Une histoire de moules.

(Article initialement publié le 29/05/2012)

Depuis quelques semaines, j’étais titillée dans mon ego de mère de famille parfaite.
J’m’explique.
Deuz, 12 ans tout juste, a depuis quelques années une passion grandissante pour la cuisine et la pâtisserie. Ses trois soeurs suivent son mouvement en réalisant, pour la plus grande, la plupart des repas familiaux et pour les plus jeunes, leurs premiers gâteaux.

Rajoutons à ça plusieurs amies, elles-mêmes mères de famille, qui réalisent quotidiennement des merveilles sucrées et salées.

Donc me voilà à saliver devant les plats des unes et des autres. A lire, chercher, cliquer, me promener de site de cuisine aux blogs de pâtissière avertie.

A me dire, que, quand même, j’abuse. J’abuse de ne pas me « coller » à la préparation de bons petits plats pour ma Tribu, à ne pas embaumer la Hutte de fumets savoureux et sucrés (sauf si on considère que gratiner une boîte de raviolis est un défi culinaire), pour contenter les papilles de mes touts-petits et de mon Homme.

Alors, pleine d’enthousiasme, confiante (ahem..), me serinant, qu’après tout, ce que deux « gamines » de 12 et 13 ans réussissent d’un coup d’un seul, entre deux séries à l’eau de rose et deux disputes de soeurs, ne devrait pas être trop compliqué pour moi, j’ai décidé ce week-end dernier, de m’atteler à un atelier pâtisserie pour régaler ma Tribu.

Me voici donc partie, mon cabas sous le bras, à la grande surface du coin, acquérir les ustensiles et ingrédients de base.
Dont des moules. En silicone.

Et, rentrée à la Hutte, assistée de ma Perle toute heureuse, je me lance dans la confection de simples Muffins.
Déjà, la recette de Deuz me paraît bien difficile. Hop, je file sur mon ordi trouver une recette pour « les Nuls ».
Recette relevée, je touille, fonds, mélange et enfourne dans mes moules tous beaux tous neufs.
La cuisson se passe, l’aspect des gâteaux est réjouissant, appétissant. Biiiiiiip ! La minuterie retentit, bientôt l’heure de la dégustation, des sourires, des compliments et des ventres contents.

Sauf que…non…
Mes jolis Muffins n’auront été jolis que dans leur moule. Impossible de les en faire sortir. Accrochés, collés, ratés, quoi.

Au goût, agréables. Au visu, un désastre. Seul le « chapeau » aura cédé, le reste, tas de miettes décomposé, restera au fond du moule, immangeable.
Dépit, rage, autant de sentiments qui m’envahissent devant mon incapacité à réussir une recette simple et mille fois éprouvée.

Ce doit être la faute de ces moules. Tout mous. Incontrôlables. 
….Ou pas.

Car le lendemain, une demi-heure avant l’heure du sacro-saint goûter, Prems décidait de se lancer dans la confection de moelleux tout chocolat. Sans réfléchir. Dans les fameux moules.
Elle les a plus que réussis, la bougresse. Une « tuerie », ses fondants. Délicieux, sucrés, un bonheur à regarder et à déguster.

Mouais…Je boude…

Publicités

Je vieillis quand…

(Article initialement publié en mai 2012)

Depuis que je suis mère, mon espace-temps semble s’être figé, coincé dans une faille spatio-temporelle.

Les années passent sans que je n’y prenne garde, les mois se mêlent, uniquement rythmés par les anniversaires des enfants, le calendrier scolaire ou les fêtes (je sais que l’hiver approche quand les enfants se ruent sur les catalogues de jouets inondant notre boîte à lettres)..

Mais parfois, au détour d’une journée pourtant banale, je me prends un coup de massue, une claque magistrale, un coup de vieux quoi….

Je vieillis quand Prems me donne à signer sa fiche d’orientation (Quoi !!! Dans un an, elle termine le Collège !!)

Je vieillis quand on s’aperçoit que Prems, toujours elle, approche de l’âge qu’avait son père à notre rencontre ;

Je vieillis quand je comprends que mon homme, cet ado, vient de passer la trentaine (où sont donc passées ces quinze dernières années ?!) ;

Je vieillis quand je franchis de nouveau la porte de l’école maternelle, pour présenter mon tout-petit à sa future maîtresse ;

Je vieillis quand je m’aperçois que mon tout-petit est devenu un vrai petit garçonnet, plus qu’impatient de commencer l’école ;

Je vieillis quand, dans le miroir le matin, le reflet ne correspond plus du tout à mon image mentale ;

Je vieillis quand je réalise au fil de nos conversations, que mon aînée approche doucement de l’âge adulte…

Je vieillis quand je fréquente trop de jeunes mamans primipares…

Je vieillis, hein…C’est tout.

 je_vieillis_mal_3203643__1_