons rapidement profiter du copieux buffet petit-déjeuner exposé sur tous les murs.

De nouveau accueillis par le courtois réceptionniste de la veille, nous nous sustentons brièvement. En effet, nous nous apercevons vite que le buffet se résume à quelques viennoiseries et autres céréales, sur un mini présentoir/self.

Bon, la qualité de nourriture était là, bon point. Mais j’aurais apprécié des produits frais, j’attendais surtout des fruits et des jus, surtout dans cette région productrice !

Nous quittons rapidement l’hôtel, sur cette note en demi-teinte.

En résumé, l’accueil humain a été à la hauteur mais les services proposés bien trop succincts. Me basant sur une précédente expérience dans une autre chaîne hôtelière de même catégorie, j’ai vraiment été déçue.

La restauration

Samedi soir, plutôt que de manger à l’hôtel, nous choisissons d’aller flâner dans Nîmes et de dénicher un petit resto sympa pour fêter notre séjour en amoureux.

nimes

Après avoir joué les touristes en photographiant à qui mieux mieux les arènes, la Maison Carrée ou les jolies places de la ville, nous nous mettons en quête d’un endroit où manger. Nîmes est une ville touristique et propose une multitude de restaurants. Pour touristes. A des prix prohibitifs.
Nous finissons par dénicher un petit resto enclavé entre deux brasseries, aux menus tentants et au prix acceptable.

Et là, nouvelle déception. Les portions sont ridicules, tout est fade, aucun goût. Je dirais même que je fais largement mieux, niveau cuisine. Du produit certainement surgelé (en tout cas le pain l’était), des aliments en conserve, baignant dans le gras.

Nous repartons dépités (et Monsieur Mon Mari toujours très affamé !) pour rentrer nous coucher, exténués par la route.


 

Heureusement, le lendemain, nous nous rendons à la Grande-Motte pour jouer aux touristes prendre un bon bol d’air, et l’accueil chaleureux et bon-enfant des commerçants nous rendra le sourire.

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Café en terrasse, dégustation de muscat ou de saucisson de toro, c’est avec le sourire que nous quitterons le port (et pour ma part, un peu titubante, soleil et muscat ne faisant pas très bon ménage hé hé !)

Nous nous dirigeons alors vers Saint-Gilles, où nous devons retrouver une amie très chère. Dans l’espoir de trouver une cafétéria bon marché sur la route, nous guettons les centres commerciaux, mais ne trouvons rien.

Arrivés sur place, nous nous résignons à devoir nous sustenter encore une fois de nourriture insipide dans un resto pour pigeons touristes.

Mais, heureuse surprise, le sort décide d’être clément, et le resto choisi, bien que ne payant pas de mine, nous satisfera au plus haut point. Nourriture simple mais très copieuse (mon homme est ravi !), accueil chaleureux et simple. De quoi terminer notre séjour sur une note positive.

(Bon, sur la route du retour, nous ferons halte dans une grande enseigne américaine de junk-food, mon mari n’ayant pas eu sa dose de gras.)

Je vous épargnerai les aléas du retour, guidés par un Gps défaillant, nous avons fait moult détours pour éviter la cohue de l’autoroute. Ah nous en avons vu des paysages et des petits villages typiques. Moi qui n’avais jamais vu de champs de lavande, je m’en suis repue !
Le retour fut long et laborieux, mais sous le soleil et dans la complicité, rien ne m’aura perturbée.

Bref, un week-end expéditif, fatigant, mais bien agréable ma foi !

C’est quand qu’on repart ? (et cette fois-ci, je serais plus précautionneuse dans mes choix de réservation)

Et vous, vous avez des anecdotes de voyages à raconter ?

Des aventures drôles ou moins drôles ? Faites-nous rêver !

 

(NDLR : j’ai intentionnellement inséré les liens des endroits que je critique/décrit. Si ça peut vous éviter une déception !)