Une histoire de rythmes.

Chacun sa partition, chacun son rythme....

Chacun sa partition, chacun son rythme….

J’ai beau me répéter qu’il ne faut pas, que cela ne sert à rien, à part à m’inquiéter inutilement, je ne peux m’en empêcher.

 

Vendredi, lorsque les enfants sont rentrés de leur dernier jour d’école, les bras chargés de cahiers, de classeurs et de centaines de dessins à admirer, je n’ai pas pu m’en empêcher.

La première chose que j’ai fait est d’éplucher le carnet de progression de Fiston.

Et de frémir devant chaque rond orange. Ne pas voir les multiples points verts, passer outre la belle appréciation de l’institutrice. Ne buter que sur ces points « négatifs ».

Et comparer.

L’évolution de ses sœurs au même âge.

Le vocabulaire et l’excellente diction de sa petite cousine de 3 ans à peine.

Ses camarades de classe, plus avancés en graphisme.

Et entendre Deuz se plaindre de ne pas le comprendre lorsqu’il parle.
Et me désespérer, chaque soir, de lui enfiler une couche.

Comparer. Je le fais machinalement. Alors que je sais bien que chaque enfant évolue à son rythme. Que ce vocabulaire balbutiant, cette mauvaise prononciation et ces hésitations en graphisme ne présagent en rien de son avenir.

Comparer l’incomparable.

Avec une aînée précoce, vive et appliquée, qui à 3 ans à peine, remplissait des pages de récits inventés.

Avec une Deuz plus tranquille, mais tellement impliquée, soigneuse et avide d’apprendre.

Même avec Perle, avant le début de ses soucis de phobie, qui évoluait tranquillement, mais tellement pipelette.

Ou avec ma Championne, ma bulldozer, si pressée d’apprendre, qu’elle a pleuré toutes les larmes de son corps, en sortant de sa première journée au CP, tellement déçue de ne pas savoir lire au bout de 6h en primaire.

Le comparer, alors qu’il est unique. M’inquiéter, alors qu’il est si vif et enjoué.
Hésiter. A aller voir l’institutrice, qui pourtant ne s’inquiète pas, elle.

Alors, oui, il progresse doucement. Trop doucement pour moi.
Il n’articule rien, n’aime pas « lire », pas trop écrire les quelques lettres qu’il connaît.

Alors non, il ne veut pas lâcher ses couches. Il ne les quittera jamais, d’ailleurs, il me le soutient.
Alors non, il ne veut pas toujours dormir seul, et se glisse dans mes draps régulièrement, pour un câlin tout doux.

Alors non, il ne sait pas trop, ne veut pas trop, se débrouiller par lui-même, tellement habitué, conditionné, à ce qu’une de ses petites mamans se précipite pour faire à sa place.

Comparer. L’observer. L’espionner. Le secouer, parfois, quand ses attitudes me heurtent.

Mais savoir. Qu’il va bien. Que tout « roule » pour lui. Oh oui ça roule, entre camions de pompiers et voitures de police.
Qu’il progresse quand même. Sans le montrer. Parce qu’il est brouillon et agité. Qu’il n’aime rien de moins que construire une cité géante dans mon salon, avec ses Kapla et ses playmo, et tout laisser en plan cinq minutes plus tard.
Parce qu’il est tonique et inépuisable. Qu’il préfère sauter une heure dans le trampoline ou taper dans le ballon avec Championne qu’écouter une histoire ou s’habiller seul.

Comparer. Les comparer. Mes incomparables.

J’ai pas fini de m’inquiéter, moi….

Dans ta face !

J’ai envie de faire la danse de St-Guy, de St-Jean au-dessus d’un grand feu de joie.

J’ai le bonheur aux bord des yeux, au creux du cœur.

J’ai la vengeance éclatante, la fierté écrasante, le soulagement intense.

 

Dans ta face, celle qui la traitait de grosse dinde hystérique !

Dans ta face, celle qui voulait la placer en ITEP !

Dans ta face, celui qui n’a pas osé lui donner sa chance !

Dans votre face, tous ceux qui ont détourné le regard !

Dans votre face, tous ceux qui ont critiqué, commenté et comméré !

Nous avons subi les humiliations, nous avons courbé l’échine.

Elle a affronté vos regards et vos grands principes. Elle a tenu bon face aux tempêtes, elle s’est accrochée de toutes ses forces à notre amour.

A tous ceux qui ont douté. A tous ceux qu n’ont pas voulu voir la Perle sous la carapace.

 

Et aussi pour tous ceux qui ont cru en elle. Pour tous ceux qui lui ont tendu la main. Pour les rares qui l’ont écoutée, soutenue et aimée.

Contre les mauvais et pour les bienveillants.

Ce ne sont que quelques notes, que quelques mots. Quelque chose de banal pour des milliers d’enfants.

Mais pour mon tendre, mon doux, mon incroyable Amour, c’est une victoire éclatante sur ses démons, un triomphe sans tâches sur ses phobies.

Un chapitre cauchemardesque qui se finit enfin.

