« Vis ma vie de parent d’Ado » ou le monstre à deux têtes.

L’adolescent est possédé, sachez-le.ange-demon

Étudiant depuis quelques années cette catégorie d’individus, je peux affirmer sans hésitation que l’adolescent n’est pas seul dans sa tête.

J’ai recoupé mes analyses, créé des diagrammes et des tableurs, croisé mes données, rien à faire, je ne peux hélas que confirmer la thèse énoncée ci-dessus.

Et malheureusement, toutes les thérapies, psychanalyses et autres désenvoûtements n’y pourront rien changer, c’est apparemment une étape obligatoire de leur mutation. Car oui, l’adolescent mute. En permanence.

Lorsque vous avez constaté que Chérubin avait ouvert la boite de pandore entrait dans l’adolescence, vous pensiez appréhender cette période avec bienveillance et empathie. Après tout, vous êtes passés par là et les souvenirs de cette étape difficile sont encore bien vivaces.
Hélas, je me dois de vous mettre en garde. En basculant dans l’âge adulte, nous perdons (avec quelques neurones) l’autre MOI qui possédait notre esprit entre 13 et 20 ans.

Alors, pour vous aider à affronter ce monstre à deux têtes que va devenir votre enfant, j’ai pris le risque de recenser quelques situations périlleuses, où votre résistance nerveuse va être mise à mal, piétinée, bref des situations du quotidien.

Pour chaque cas analysé, je présenterai les versions « adolescent dit conscient » et « adolescent possédé ».

Pour commencer, découvrons la situation surnommée « J’ai un problème avec l’hygiène » :

Lorsque, comme chaque soir, vous pénétrez dans l’antre de votre ado pour vous enquérir de sa journée, vous êtes immédiatement pris à la gorge par un relent âcre, mélange d’humeurs corporelles, de sous-vêtements crasseux et d’aisselles suintantes.
Et comme chaque soir, vous conseillez, aimablement, à votre enfant de « filer sous la douche (ou au lavage-auto) et d’ouvrir sa fenêtre immédiatement, la maison va finir par sauter comme de la dynamite tellement l’air est chargé !!! ».
Votre enfant, bien conscient des risques qu’il fait courir à sa famille chérie, répond aussitôt…enfin, quand il aura daigné lever les yeux de son bouquin/ordi/téléphone/chéri (barrer la mention inutile) « ouais, j’vais le faire, deux secondes... » [silence assourdissant]

Par contre, si votre chouchou est en phase dite de « dédoublement diabolique », vous aurez certainement droit à la réponse suivante : « ******, mais t’as quoi là, à venir me soûler !! *****, c’est mon espace privé ici, faut toujours que tu viennes me faire ***** là !! Sérieux, j’ai pris une douche la semaine dernière, c’est bon là, tu veux quoi, vider toutes les réserves d’eau de la planète avec ta manie de la douche ?? T’as conscience de l’état de la planète hein ??? Ah, ça vous vous en fichez hein, vous nous l’avez bien pourrie, et maintenant vous nous gavez avec vos théories comme quoi faut se laver tous les jours, faut prendre des douches et pas des bains, bla bla bla !!! ***** quoi !!! j’fais c’que j’veux, c’est mon corps, t’arrêtes pas de me le rabâcher que personne décide à ma place !! Bah je décide voilà !! J’prendrais une douche quand j’aurais envie, point !!  D’te façon, j’ai encore du déo, alors, un pschitt et c’est bon je t’gènerai plus avec mon odeur !! Pfff….. » [claquage de portes et jeté d’objets divers]

NDLR : afin de ne pas heurter les sensibilités, les mots grossiers ont été édités. Libre à vous de remplacer les étoiles !

Charmant, n’est-ce-pas ??

Au prochain épisode, nous aborderons la situation « J’ai le sens de l’esthétisme ».

Vous ai-je souhaité bon courage ?

A bientôt !

source image : tablerase.fr
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C’est trop injuste !

