Désillusion, je crie ton nom !

Il était une fois une petite fille, ma foi assez sage et polie, qui vivait dans un monde enchanté. Dans ce monde, elle riait. Dans ce monde, elle dansait sur des arcs-en-ciel pailletés, entourée de licornes roses et de Bisounours enjoués.

Dans ce monde enchanté, la mignonne petite fille était heureuse. TRÈS heureuse. Elle avait le coeur chantant et l’oeil brillant. Tout le temps.

Oh ma vieille ! Réveille-toi !! T’y crois encore toi, au pays magique des Bisounours ? Tu crois quoi, que la vie c’est ça ? Des paillettes, du bonheur dégoulinant et de la mièvrerie à souhait ?

Faut descendre de ton arc-en-ciel, là ! C’est fini les contes de Fées, c’était bon pour quand t’avais 13 ans, que tu reniflais, toute émoustillée, devant « Premiers Baisers » (même pas honte).

La vie, c’est pas ça, ma p’tite dame. La vie, c’est du gris, du froid. La vie c’est des coups tordus, qui te shootent par surprise, t’éclatent par terre et te laissent brisée.

La vie, cette garce, c’est te faire croire à l’extase, te la faire toucher du bout des doigts, avant de te mettre un revers bien tassé.

Ouvre les yeux, bobonne ! Tu t’es crue adulte ? T’es qu’une gamine noyée de larmes. Tu t’es crue forte ? T’es qu’une limace qu’on a écrasé d’un coup de talon bien placé.

La vie, quand t’es grande, c’est être entourée de sorcières, de marâtres et de dragons. C’est apprendre à te battre, à combattre, à lutter et … à perdre.

La vie, quand t’es grande, c’est juste qu’une désillusion continuelle…