En écrivant ce billet, j’ai une pensée toute particulière pour ceux qui ont grandement agi sur cette métamorphose : les soignants du service pédopsy de G., Sébastien, le premier à lui avoir tendu la main et Aude, qui lui a donné toute sa confiance et a permis la renaissance de ma fille.

 

Le triomphe de celle-qui-ne-savait-plus-écrire !

Le triomphe de celle-qui-ne-savait-plus-écrire !

Quand l’avenir se dessine.

Comme vous le savez, mes deux aînées traversent quelques turbulences dans leur adolescence :

Prems, ma belle blonde de 15 ans a très mal vécu son entrée en Seconde, entre crises d’angoisse et agoraphobie et nous avons dû opter pour une scolarisation à la maison depuis Janvier. Cahin caha, elle tente sans grande motivation d’avancer dans son programme scolaire. Seule, isolée des jeunes de son âge, démotivée et facilement perturbée par la vie de la maisonnée, elle peine et renâcle à étudier.

Deuz, ma Différence, rencontre depuis le début de son entrée en 4ème des difficultés relationnelles, souffre d’un mal-être et d’une légère dépression qui l’ont conduit à manquer énormément les cours, à pleurer des heures entières, et même il y a quelques temps, à penser à la pire des délivrances.

Nous, pauvres parents démunis, sommes bien malmenés entre les administrations scolaires qui nous rejettent la responsabilité de l’état moral de nos enfants, entre les différents services de soin qui ne parviennent pas à rassurer nos filles, entre notre rôle de guide, d’accompagnant de nos enfants vers leur vie adulte, et notre faille d’humains, tellement désespérés et impuissants devant leurs souffrances.

Aussi, plutôt que d’écouter les gens bien-pensants, les proches « bien intentionnés » et la majorité populaire qui nous conseilleraient, si on les les laissait le faire, de mettre un bon coup de pied au culs de nos gamines, voire une baffe ou deux, d’asseoir notre autorité et de les contraindre à se comporter en mouton docile et muet, nous avons bien fort fermé nos oreilles. Nous avons détourné le regard. Ou plutôt, nous avons écouté et regardé nos filles.

Deuz exprime depuis quelques années le besoin de s’éloigner de la maison, perdue dans cette fratrie brouillonne, effacée entre une aînée paisible et sûre d’elle et des cadets bruyants et quémandeurs d’attention.

Et Prems, sans aucune affinité avec le monde scolaire, attendait avec hâte d’atteindre un âge « avancé » lui permettant d’entrer dans la vie professionnelle.

Nous avons, à force de recherches et de prospection, trouvé comment contenter nos deux aînées.

Aussi, ce matin, sous la fraîche pluie printanière, nous sommes parties, mes filles et moi, à la découverte d’une structure réunissant, sur le papier, les attentes et désirs de mes filles. Et nous n’avons pas été déçues. Accueillies chaleureusement, nous avons été guidées tout le long de notre visite par des intervenants bienveillants, souriants, attentifs à mes enfants.

Très vite, Prems, pourtant si réservée, a affiché un grand sourire et un enthousiasme naissant. Deuz, plus effacée, a néanmoins trouvé des réponses à ses attentes.

Aussi, c’est le cœur léger (et le portefeuille encore plus, ahem..), que nous avons pré-inscrit nos 2 belles dans cette MFR iséroise, où Prems pourra acquérir un diplôme lui ouvrant les portes des métiers de la Puériculture, comme elle le souhaite depuis longtemps, et où Deuz pourra sereinement poursuivre sa scolarité tout en bénéficiant de tous les moyens possibles pour choisir son orientation professionnelle.

Mille questions se bousculent encore dans mon esprit : comment allons-nous gérer nos deux pensionnaires, aux plannings différents, aux déplacements plus fréquents (entre stages et formation), est-ce que financièrement, l’équilibre de notre famille ne va pas s’en ressentir (et vais-je trouver rapidement l’emploi supplémentaire qui nous permettra d’assumer le coût de leur scolarité), comment mes cadets vont-ils vivre l’absence de leurs grandes sœurs, Fiston surtout, lui qui est si attaché à Prems ? Et ma Championne, qui partage la chambre de ma Première, saura-t’elle faire sans elle ?

Tant de questions qui n’auront leur réponse qu’à la rentrée prochaine. Mais mon cœur de Maman se repaît du sourire des filles, se soulage de ses incertitudes.

Aujourd’hui, mes filles ont un avenir. Un avenir qui se dessine plus serein, plus fort, plus construit. Un avenir qu’elles ont choisi.

lumière

Ecologie de l’éducation, à l’écoute d’André Stern.

Hier soir, j’ai eu l’immense plaisir d’assister à une Conférence d’André STERN.

Des semaines que j’attendais cette soirée.

andré stern

Cette conférence était organisée par une toute jeune et sympathique Association, Graines d’Enthousiasme.

graines enthousiasme logoGraines d’Enthousiasme est une Association du pays Voironnais (Isère) gérée par un Collégiale de parents « qui vise à permettre aux parents de se soutenir mutuellement à travers des rencontres et des activités régulières autour du maternage proximal (écoute du besoin du nouveau-né, du bambin, de l’enfant…), de la parentalité positive (communication bienveillante, écoute active) et de l’accompagnement de l’enthousiasme de l’enfant dans le respect de ses dispositions spontanées ».

