L’ado et son (non)sens de la mode

ados

Vis ma Vie de Parent d’Ado !

Chose promise, chose due !

Après vous avoir décrit le phénomène paranormal de possession que subit un adolescent, je vais aujourd’hui tenter d’expliquer un autre phénomène qui survient à l’adolescence, leur changement d’apparence et leur goût de chiottes (ouais j’suis vulgaire si je veux).

Phénomène qui s’est déjà opéré dans la petite enfance de votre rejeton.
Mais, par ruse et donc par excès de mignonnitude, votre héritier aura peut-être réussi à vous le dissimuler.

Alors, si j’vous parle de son attirance immodérée pour des super-héros, des princesses pailletées et des héroïnes à tête de chat asiatique, ça vous revient ??

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Ouais, voilà… Il vous a eu en beauté, le fourbe petit être. Il vous a embobiné à coup de regards de chat potté, usant à outrance de votre faiblesse toute parentale.
Et vous voilà maintenant face à un grand dadais, tout en poils et en boutons qui arbore insolemment une tenue d’apparat digne du festival des Horreurs.

Ce goût vestimentaire immonde est apparu insidieusement. Comme tous les teen-agers, souvent à l’occasion de l’entrée au Collège, votre cher petit a discrètement opéré un changement de look.

Pour les garçons, apparaissent des jeans de plus en plus larges (ou beaucoup trop serrés) avec caleçon apparent. Leurs choix se fixent dorénavant sur quelques « grands noms » de la mode actuelle, et les petits polos à col relevé de toutes les couleurs emplissent maintenant votre bac à linge.
Je n’aborderai pas le clan des « rebelles », qui arborent pour qui des T-Shirts propagande, pour d’autres des accessoires à l’effigie de leur skateur préféré, m’y connaissant hélas que dalle).

Côté capillaire aussi, ça bouge !
D’une coiffure basique (un coup de tondeuse toutes les 3 semaines et basta), il faut maintenant compter avec la séance bi-mensuelle chez le coiffeur, entre coupe travaillée à coups de zébras tondus, voir autres dessins compliqués et mèche ultra sophistiquée, repoussée sans cesse d’un geste sensé être désinvolte.
Reconnaissons à la mèche l’utilité de cacher la dizaine de boutons suintant qui ornent le front de votre petitout.

Côté fille, nous noterons un raccourcissement des t-shirts, qui se nomment désormais « tops », et qui ont tout l’air d’avoir subi un cycle trop long au sèche-linge tellement ils collent au corps juvénile de votre petite.
Quant aux pantalons, n’en parlons pas !
Ou bien, si justement parlons en !
Avant un jean’s, c’était un jean’s hein !
A la rigueur pouvions-nous hésiter entre un brut et un délavé.
Maintenant, je me perds entre les boot-cut, les droits, les slim, les extra-slims, les skinny et les super-skinny ! Rajoutez à ça une multitude de chaussures différentes, mais toutes à haut talons perchés, vous pouvez dès lors imaginer le tableau : une minette coincée dans un t-shirt taille 4 ans, moulée dans un jean semblé cousu sur peau, et titubant sur des échasses hors de prix. A 14 ans…

Côté chevelure, nos adolescentes ne sont pas en reste et différentes écoles mènent campagne dans leurs rangs : chevelure longue et lisse (compter donc une occupation salle de bain–esque de 2 heures chaque matin, fer à lisser au travail) ou bien chevelure courte et travaillée à grand renfort de gels, mousses coiffantes et autre gélatine hors de prix (comptez également un taux d’occupation salle de bain-esque hors compétition), ou bien encore, la chevelure teinte, reteinte, complètement déteinte d’ailleurs, qui vous vaudra multitude de samedis après-midi chez le dernier coiffeur à la mode.

