Vis ma vie de parent d’ado #Sortie « soldes » part.2

Vous voici arrivés devant l’antre du Diable, l’île de la Tentation version modesque, je veux bien sûr parler du Centre Commercial.

Toujours accompagnée de sa bande, votre ado chéri(e) n’en peut plus de trépigner d’impatience à l’idée de farfouiller parmi les étalages, limite vous vous croyez dans l’émission de télé « Nouveau look pour une nouvelle vie », tellement les voix mutantes montent dans les aigus et s’enthousiasment, en bavant sur les devantures de magasin.

A ce moment-là, deux choix s’offrent à vous.

Soit vous libérez la horde et la laissez gérer, moyennant un budget défini, son shopping frénétique sans la présence maternelle et vous pouvez vous-même déambuler sereinement dans vos boutiques préférées [ouais, ne mentez pas, hein, je l’ai bien vu, votre pupille se dilater devant le petit top trop tendance à -30%, là!!].

Soit vous préférez accompagner votre ado et ses amis pour pouvoir éviter les achats compulsifs et inutiles comme une hideuse ceinture cloutée ou des chaussures à plateformes vif argent.

Votre cœur balance ? Vous hésitez ?

Allez, j’suis sympa, voici un petit aperçu in vivo de ces deux situations. Vous ne pourrez pas dire que je vous ai pas prévenu, hein !

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Situation 1 : Chacun sa route, chacun son chemin…

Entre votre ado et vous la confiance règne, le dialogue est le maître-mot de vos relations. Aussi, vous n’hésitez pas une seconde et tendez à votre cher enfant une (petite) liasse de billets, synchronisez vos portables et le laissez explorer le centre commercial sans votre (bienveillante) compagnie. [En clair, il vous a sèchement demandé : « nan, mais c’est bon, quoi, Mam’s, tu vas pas venir avec nous !! C’est trop la honte de se trimbaler sa reum, là ! Sérieux, j’ai plus 8 ans! »]

Vous le regardez donc partir en remontant son baggy (ou extirpant d’un doigt délicat (et atrocement verni) la ficelle de son string de son entre-fessier, si c’est un spécimen féminin), bras dessus-bras dessous avec son BFF, prêts à conquérir l’Univers ou tout du moins, la boutique du coin.

Libérée !! Délivrée !! [Ah ah, ça vous dit quelque chose hein ? Bah voilà, vous l’avez dans la tête pour la journée, hé hé ! Ne me remerciez pas!]

A vous les tops à -50%, la paire de sneakers repérée la semaine dernière et la pause café-croissant-facebook en attendant le retour de la troupe.

Aahh, vous êtes détendue, vous vous sentez bien !

Vous vous félicitez, vous vous trouvez « trop top » comme dira l’ado : passer pour la mère « trop cool » devant les potes, prouver à votre enfant chéri à quel point vous avez confiance en lui/elle et cherry on the cake, dénicher le dernier sac de la célèbre marque espagnole que vous convoitiez depuis 6 mois (entre nous, c’est quoi ces goûts de chiottes, hein…Franchement, plus bariolé, tu meurs!)

Bon, votre café siroté jusqu’à la dernière goutte, vous commencez à trouver le temps long.

Il est 16h27 et l’Ado devrait vous avoir rejoint depuis bien douze minutes au moins…

Non, non vous ne stressez pas, la confiance, le dialogue, tout ça quoi…[Arrêtez de regarder votre portable ! Posez-le…Là…Respirez profondément…]

Prenez un air serein..et lancez votre regard infrarouge dans la foule pour tenter d’apercevoir votre ado..

Rien ? Sûr ? Nan, on ne va pas s’inquiéter. Tss, tss, pas notre genre..

Votre portable est bien allumé ? Y a du réseau ? Nan mais on sait jamais hein…L’Ado a certainement tenté de vous avertir de son retard, vous n’avez pas reçu son SMS encore, c’est sûrement ça.

16h28 : Toujours pas d’ado en vue et votre portable n’a jamais été aussi silencieux.

16h29 : Dans une minute, il aura ¼ d’heure de retard, vous commencez à sentir la parano inonder vos veines (Rapt ? Accident ? Malaise ? Qui sait ce que votre enfant subit à cet instant!).

16h30 : Vous n’y tenez plus et envoyez un texto inquiet à la chair de votre chair. « Mon bichon/Ma chouchoune tout va bien ? »

16h30 et 35 secondes : aucune réponse…Votre cœur ne tiendra pas le choc. Vous commencez à rassembler vos affaires pour aller trouver une vendeuse, un vigile, un CRS, quelqu’un pour porter secours à votre petit !

Lorsque vous apercevez, au loin, derrière deux vieilles mamies traînant leur cabas, un éclair de cheveux blonds que vous reconnaîtrez entre mille. Vous tendez l’oreille et, malgré le brouhaha ambiant des jingles pub et des conversations mêlées, vous percevez un rire gloussant, une voix de crécelle qui finit dans les graves : la douce mélodie de la voix de votre petit !