Site internet

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J’ai fait la connaissance (toute virtuelle) d’André Stern, il y a quelques mois, en visionnant cet interview :

Je suis tombée amoureuse, totally in love de l’énergie, du rayonnement et de l’enthousiasme de cet homme. A la fin de la vidéo, j’avais les larmes aux yeux, le cœur serré et palpitant, partagée entre l’amertume et une joie indescriptible. Amertume de penser à mes enfants et leur enthousiasme brimé. A mon enfance, mon adolescence, ma vie entière où j’ai réfréné, dompté et mis sous bâillon mes élans d’enthousiasme. Et la joie, profonde, convaincue, de savoir que j’ai, que nous avons tous, la possibilité infinie de nous enthousiasmer, de découvrir, d’appréhender, d’aimer le monde qui nous entoure et de nous accomplir personnellement sans cesser une seule seconde de prendre du plaisir.

Tout d’abord, laissez-moi vous parler d’André Stern.

andré stern photo« Né en 1971, il grandit dans le respect de la disposition spontanée de l’humain, caractéristique du travail de son père, le chercheur et pédagogue Arno Stern.

Marié, père d’un petit garçon, André Stern est musicien, compositeur, luthier, auteur, conférencier et journaliste. Il a été nommé Directeur de l’Initiative « Des hommes pour demain » par le Prof. Dr. Gerald Hüther, chercheur en neurobiologie avancée. Il est initiateur du mouvement « écologie de l’éducation » et Directeur de l’Institut Arno Stern (Laboratoire d’observation et de préservation des dispositions spontanées de l’enfant).Il co-dirige également le Théâtre de la Tortue avec Giancarlo Ciarapica depuis 2004.

Il est l’un des protagonistes dans « Alphabet », le nouveau film du cinéaste autrichien Erwin Wagenhofer (« We feed the world » et « Let’s make money »).
Son travail dans les médias, ses activités de conférencier dans les universités, auprès des professionnels de l’éducation et du grand public répondent à un intérêt croissant de la part de tous ceux qui, de près ou de loin, vivent et travaillent avec les enfants.

En bref, André Stern n’a jamais été à l’école. N’a jamais suivi d’enseignements « obligatoires », structurés, cadrés et mis en place par d’autres, sans que cela soit de sa propre initiative, de son envie propre et personnelle.

André Stern se définit simplement comme étant « un enfant tout à fait banal de 42 ans, qui n’a jamais cessé de jouer. »

En effet, d’après A. Stern, le tout petit enfant, dès sa conception (ou tout du moins dès qu’il possède une conscience) a des dispositions spontanées, qui, si on ne les réfrène ni ne les conditionne, lui permettent d’acquérir des apprentissages, d’évoluer, de se développer sans jamais cesser de jouer.

(Il est important de préciser que Mr Stern n’est absolument pas contre le système scolaire, contre l’école, ou pour la dé-scolarisation. Il relate simplement son expérience d’enfant, ses ressentis, son vécu.)

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Les dispositions spontanées primaires de l’Enfant

LE JEU

Observons un petit enfant. Que fait-il lorsqu’il est en paix ? Il joue. L’enfant joue sans discontinuer si on lui en laisse la possibilité (quelques soient les circonstances et l’environnement (humain et social : guerre, misère, luxe…)

L’ENTHOUSIASME

L’Enfant peut s’émerveiller et s’enthousiasmer à l’infini pour chaque chose qu’il a à sa portée.

Des études cliniques ont permis de calculer qu’un petit enfant a des élans d’enthousiasmes (que l’on remarque par scanner au niveau de l’activité cérébrale) environ toutes les 2 à 3 minutes.
Un adulte, lui, ressent cet élan d’enthousiasme environ 2 à 3 fois par an !!

Selon d’autres études cliniques réalisées par des neurobiologistes, le JEU et l’ENTHOUSIASME sont des dispositifs natifs (que l’on possède à la naissance) parfaits pour apprendre.

Et même, le développement cérébral est favorisé par l’enthousiasme : ce dernier est donc un engrais cérébral inné, infini.

Nous pouvons donc dire que cet enthousiasme est la seule ressource terrestre inépuisable, gratuite, et même renouvelable à volonté, car plus nous nous enthousiasmons, plus nous avons envie de revivre cette sensation de plaisir !

LA CURIOSITÉ

C’est là une prédisposition primordiale pour la croissance d’un enfant. En effet, la curiosité va le pousser à s’intéresser à un domaine, à l’appréhender, à ressentir de l’enthousiasme face à la masse de connaissances et aux compétences qu’il va développer.

Aussi, être curieux, jouer et ressentir de l’enthousiasme est le moyen le plus simple et le plus sûr d’acquérir connaissances et apprentissages.