Pour nos chères demoiselles, un seul mot compte : être SWAG* ! Il leur est donc absolument vital d’enrichir très régulièrement leur collection de vernis à ongles, mascaras, fond de teint, ombre à paupières et autres gloss qui font la bouche cul-de-poule. Avec votre Carte Bleue, bien entendu.

maquillage

Voilà, voilà… Vous pouvez donc tirer un trait sur les petites robes à smocks, les marinières Petit Canot ou la dernière collection de chez Vert Canasson ….

Et voir défiler dans votre demeure, se ruant dans l’antre de votre petit chéri, paquets de chips et autres Oréo sous le bras, une horde de minets muant ou d’écervelées gloussantes (que j’appelle communément mini-poufettes).

Enfin, tout ce que je décris là, c’est bien entendu chez les autres que ça se passe, hein, on est d’accord ! Mes adolescentes à moi sont évidemment toujours vêtues de blanc et de rose, volants à dentelles et petites ballerines**.
Ahum….

* le terme SWAG désigne toute apparence créant des gloussements hystériques et/ou agitation frénétique. Ex : « Whaouh !!! Justin, il a trop le SWAAAAAAAAAG !!!! »
** Je suis bien piètre menteuse, hein… Mais ce billet n’est que parodie et exagération dans le but d’amener chez mon lecteur un fou-rire inextinguible ! Bon, un éclat de rire alors ? Non ? Bon un sourire peut-être ? Une risette ? Un rictus ?? Un haussement de sourcils ? Voilà, super !
Merci, Lecteur chéri:)

Vous ai-je déjà souhaité bon courage, hé hé ?
A bientôt, pour découvrir les phobies de nos ados !

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Vis ma vie de parent d’ado #Sortie « soldes » part.2

Vous voici arrivés devant l’antre du Diable, l’île de la Tentation version modesque, je veux bien sûr parler du Centre Commercial.

Toujours accompagnée de sa bande, votre ado chéri(e) n’en peut plus de trépigner d’impatience à l’idée de farfouiller parmi les étalages, limite vous vous croyez dans l’émission de télé « Nouveau look pour une nouvelle vie », tellement les voix mutantes montent dans les aigus et s’enthousiasment, en bavant sur les devantures de magasin.

A ce moment-là, deux choix s’offrent à vous.

Soit vous libérez la horde et la laissez gérer, moyennant un budget défini, son shopping frénétique sans la présence maternelle et vous pouvez vous-même déambuler sereinement dans vos boutiques préférées [ouais, ne mentez pas, hein, je l’ai bien vu, votre pupille se dilater devant le petit top trop tendance à -30%, là!!].

Soit vous préférez accompagner votre ado et ses amis pour pouvoir éviter les achats compulsifs et inutiles comme une hideuse ceinture cloutée ou des chaussures à plateformes vif argent.

Votre cœur balance ? Vous hésitez ?

Allez, j’suis sympa, voici un petit aperçu in vivo de ces deux situations. Vous ne pourrez pas dire que je vous ai pas prévenu, hein !

**********************

Situation 1 : Chacun sa route, chacun son chemin…

Entre votre ado et vous la confiance règne, le dialogue est le maître-mot de vos relations. Aussi, vous n’hésitez pas une seconde et tendez à votre cher enfant une (petite) liasse de billets, synchronisez vos portables et le laissez explorer le centre commercial sans votre (bienveillante) compagnie. [En clair, il vous a sèchement demandé : « nan, mais c’est bon, quoi, Mam’s, tu vas pas venir avec nous !! C’est trop la honte de se trimbaler sa reum, là ! Sérieux, j’ai plus 8 ans! »]

Vous le regardez donc partir en remontant son baggy (ou extirpant d’un doigt délicat (et atrocement verni) la ficelle de son string de son entre-fessier, si c’est un spécimen féminin), bras dessus-bras dessous avec son BFF, prêts à conquérir l’Univers ou tout du moins, la boutique du coin.

Libérée !! Délivrée !! [Ah ah, ça vous dit quelque chose hein ? Bah voilà, vous l’avez dans la tête pour la journée, hé hé ! Ne me remerciez pas!]

A vous les tops à -50%, la paire de sneakers repérée la semaine dernière et la pause café-croissant-facebook en attendant le retour de la troupe.

