Il est des signes qui ne trompent pas.

Ce soir, je regardais mon fils. Mon ToutPetit. Il jouait avec ses sœurs, à faire le zouave comme il le fait si bien.

Et, au lieu de m’en amuser, de ricaner comme à l’accoutumée devant ses facéties, j’ai senti un grand vide.

Car il est des signes qui ne trompent pas.

Il a grandi. Il a pris son envol.

Je devrais m’en réjouir, tellement ses premières années de vie ont été chaotiques et difficiles à vivre pour moi.

Attachés l’un à l’autre. Collés serrés, fusionnés. Des heures d’insomnie à tenter de l’apaiser. Des milliers de tétées pour enfin le combler. Des pleurs. Mes pleurs, face à ce petit être dévoreur d’énergie. Ses pleurs.

Et, sans que je ne m’en aperçoive, mon ToutPetit, mon bout de moi s’est détaché.

Quand il évolue vite, très vite. Quand il rattrape ces 5 premières années où il ne vivait qu’à travers moi.

Quand il réclame sa part de lionceau dans ma Tribu, quand il s’impose, dispose.

Quand il se débrouille seul. Qu’il le revendique même, ce savoir-faire seul.

Il est des signes qui ne trompent pas.

Quand il s’endort seul, depuis longtemps déjà. Quand il câline sa soeur plutôt que que moi. Quand je m’aperçois que la journée a coulé sans qu’une seule fois je l’ai pris dans mes bras.

Il est des signes qui ne trompent pas. Mais qui font mal, là, tout bas.

Attachés l’un à l’autre. Collés serrés, fusionnés.

Comme il est amer, ce goût d’indépendance, mon Fils.

Comme il est douloureux, ce deuil.

Il est des signes qui ne trompent pas.

Mon Fils, mon grand bonhomme, au sourire renversant et au sourire charmant. Je vais te regarder grandir, encore et toujours. T’aimer plus fort que tout.

Mon ToutPetit, mon Dernier, j’ai gravé au fond de moi chacun de tes mouvements esquissés dans mon ventre, chaque douleur préparant ta venue au monde. Je garde en mémoire chaque pli de ton cou. Ma main peut tracer dans l’air les courbes de ton corps, de ton dos tout doux tout chaud, que j’ai tant caressé, dans l’espoir de te calmer. Je me souviens de chaque tétée partagée, de mon lait, de mon âme qui coule de mon cœur au tien. Je sens encore ton corps contre le mien, ta petite main serrée dans mon cou.

Presque 3 ans de lien lacté ♥

Presque 3 ans de lien lacté ♥

Il est des signes qui ne trompent pas.

Mon Fils, ma Terreur, tu es grand. Et tu vas devenir plus grand encore. Fort comme un homme. Beau comme un Dieu.

Mon Fils, ma fierté ♥

Mon Fils, ma fierté ♥

Mais tout au fond de moi reste figée l’image de mon nouveau-né. Mon dernier. Pour l’éternité.

Publicités

Vis ma vie….ou les tribulations d’un parent d’ado.

Bien, bien…Vous avez digéré la situation. Votre charmant enfant, qui hier encore gazouillait sereinement sous son mobile, est un adolescent. Ok. C’est dans l’ordre des choses, mutation un peu surprenante, mais vous vous y faites.

Après tout, cette asperge déguingandée est toujours votre enfant, n’est-ce-pas ? La chair de votre chair. Donc pas de raison que quoique ce soit change, à part quelques poils et une voix de castra.
Naïfs que vous êtes, hé hé !

Je me dois, en tant qu’experte es crise d’adolescence, de vous oter vos dernières illusions. De vous donner à voir la réalité toute crue.

Je vous propose donc de comparer les levers d’un bambin, disons de 9 ans, et d’un adolescent en pleine crise (et je ne veux pas vous faire peur – bon ok, si, un peu!- mais la crise d’ado peut débuter très tôt, genre 10/11 ans et durer très très tard, jusqu’à parfois 39 ans, pour certains (on recense même certains spécimen, présentant tous les signes d’une adolescence attardée, à plus de 50 ans. Paraîtrait qu’on nomme cette pathologie la crise de la cinquantaine…))

Z’êtes prêt ? Lexomil et boite de kleenex à portée ?
Let’s go !

Le réveil de l’enfant
7h00 – l’enfant, tout frais et déjà plein d’énergie, s’est levé seul il y a déjà une demi-heure (d’ailleurs c’est lui qui est venu vous arracher des bras de Morphée) et s’est joyeusement installé devant son bol de céréales détrempées, tout en vous racontant pour la énième fois à quel point son copain Louis a trop de la chance « paske ses parents lui ont offert la dernière console à la mode et pi’ tu sais, Maman/Papa, hier t’avais encore oublié de me préparer mes affaires de piscine, nan mais j’avais trop la honte, j’ai du prendre un maillot au distributeur à la piscine, tu sais, le « tout pourri » qui moule trop ».

De votre côté, adossé au comptoir (enfin agrippé serait le terme exact) vous tentez d’ouvrir les yeux, en avalant votre 2ème café, en l’écoutant d’une oreille, essayant de capter des bribes d’infos à la radio de l’autre, et signant, sans les tâcher s’il vous plaît, les 4 mots de la maîtresse que vous ne prenez même plus la peine de lire (du moment qu’elle ne demande pas un chèque, vous signez).