D’ailleurs, nous tous pouvons en témoigner. Qui ne s’est pas passionné pour un sujet donné ? Une langue vivante, un sport ou toute autre activité ? Vous rappelez-vous une souffrance, une obligation à apprendre, à maîtriser cette activité ? Non, bien sûr, vous auriez même pu passer des heures entières à parfaire vos connaissances/compétences.

Comme mon Fiston, qui des jours durant, a lu, questionné, dessiné des camions de pompiers

jusqu’à connaître leur fonctionnement et leur descriptif par cœur.

Alors que, si vous réfléchissez à la façon dont vous avez appris quelque chose qui ne présentait aucun intérêt pour vous, n’éveillait aucune once de curiosité ni n’allumait aucune flamme d’enthousiasme,vous avez certainement ressenti un malaise, une obligation, un sentiment de contrainte et d’échec face à l’apprentissage difficile de ce domaine.

Comme ma Perle qui a subi brimades et humiliations dans son apprentissage de l’écriture.

Qui en a tellement souffert qu’elle n’a plus su écrire pendant plus d’un an.

Mais voilà, dans notre société au cadre rigide, où chacun doit se cantonner à une case bien précise, les adultes estiment de leur devoir d’imposer ces apprentissages aux enfants. Dans un ordre donné, selon des études, des réflexions de soi-disant experts de l’enfance (marcher à tel âge, dormir une nuit complète, connaître une quantité de mots définie à un âge défini, savoir compter, conjuguer, obéir etc etc….)

Mais forcer notre petit enthousiaste à rester sagement dans une seule case ne mène qu’à une chose : brimer et freiner son enthousiasme inné et effacer ses dispositions spontanées pour des apprentissages qui lui sont propres afin de lui imposer nos dispositions et nos attentes.

Un enfant, par son attachement intense à son référent primaire, choisira d’instinct de combler nos dispositions plutôt que les siennes.

Mais, me direz-vous, si l’environnement de l’enfant n’est pas disposé à favoriser l’éveil et la curiosité de l’enfant (milieu social, environnement culturel, circonstances familiales), il faut bien que quelqu’un ou quelque chose se charge de l’intéresser, de lui ouvrir les voies de l’apprentissage ? (crèche, écoles, facultés etc…)

Que nenni, que nenni.

Il n’y a pas de dispositions (milieu social, environnement, circonstances (disponibilité de l’adulte, etc…) favorables à l’évolution de l’enthousiasme, c’est l’inverse.
L’Enfant est instinctivement curieux et enthousiaste. Il n’a aucun préjugé, ni « a priori » : il va vers l’autre sans tenir compte de l’âge, de la race, de l’origine, du milieu social.
L’Enfant est sociable par excellence. Il va de lui-même se rapprocher, entrer en lien avec l’autre (quelqu’il soit) par intérêt commun, par partage (collectionner les bouchons comme Papi – bricoler une moto comme le voisin, jardiner comme Papa) et non pour trouver un miroir à lui-même.

Et là, vous vous interrogez : mais ? Et les enfants de son âge ? Comment peut-il les rencontrer s’il est « exclu » du système classique (école, collège etc..) ?
Pourquoi aurait-il absolument besoin de rester avec ses semblables ? Bien sûr, il sera enthousiaste de partager des jeux et des expériences avec un camarade du même âge. Mais il le serait tout autant avec quelqu’un de 50 ans plus âgé. C’est le partage et l’enthousiasme qui le motivent, et non la condition sociale
Cantonner l’enfant à rester avec ses pairs est le meilleur moyen d’annihiler son enthousiasme et ses dispositions spontanées.

Autre idée reçue : l’adulte doit imposer – par un cadre, des limites – une discipline pour apprendre l’autonomie à l’Enfant.

On me reproche d’accorder trop d’importance à mes enfants, de trop leur laisser de liberté.

Alors que ce n’est que du respect face à leurs dispositions spontanées, leur identité.

J’ai appris, énormément, intensément, grâce à eux. Avec enthousiasme et confiance.

Hors, plus l’attachement est fort et intense, prolongé, plus l’enfant acquiert de l’autonomie. Rassuré, confiant en ses référents d’attachement primaire et les sachant absolument fiables et constants (mère, père, autre adulte qui lui a prouvé son attachement et sa confiance dès la toute petite enfance), l’enfant n’aura pas peur d’évoluer en autonomie, de rencontrer des obstacles, des difficultés. Ainsi libre de ses actes, il ne ressent pas les peurs et les tabous de l’adulte, se sait capable.

Comme mes enfants. Que je n’ai jamais laissés pleurer, que j’ai porté, soutenus, accompagnés.

Je suis souvent surnommée « maman-poule » par mon entourage, on m’a fort souvent reproché de trop les couver, d’être trop tendre, voir trop fusionnelle. Alors qu’il n’en est rien. J’ai seulement suivi mon instinct primaire qui me dicte d’éviter toute souffrance à mon enfant, en le rassurant quand il pleure, en le consolant quand il souffre. J’ai simplement refusé de l’humilier en le punissant, refusé de vouloir à tout prix qu’il rentre dans une petite case.