Aahh, vous êtes détendue, vous vous sentez bien !

Vous vous félicitez, vous vous trouvez « trop top » comme dira l’ado : passer pour la mère « trop cool » devant les potes, prouver à votre enfant chéri à quel point vous avez confiance en lui/elle et cherry on the cake, dénicher le dernier sac de la célèbre marque espagnole que vous convoitiez depuis 6 mois (entre nous, c’est quoi ces goûts de chiottes, hein…Franchement, plus bariolé, tu meurs!)

Bon, votre café siroté jusqu’à la dernière goutte, vous commencez à trouver le temps long.

Il est 16h27 et l’Ado devrait vous avoir rejoint depuis bien douze minutes au moins…

Non, non vous ne stressez pas, la confiance, le dialogue, tout ça quoi…[Arrêtez de regarder votre portable ! Posez-le…Là…Respirez profondément…]

Prenez un air serein..et lancez votre regard infrarouge dans la foule pour tenter d’apercevoir votre ado..

Rien ? Sûr ? Nan, on ne va pas s’inquiéter. Tss, tss, pas notre genre..

Votre portable est bien allumé ? Y a du réseau ? Nan mais on sait jamais hein…L’Ado a certainement tenté de vous avertir de son retard, vous n’avez pas reçu son SMS encore, c’est sûrement ça.

16h28 : Toujours pas d’ado en vue et votre portable n’a jamais été aussi silencieux.

16h29 : Dans une minute, il aura ¼ d’heure de retard, vous commencez à sentir la parano inonder vos veines (Rapt ? Accident ? Malaise ? Qui sait ce que votre enfant subit à cet instant!).

16h30 : Vous n’y tenez plus et envoyez un texto inquiet à la chair de votre chair. « Mon bichon/Ma chouchoune tout va bien ? »

16h30 et 35 secondes : aucune réponse…Votre cœur ne tiendra pas le choc. Vous commencez à rassembler vos affaires pour aller trouver une vendeuse, un vigile, un CRS, quelqu’un pour porter secours à votre petit !

Lorsque vous apercevez, au loin, derrière deux vieilles mamies traînant leur cabas, un éclair de cheveux blonds que vous reconnaîtrez entre mille. Vous tendez l’oreille et, malgré le brouhaha ambiant des jingles pub et des conversations mêlées, vous percevez un rire gloussant, une voix de crécelle qui finit dans les graves : la douce mélodie de la voix de votre petit !

Vos doigts se décrispent, votre cœur ralentit ses battements sporadiques et le sang reprend son circuit habituel dans vos veines.

Leur enthousiasme à vous retrouver fait plaisir à voir, ils n’ont jamais marché aussi lentement. Traînant la patte, accrochés à leur portable, suspendus au bras de l’autre, la bande d’ados gloussant vous rejoint enfin.

Surchargés de sacs siglés du nom des boutiques les plus chérots du Centre Commercial. Répandant sur leur passage une odeur sucrée (sûrement qu’un kilo de bonbons a été engouffré) et divers effluves bien entêtants (tiens, z’ont dû essayer tous les parfums et autres déos qu’ils ont croisé en chemin).

Vous hoquetez en découvrant les motifs bariolés et les matières synthétiques qui s’échappent de chaque pochette.

Votre écoeurement atteint son apogée lorsque vous découvrez aux pieds de votre fille chérie des plateformes monstueuses, vif argent, qui semblent clignoter à chacun de ses pas mal assurés (tu m’étonnes, avec 15 cm de hauteur, faut limite des béquilles pour marcher!)

Et tout le bénéfice de votre après-midi s’évanouit en fumée lorsque votre ado lâche ses emplettes à vos pieds, et vous assène : « On a faim. Mam’s, j’ai dit aux potes que tu nous paierais Macrado ! »

Z’auriez mieux fait de les accompagner, hein…

La suite…bientôt ! 

Vous ai-je souhaité bon courage hé hé ?