Le réveil de l’adolescent
7h00 – depuis près d’une demi-heure, vous tentez d’accéder au lieu de repos d’échouage de votre ado. Mais entre un sac déversant traîtreusement ses manuels, une paire de Van’s crottées, et quelques monticules non identifiables, vous trébuchez constamment, dans la pénombre, en tentant désespérément d’inhaler quelques particules d’oxygène dans cette atmosphère lourde et âcre.
Vous atteignez enfin l’amas de couettes et d’habits roulés en boule où comate profondément l’adolescent.
D’une voix douce et tendre…bon d’accord, en gueulant comme un veau, déjà passablement énervé par votre parcours du combattant…vous lui rappelez que son bus ne va pas l’attendre, et qu’il lui reste moins de vingt minutes pour se préparer.
Aucune réaction.
Vous tentez une approche physique. En clair, vous le secouez énergiquement.
L’ado émet un grognement indistinct, esquisse un mouvement et … rien.

Donc, et parce qu’il vous reste à vous aussi, seulement un quart d’heure pour vous maquiller/raser, boire un café, étendre le linge et partir au bureau, vous passez à l’attaque : vous attrapez fermement la couette, tirez un bon coup, et découvrez l’ado (qui ne risque pas de frissonner, vu la couche d’habits qu’il porte encore sur lui…c’est so 2010 le pyjama, maintenant l’ado dort en jean’s).
Et là, l’ado se réveille. Que dis-je, l’ado entre en éruption plutôt ! Car un ado réveillé avant midi est un ado grognon, très grognon.
D’une voix stridente, (ouais la mue commence son œuvre), il débite un chapelet de grossièretés en rapport avec l’hérésie d’une vie de forçat, dirigé par des dictateurs (oui, ça c’est vous ^^), et daigne enfin mettre le pied (qu’il a fort odorant, et Mon Dieu ! Aurait-il encore pris une pointure??) au sol.
Il est maintenant 7h30 et il n’a plus qu’à sauter dans ses baskets et courir après le bus. Ce qu’il fait, après avoir vissé ses écouteurs aux oreilles et attrapé au vol une tartine dans la cuisine.

Vous êtes sur les rotules et votre journée n’a même pas encore commencé …

Vous ai-je déjà souhaité bon courage ?

Hé, hé !! A bientôt..

Chapitre 1 : Révélation

affiche 1Après de longues années d’élevage, vous pensez être parvenu à créer un être (presque) civilisé à partir d’un nourrisson braillard et affamé, juste bon à pourrir vos nuits et détruire la couche d’ozone par des remplissages de couches à la chaîne.
Vous êtes fatigués, à bout de nerfs, usés par le terrible two, vous connaissez par cœur les noms des poupées monstrueuses, le générique de Inazuma Eleven n’a plus de secret pour vous, et vous raser les (demi)-jambes pour accompagner les sorties piscine de l’école ne vous vient même plus à l’esprit.

Mais voilà qu’un jour, plutôt un matin, vous vous réveillez subitement, tendez l’oreille et…rien. Pas de télé à fond dans le salon, pas de gamin qui court dans les couloirs en pétaradant comme le moteur de Flash McQueen, pas de karaoké suraigu dans la salle de bain.

Rien.

Ah si ! Tendez bien l’oreille ! Ecoutez ! Entendez-vous ce ronronnement assourdi ? Non, ce n’est pas le chat (lui, ça fait bien longtemps qu’il a fuit cette maison de fous!) . Non ce n’est pas la machine à laver (d’ailleurs, tiens, ça vous fait penser que vous avez oublié de la programmer hier soir…)
Non, rien de tout ça. Ce ronronnement, ce vrombissement qui se termine en raclements, c’est un ronflement.

OUI !! ALLELUIA !! Il est 7h et votre enfant dort encore !

Levez-vous, allez le regarder dormir. Oh qu’il est mignon quand il dort ! Ses petites joues veloutées, son petit nez qui palpite…HE ! OH ! ON SE CALME ! Regardez-le mieux, son nez, au lieu de vous extasier comme une primi là ! Vous voyez, là, sur son nez ? Et sous le menton, là, ce qui suinte ?! Oui ça ! Et bien, ce sont des pustules, des spots, de l’acné quoi . Et cette ombre là, au dessus de sa mignonne lèvre supérieure ? Ce sont des poils ! Une esquisse de future moustache ! Et si vous avez une enfant veloutée et douce (quand elle dort, on est bien d’accord), vous voyez là, sous sa jolie chemise de nuit à tête de chat? Les petits renflements ? Hé ouais, c’est bien une future paire de boobs qui se profile…

Non, cela ne sert à rien de cligner si fort des yeux. Tous ces signes ne trompent pas. Il « en » est. Il a rejoint l’autre côté. Votre cher petit, votre bébé, votre morveux est un nadaulaissant.
Quoi ? Vous n’avez pas compris ? Otez donc les mains de vos oreilles, vous entendrez mieux. Je peux le crier aussi hein : A-DO-LES-CENT !!! ADOLESCENT !!

Hé ouais, pauvre parent….Hé ouais….

Je vous souhaite donc la bienvenue dans cet étrange monde qu’est l’adolescence, avec ses moments de franche rigolade (ah les ados et leur répartie!), ses instants de panique (ah les ados et leur répartie!), ses envies de suicide collectif (ah les ados et leur énergie incroyable!)

A bientôt et….bon courage hé hé !