De plus, donner son « accord », montrer son enthousiasme et sa bienveillance face aux expériences/découvertes/apprentissages de l’Enfant le conforte dans son envie/sa volonté et lui laisse la pleine possibilité d’être enthousiaste et donc de développer des compétences élevées dans le domaine qui l’enthousiaste.

Car la compétence n’est qu’un effet secondaire de l’enthousiasme. Et non l’inverse. Nous ne sommes pas heureux d’être compétents. Mais nous sommes compétents car nous avons été heureux (enthousiastes) lors de l’apprentissage de ces compétences.

Et là est toute la différence entre ces compétences acquises dans l’enthousiasme et la confiance, et des qualifications (diplômes, études supérieures etc..) que nous aurons acquis par des apprentissages codés, dictés par la société, imposés dans un rythme pas forcément en cohésion avec nos dispositions spontanées.

La société nous dit qu’il est nécessaire d’apprendre l’effort, de devoir vivre la difficulté, de savoir dépasser ses limites.
Imposer un effort intense à un individu conduit immanquablement à l’échec. Alors que si il y a enthousiasme, plaisir intense, l’individu est capable de dépasser ses limites, de démultiplier ses forces, grâce au plaisir ressenti devant le dépassement de soi.

Comme mon Fiston par exemple : sa marotte en ce moment est de passer l’aspirateur.

A 5 ans, il n’a pas la taille adéquate à cet appareil.

Trop lourd, difficilement maniable, trop grand pour mon toutpetit.
Mais Fiston n’en a cure.

Inlassablement, il continue à traîner l’aspirateur, à se débattre pour tenir le manche correctement,

à lutter contre la force d’aspiration qui freine son avancée.

Et il accomplit ces efforts surhumains, il lutte contre les obstacles avec le sourire aux lèvres,

fier comme un Pape, heureux comme tout.

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Et là est la clé de tout apprentissage : le PLAISIR, l’ENTHOUSIASME.

Alors, comme le dit si bien Mr STERN, reculons-nous. Observons nos enfants. Laissons les s’enthousiasmer, se passionner pour le même jeu des heures, des jours durant. Acceptons leur évolution personnelle, sans chercher à tout prix à les voir accomplir ce qu’un pédiatre, un instituteur ou un psychologue nous incite à leur apprendre.

Et faisons de même !
ENTHOUSIASMONS-NOUS !

Au commencement de la rédaction de ce billet, je voulais « simplement » synthétiser en quelques phrases la philosophie, cette écologie de l’éducation que souhaite partager André Stern. Seulement je n’ai pas su que dire et quoi passer sous silence. Quelle idée résumer et quelle autre développer.
Et surtout, chacun de ses mots, chacun de ses partages m’a émue, remuée, touchée, sensibilisée, qu’il m’est impossible de ne pas tous les citer.
Alors, j’espère, si jamais j’ai l’insigne honneur d’être lue – un jour – par Mr Stern, qu’il ne m’en voudra pas d’avoir ainsi dévoilé ses réflexions, sa philosophie de vie. Il me paraît si urgent, si vital que chacun d’entre nous se questionne, s’observe afin de retrouver le sens primaire de notre être, le PLAISIR.

Pour tous ceux d’entre vous qui souhaitent découvrir cet enfant si attachant, André Stern a décrit son enfance dans ce livre, que je vais m’empresser d’acquérir !

stern livre

[ceci est aussi ma participation au Projet 52 du blog C’est quoi ce Bruit, dont le thème cette semaine était « Lire »]

Brèves de Tribu #2014-02

journal

C’est enfin Vendredi, youpi !!

Une semaine chargée et fatigante pour une Tribu traîne-la-patte. Des jours sans fin, gonflés de pleurs et de doutes. Des journées ensoleillées aussi, rythmées de beaux moments partagés.

Pour commencer ces brèves, un petit retour de notre Dimanche en famille, qui a vu toute la Tribu réunie, cousins, cousines, mêlée de jeux et de rires. Et surtout des gourmandises concoctées à plusieurs mains. Petit aperçu avec les desserts réalisés par Deuz et moi-même.

Cupcakes chocolat !

Cupcakes chocolat !

Roulé au Nut'

Roulé au Nut’

Cake crème de marrons

Cake crème de marrons

Lundi, la semaine a commencé sur les chapeaux de roue, à cause d’une panne de réveil générale, qui nous aura vus bondir de nos lits à 8h passées. Ou comment débuter la semaine en râlant. Deuz a entamé sa semaine de collégienne par une crise d’angoisse monumentale.  Depuis, des rencontres, des échanges et des questionnements ont permis d’apaiser – un peu – ma Différente et aujourd’hui elle se libère doucement de ses démons.

Nous avons rencontré un nouveau spécialiste pour notre Championne. Trop de douleurs,toujours, l’empêchent de se « donner » à fond lors de ses entraînements et matches. Une rencontre agréable et pleine de bons conseils.