On dit de moi que je suis une mère cool, voire trop cool, parfois même on me traite de laxiste (ouh !! la vilaine mère qui n’a aucune autorité).

A contrario, je suis considérée par beaucoup comme une mère poule, qui couve mes petits d’un amour fusionnel et intense, ne les lâche pas d’un pas et tombe dans la déprime la plus profonde quand mes enfants s’éloignent de trop. (Ce qui n’est pas faux hé hé, j’avoue).

"Fais la poule, fais la poule ! Tu verras, tu s'ras plus cool ! "

« Fais la poule, fais la poule ! Tu verras, tu s’ras plus cool ! « 

Mais la réalité, ma vraie vie que peu de personnes ont le privilège de connaître, je suis beaucoup plus complexe que ça. Comme beaucoup, voir tous les parents du monde. Avant d’être parent, nous nous imaginions tous dans notre rôle, bienveillants et droits, offrant sécurité et amour à des enfants digne d’une image d’Épinal, proprets et obéissants.

Mais la réalité est tout autre n’est-ce-pas ? Comme le dit l’adage : « Avant j’avais des principes. Maintenant j’ai des enfants. »

Alors ma réalité aussi est bien différente de mes rêveries de nullipare. Mes anges blonds ne sont pas tout à faits de charmants angelots et la version « mère parfaite » que je m’étais forgée a disparu en fumée dès le terrible two de Prems.

Et non, je ne suis pas une mère trop cool, ni une maman poule collée-serrée à ma progéniture. Et c’est malheureusement mes enfants eux-mêmes qui en font les frais…

« C’est trop injuste ! » est une expression qui revient souvent à mes oreilles.

  • Quand je refuse que Deuz et sa copine aillent rejoindre une amie au village voisin, à pied.
  • Quand je refuse une énième partie de cartes à Perle, alors que l’heure du coucher est passée depuis longtemps.
  • Quand j’explique à ma Championne qu’elle est trop jeune pour se balader dans le village avec ses copains.
  • Quand j’appelle Fiston pour aller à la douche.
  • Quand je demande un coup de main pour les corvées quotidiennes.
  • Quand je ne veux pas qu’ils dorment dehors sous la tente, en Avril.
  • Quand je pique une gueulante devant l’état des chambres et que je leur demande de ranger.
  • etc, etc ……

Vous me direz, c’est chez tout le monde pareil.

Mais voilà, en ce moment, je ne sais plus trop où se situe la frontière entre ma « coolitude » naturelle et une autorité nécessaire à la protection de mes enfants. Je ne sais pas trop faire ça, moi, l’autorité. Ma patience a des limites « illimitées », leur indépendance et leur volonté de vivre leurs expériences ne me dérange pas, au contraire.
Mais il y a des fois où je m’aperçois que trop d’indépendance nuit à leur bien-être et au mien.

Ces jours-ci, c’est Championne qui me fait douter. Active, téméraire, elle aimerait être sans cesse par monts et par vaux avec ses potes, à filer sur son vélo à travers la campagne, à taper dans le ballon sur la place du village, à traîner ses shorts en bande loin de la maison.

Mais elle n’a « que » 9 ans (là, elle me dirait : « ouais, mais j’aurai 10 ans dans un mois !! »). Elle est toute petite. Innocente et ignorante des dangers.

Ignorante, quand j’apprends ce matin qu’elle s’amuse à faire du stop dans les rues du village. Heureusement, c’est un ami qui s’est arrêté et l’a sermonnée.

Inconséquente, quand elle ne rentre pas à l’heure dite et qu’il faut que j’aille la chercher.

Innocente, quand elle ne mesure pas le danger.

Outrée, quand je lui impose ma Loi.

Furieuse, quand elle se voit refuser ce que j’accorde à ses aînées.

Insolente, quand elle réplique méchamment à mes ordres.

J’sais pas pourquoi, mais j’la sens mal, son adolescence, à ma footballeuse en herbe :p

Et vous ? Vous gérez comment les demandes d’indépendance de vos enfants ?