Comme un goût de déjà-vu

find'année

Alors ils vont rentrer chargés de pochettes gavées de dessins.
Alors ils vont envahir la maison de cahiers achevés et dépecés, de monceaux de feuillets gribouillés.
Alors ils vont soir après soir préparer des petits mots, des collages et des preuves d’amitié.
Alors ils vont renâcler à se coucher et cacher leurs cernes sous une excitation difficile à gérer.
Alors ils vont rassembler jeux et gâteaux à partager
Alors ils vont pleurer.
Alors je vais avoir la gorge nouée.

Comme chaque été. Comme chaque fin d’année.

Comme un goût de déjà-vu.

Depuis bientôt 13 ans, juin a ses rituels bien particuliers. Clore l’année en beauté, entre kermesse et légèreté. Et déjà préparer la rentrée prochaine, avec son cortège de réunions et de dossiers à compléter.

Comme un goût de déjà-vu.

Et comme une anxiété nouvelle.
Cette fin d’année marque un changement pour notre tribu.

Dernière fin d’année oisive pour Prems.
Dernière fin d’année au Collège pour Deuz.
Dernière fin d’année au primaire pour Perle.
Dernières nuits de garde pour moi.

La rentrée s’annonce inconnue, excitante et angoissante.
Entre l’entrée en internat pour mes deux aînées, le Collège pour Perle, des journées à rallonge pour les deux derniers et un nouveau travail pour moi.
Ça passe ou ça casse. J’ai peur que ça casse.
Car laisser derrière nous cette routine tellement ancrée me semble bien difficile à réaliser.
Vais-je réussir à gérer le quotidien ? Mes filles vont-elles s’habituer à leur vie d’interne, vont-elles s’en donner les moyens ?

En ce dernier jour de juin, je suis fatiguée, très fatiguée. Mais heureuse, très heureuse. Je croque la vie à pleines dents, je multiplie les activités, je suis de tous les fronts et j’adore ça. La tribu en pâtit, un peu. Car tellement habitués à ce que je gère tout, tout le temps, ils pataugent et cafouillent. La maison laissée en plan, cherche qui saura la bichonner un peu.
Mais tant pis, j’ai décidé de vivre pour moi, aussi.
Que ça passe ou ça casse.

Et ça, c’est comme un goût de déjà-vu.

Publicités

Une valse à trois temps

(Article initialement publié en mars 2012)

Je postais il y a peu sur notre désir de changer notre façon de vivre, notre envie d’évoluer, d’avancer, de recommencer.

Ce changement va demander quelques mois – soyons optimistes – mais déjà s’esquissent quelques modifications ici.

Premier Temps : l’avenir proche de notre Perle

C’est décidé, elle n’ira pas en Institut. Cette décision était par trop violente à notre goût, notre coeur nous poussait à refuser quand notre raison ne savait que suivre les recommandations des uns et des autres.

Bref, nous enterrons ce dossier et allons continuer notre petit bonhomme de chemin en l’instruisant à la maison. Tout du moins jusqu’à la fin de l’année scolaire. J’aimerais continuer à l’instruire ensuite, mais rien n’est moins certain. Peut-être dénicher LA structure bienveillante et adaptée à sa personnalité ? Notre réflexion se poursuit.

Ensuite, le médecin scolaire a appelé, ce matin, pour nous informer qu’une place était disponible dans l’Unité pédopsy du CHU de G.

Perle va donc bientôt commencer son suivi psy là-bas, je ne sais pas encore comment : si ce seront des séances ou une hospitalisation. J’évite d’y penser, j’ai la frousse.

Le deuxième Temps de notre réflexion sera l’avenir professionnel de mon conjoint. Rien n’est dit, rien n’est fait, mais j’ai l’espoir d’un nouveau départ bientôt. Avec, je l’espère, un déplacement géographique de notre Hutte…loin, assez loin…

Ce ne sont que des espoirs, des attentes, un doux rêve. Mais je m’y accroche comme à un filin de sauvetage tellement j’ai besoin de croire en une vie autre, ailleurs…

A suivre….

lever_soleil_campagne_423723