Mardi, Deuz et moi avons passé un long moment avec sa référente éducative au Collège. Ma fille a été entendue, soutenue. L’équipe scolaire n’a pas beaucoup de moyens pour lui venir en aide, mais le fait d’être accompagnée dans ces moments difficiles l’a apparemment bien soulagée.

Toujours Mardi, Prems avait son premier rendez-vous avec une psychologue. Bilan mitigé car ma belle blonde refuse d’en voir l’utilité, regimbe à y retourner. Mais la psychologue a su être « psychologue » et en démontré les avantages à notre ado déscolarisée.

Enfin, pour terminer en beauté cette journée chargée, nous avons rencontré l’équipe de suivi de scolarité de Perle, dans le cadre de sa re-scolarisation, suite à son séjour en pédopsy. Et Halleluyah, cette réunion a marqué la fin du suivi. Perle, depuis bientôt un an et demi, a démontré toute sa volonté, tout son courage et enfin laissé apparaître toutes ses compétences scolaires et culturelles.

Notre Tendre Amour pourra faire sa rentrée de collégienne, en Septembre prochain, sans A.V.S ni aucun suivi. Une enfant normale, en somme.

Mercredi, jour des enfants, nous a vus courir en tous sens, pour assurer les trajets maison-collège, maison-foot, maison-copains. Mais rien ne m’aura perturbée, tant j’étais heureuse ce jour-là, de pouvoir enfin reprendre mes cours de Zumba, après une longue pause Noël-esque !

Jeudi, j’attaquais une nouvelle partie de ma vie, en commençant un petit boulot supplémentaire. La perte de mon poste de Surveillante au Foyer grève considérablement notre budget. Alors, comme mon petit mi-temps au Centre Maternel m’en laisse le temps, j’ai cherché et trouvé des petits boulots d’appoint.

Vendredi, dernier jour de la semaine, enfin ! Avant d’attaquer un week-end bien rempli, j’ai encore un peu travaillé, un peu rangé et un peu blogué. Et pour finir une semaine placée sous le signe des réunions, j’aurais ce soir mon dernier Conseil d’Administration au sein de l’association de Soutien à la Parentalité, dont je fais partie depuis maintenant presque 4 ans. Hélas, les difficultés de mes enfants, mes journées trop chargées, mon esprit bien encombré à tout gérer m’obligent à m’éloigner doucement de l’association.

Samedi, pour ne pas changer, nous irons soutenir notre Championne à son tournoi en salle. Peut-être trouverai-je le temps d’aller faire le plein de victuailles pour remplir les estomacs de la Tribu. Il faudra aussi assurer la routine quotidienne devoirs-rangements-douches et peut-être un peu de farniente.

Quant à Dimanche, écoutez c’est incroyable, nous n’avons rien d’indispensable à faire !! Sera-t’il donc un jour de détente absolue ! La réponse la semaine prochaine !

Edit : voilà, voilà, cela m’apprendra à me féliciter d’avoir un jour off. J’apprends à l’instant que notre Championne est convoquée pour un tournoi Dimanche toute la journée.

Toute la Tribu vous souhaite un bon week-end !

A tout bientôt, prenez soin de vous !

Brèves de Tribu #2014-01

journal

C’est une semaine bien remplie qui s’achève pour ma Tribu. Entre rires et larmes, entre blues et belles rencontres.

Lundi, la Tribu repartait, guillerette (ou presque, hein) sur le chemin des écoliers. Cela a valu pour moi, également, qui ai retrouvé mes collègues d’il y a un an, puisque c’est là-bas que ma route a abouti. Un grand merci à elles, mes collègues, mes amies, qui dans la complicité et la bienveillance, m’ont accueillie les bras ouverts.

Mardi, notre championne a subi un contrôle médical quant à une éventuelle fracture du pied. Heureusement pour elle, et pour la survie de notre résistance nerveuse, aucune lésion n’a été décelée. Louloute pourra donc continuer à taper le ballon H24. D’ailleurs, elle dispute un Tournoi demain. Encore un réveil à l’aube. Je suis joie et allégresse.

Mercredi, jour de reprise de l’entraînement sportif pour ma championne, et pour moi, qui aurait dû reprendre la Zumba. Malheureusement, c’est au travail que je passerai ma soirée et ma nuit. Je suis frustrée !!!!

Jeudi, j’entamais un marathon « peinture » pour finir la remise en état de notre couloir. Bien sûr, je n’aurai pas eu le temps d’achever mon atelier que déjà les enfants rentraient. (Mouais, faut dire qu’entre deux pauses Facebook/clope/café, c’est difficile d’aller vite ^^). J’enchaînais avec une nuit de travail mouvementée mais tellement agréable grâce à la sollicitude et la gentillesse de mes collègues.

Vendredi, Deuz a faibli, après plusieurs nuits d’insomnie, et c’est une jeune fille bien fatiguée que j’ai dû récupérer au Collège. J’ai quand même réussi à boucler mon marathon barbouillage et c’est avec fierté que je contemple le travail accompli. Mon rêve d’aménager dans une grande maison n’aboutira certainement jamais, mais au moins ai-je la satisfaction de voir notre petite Hutte s’embellir.

Voilà que la semaine s’achève, pour laisser place à un week-end de farniente et de repos …

Ha Ha !! La bonne blague !!

Samedi sera classé rouge, tellement le temps va me manquer pour tenir mon programme. Entre trajets au foot (et heureusement, le coach de Loulou en assure une bonne partie), ravitaillement de la Tribu, atelier pâtisserie et autres devoirs d’école/douches/lessive à gérer, je sens qu’on va s’amuser. Et bien sûr, je suis d’astreinte jusqu’à Dimanche soir, je sens qu’un départ nocturne en urgence me pend au nez !

Dimanche, la Tribu va festoyer en famille pour prolonger un peu les fêtes de fin d’année !

Vivement Lundi qu’on se repose, tiens….

Brèves – estivales – de ma Tribu

coquelicotsBien, bien bien….Que le temps passe, ma brave dame…Quelques mois ont défilé depuis mon dernier passage ici. Quelques mois sans rien de particulier, mais bien chargés d’un quotidien lourd à porter parfois, agréable souvent, éreintant tout le temps.

Voilà que se termine une année scolaire riche en émotions pour ma Tribu, et une année professionnelle pour ma part.

En bref, dans le désordre et sans dessus-dessous, quelques nouvelles d’une Blonde, d’une Rebelle, d’une Perle, d’une Mini-Bulldozer, d’un ToutPetit et de parents bien essoufflés !

Ma Bella Bionda, ma toute grande, vient de fêter la fin des années Collège. Une page se tourne, le monde des « grands » s’approche de plus en plus pour elle. Je n’en reviens pas encore moi-même….Mon bébé….

Ma Rebelle, ma deuz aux émotions exacerbées, toujours aussi difficile à comprendre, à entendre, qui cherche à grandir mais sans quitter le monde de l’enfance. Qui se rebiffe, nous griffe et nous maltraite…Les moments complices se font rares mais je m’attelle à ce lourd travail sur moi-même, afin de lui offrir mon amour sans chantage ni violence.

Ma Perle, mon doux, mon tendre Amour. Mon papillon prend son envol, sereinement. Elle termine cette année scolaire en beauté, elle a accumulé les victoires, éradiqué phobie sur phobie, s’ouvre aux autres de jour en jour. Un bonheur sans égal…

Ma Loupiote, ma 100 000 volts, quitte le CE2 cette année, et surtout son maître chéri…Etape difficile pour ma brunette, qui appréhende le passage chez les « grands ». Mais trouve réconfort, encore et toujours, dans sa passion du ballon rond, ballon qu’elle a aux pieds du soir au matin, enchaînant les tournois, les entraînements, les matchs amicaux ou inter-clubs. Ah que de beaux…enfin surtout loooooongs week-ends nous avons passé cette année à l’encourager et la féliciter. Elle finit cette année bardée de médailles et d’honneur, avide de recommencer une nouvelle saison en Septembre.

Mon ToutPetit, plus si petit que ça, il me faut bien l’avouer…Ma Terreur est devenu un petit garçon, bavard, insolent et infatigable, qui termine sa première année d’école tranquillement. Progrès notable à souligner, nos nuits hachées ne sont plus qu’un mauvais souvenir, rares sont les fois où il me rejoint. Le coucher est toujours délicat mais c’est devenu une routine que l’on ne relève même plus !

Quant à moi, je fête aujourd’hui ma première année au sein du Foyer en tant que surveillante de nuit. J’espère qu’en découleront bien d’autres tellement je m’épanouis et me plais dans ce travail. J’ai créé des liens forts et sensibles avec certains collègues, des amitiés sincères ont vu le jour. J’ai enfin le sentiment d’être à ma place, d’avoir trouvé ma voie.

J’arrive cahin-caha à jongler entre mes différents MOI, entre travail et plaisir, sorties et routine.

L’été commence sous les meilleurs auspices. Je me le souhaite riche en rires, complicités et fiestas !

Je pense à vous, souvent, mais le temps m’est compté, il file si vite quand on est heureux..

Douces pensées.

Y a de l’écho, ici !!

Mon blog se fait bien vide ces temps-ci. Il faut dire que les vacances d’une maman ne sont jamais de tout repos ! Entre la période des fêtes et ses multiples invitations, la rentrée de la Tribu et ses multiples trajets en tout genre, je n’ai guère trouver le temps que de :

  • peindre mon salon (pas terminé, mais presque !)
  • monter un meuble dans l’entrée (merci Chériii !!)
  • ranger toute la maison
  • gérer un petit dernier complètement hystérique et insomniaque…

J’ai donc décidé de prendre des vacances de célibataire ! Je pars cet après-midi avec soeurette, pour deux jours de calme et de farniente en bord de mer !

See you soon !

Ah et j’allais oublier !

Bonne Année !!! Que 2013 vous apporte ce que vous souhaitez, avec du soleil, des rires et de la sérénité sans compter !

Sur le chemin de l’école.

(Article initialement publié le 8/06/2012)

Cela fait aujourd’hui une semaine que Perle est rentrée. Une semaine qu’elle a repris le chemin de l’école. A un rythme différent, allégé. Allégé, mais légèrement éprouvant quand même.

Après les premiers jours, tout en excitation et joie du retour, Perle s’essoufle, se fatigue et montre les premiers signes d’une angoisse que nous croyions maîtrisée.

Il est difficile pour notre puce d’arriver à 13h30 avec son cartable sur le dos, de descendre et se mêler aux enfants réunis depuis 8h30 le matin.

Il est difficile pour notre puce de se concentrer trois heures durant dans le bruit d’une classe, de suivre les multiples interactions de ses camarades, de tenter de réussir quelque exercice.

Malgré un programme plus qu’allégé, modifié, corvéable à l’envie, Perle n’aboutit que rarement à une demi-journée productive.

Mais elle y va. C’est déjà un grand pas. Les premières minutes sont très difficiles. Mais elle arrive maintenant à verbaliser son angoisse, à la canaliser, à l’apprivoiser pour la dominer.
Elle est aidée bien sûr par ses deux traitements, neuroleptique et anti-dépresseur, et en complément elle avale régulièrement des anxiolytiques avant de prendre le chemin de l’école.

Ces traitements, bien que salvateurs en cette période de « reconstruction » pour notre fille, ont aussi dévastateurs.
Dévastateurs car ils exacerbent ses ressentis : joie, colère, tristesse, excitation, faim… Tout est multiplié, sur-joué.

Ils sont dévastateurs sur l’état physique de notre enfant : Perle a pris presque 10 kilos depuis le premier jour de son hospitalisation. Elle qui était si svelte, élancée, d’un gabarit déjà « carré » et musclé, se retrouve empatée, bouffie, compressée dans une garde-robe rétrécie…Ses poumons peinent à régénérer ce corps alourdi, et elle ahane en permanence, la respiration sifflante et hâchée.
Je vais d’ailleurs l’emmener consulter notre médecin en début de semaine prochaine, car cette respiration anormale me fait souci.

De mon propre chef, je diminue doucement ses neuroleptiques, très prudemment. Déjà, sa faim se calme, son corps perçoit quelquefois le signal de la satiété. Mais cela reste vraiment minime et je me vois contrainte de faire la gendarme en permanence, et de lui refuser des en-cas à longueur de journée.
Son poids reste stable depuis quelques jours, et nous allons commencer à équilibrer de plus en plus son alimentation pour que son corps puise dans ses réserves et s’affine. Bien sur, il est hors de question de la mettre au régime !! Loin de là ! Mais privilégier une nourriture allégée, dégraissée et variée. Chose ardue, vue que depuis son plus jeune âge, elle a l’habitude de se nourrir en conséquence sans prendre un gramme de trop.

La vie dans la Hutte se déroule assez sereinement depuis son retour. Des liens plus étroits se crèent entre Perle et ma PremsPerle ayant plus de facilité à se livrer, se laisser aller, elle joue de longs moments complices avec Prems.

Voilà. Un premier bilan mitigé. Partagée entre le bonheur intense de voir ma fille s’ouvrir et la peur d’une rechute.

Entre sourire devant ses pitreries et pleurer devant son corps enlaidi, son caractère parfois trop trempé.

Il nous faudra tâtonner encore quelques temps je pense, pour trouver un nouvel équilibre.

Mais, sur le chemin de l’école, ma fille est retournée….

Elle l’a fait !

(Article initialement publié fin avril 2012)

Mon Doux, mon Tendre, mon Incroyable Amour a franchi une étape plus qu’importante ce matin : elle est allée en classe !

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Malgré son angoisse profonde, sa peur de l’échec, sa crainte (infondée) de voir annulées ses permissions de sortie si cela ne se passait pas « bien »…
Rassurée par les soignants, accompagnée et soutenue par l’institutrice (merciiiiiiii à elle), ma Perle a pris son cartable, franchi la porte de l’Unité, marché en tremblant dans les couloirs sinueux de l’hôpital et est entrée dans la salle de classe.
Elle a « travaillé » une heure !! Rendez-vous compte ! Une heure sereine et paisible, entourée de l’attention et de la bienveillance des intervenants.

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Je suis si fière de toi, ma puce, si heureuse pour toi. Ton infirmière m’a raconté la joie dans tes yeux, ton coeur léger et ton sourire. Elle m’a dit comme ma petite fille était heureuse et fière d’elle.

Comme j’aurai aimé être là aussi, pour te serrer fort dans mes bras, pour t’exprimer le bonheur que cette étape de franchie m’apporte.
Comme j’ai hâte de t’entendre ce soir, nous raconter (ou pas !) cette première heure de classe. Entendre ta voix qui pétille, tes mots tendres.

Mon Doux, mon Tendre, mon Incroyable Amour

Tu as entrepris, il y a plus d’un mois maintenant, une dure bataille contre tes démons. Et ils cèdent un par un, devant ta détermination, ton courage, ta force.

La guerre n’est pas gagnée, encore, mais quelle belle Victoire !

Je t’aime.