Vos doigts se décrispent, votre cœur ralentit ses battements sporadiques et le sang reprend son circuit habituel dans vos veines.

Leur enthousiasme à vous retrouver fait plaisir à voir, ils n’ont jamais marché aussi lentement. Traînant la patte, accrochés à leur portable, suspendus au bras de l’autre, la bande d’ados gloussant vous rejoint enfin.

Surchargés de sacs siglés du nom des boutiques les plus chérots du Centre Commercial. Répandant sur leur passage une odeur sucrée (sûrement qu’un kilo de bonbons a été engouffré) et divers effluves bien entêtants (tiens, z’ont dû essayer tous les parfums et autres déos qu’ils ont croisé en chemin).

Vous hoquetez en découvrant les motifs bariolés et les matières synthétiques qui s’échappent de chaque pochette.

Votre écoeurement atteint son apogée lorsque vous découvrez aux pieds de votre fille chérie des plateformes monstueuses, vif argent, qui semblent clignoter à chacun de ses pas mal assurés (tu m’étonnes, avec 15 cm de hauteur, faut limite des béquilles pour marcher!)

Et tout le bénéfice de votre après-midi s’évanouit en fumée lorsque votre ado lâche ses emplettes à vos pieds, et vous assène : « On a faim. Mam’s, j’ai dit aux potes que tu nous paierais Macrado ! »

Z’auriez mieux fait de les accompagner, hein…

La suite…bientôt ! 

Vous ai-je souhaité bon courage hé hé ?

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Vis ma vie de parent d’ado #Sortie « soldes »

adosQuand l’ado n’était qu’un enfant charmant, refaire sa garde-robe au moment des Soldes était assez simple.

Soit vous remplissiez allègrement vos paniers virtuels d’un clic frénétique : « Oh !! le joli tee-shirt ! Oh et cette robe mignonnette ! Hop, hop, clic et re-clic ! »

Au pire, soit parce qu’internet n’existait pas encore (c’te lose!), soit parce que vous aimiez tâter la marchandise avant d’acheter, vous vous fendiez d’une virée dans les magasins.

Et là, il suffisait d’appâter l’enfant avec une fringue ornée d’un sirupeux chat japonais, voir d’un homme-araignée, pour pouvoir tranquillement choisir le pantalon qui résistera à ses glissades effrénées, et dénicher les 3 sous-pulls acryliques « 3 pour le prix d’1 ».

Mais, ce n’est plus aussi simple. L’enfant a grandi et est devenu cet être légèrement  tatillon, qui souhaite choisir lui-même. Y a pas de quoi en faire tout un plat. Vous croyez ?

Si vous pensez qu’escorter un ado lors des soldes est une partie de plaisir, je me dois de vous livrer la vérité criante (ou gloussante).

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Il est bon à savoir qu’un ado ne sort jamais seul. Il est livré avec un package bien fourni et indispensable à sa survie dans le monde extérieur.

Vous vous rappelez l’équipement que vous charriiez pour votre enfant charmant ? Poussette, sac à langer, doudous et autre matériel « au cas où? ». Et bien, sortir son ado revient au même hélas. Sauf que là, il peut se le coltiner son matos hé hé !

– Un ado ne sort jamais sans son téléphone portable (un smartphone, bien entendu) pour pouvoir échanger mille sms importants « Sa va ? Ouais et toi ? Ouais sa va. Lol. Mdr. J’avoue. Lol» et poster en direct live sur FB ses éventuelles acquisitions vestimentaires : «Kevin/Kimberley a publié une nouvelle photo. 26 personnes aiment ça« .

Passionnant n’est-ce-pas ?

-Il embarque également un équipement de survie, histoire d’être paré à toute éventualité. Du gel, pour refaire ses pics capillaires, le miroir qui va avec, bien entendu. Son Mp3, les écouteurs qui vont avec. Une console de jeux portable, pour combler les temps d’attente (faudrait pas qu’il se fende d’une conversation hé hé!)

Si votre ado est de sexe féminin, alors vous pouvez rajouter à cet attirail tout le nécessaire de « beauté » indispensable, gloss, baume à lèvres/à mains, brosse, parfum, déo, écharpes/foulards divers au cas où, etc, etc…

– Et le plus important, que l’ado n’oublie jamais, en plus de tout cet « indispensable », sa bande. Sa BFF bien sûr (Best Friend Forever, pour les incultes) et les 2/3 (voir plus) ami(e)s agglutiné(e)s en permanence à son bras, et avec qui il gloussera/ricanera en choeur.

Dès le trajet aller, votre résistance nerveuse est mise à mal. Plusieurs niveaux de mue vocale se croisent, s’entrechoquent. L’ado et ses potes ricanent de plus en plus fort. Chantent de plus en plus fort (ah oui, bien sûr, vous devez, dès votre montée en voiture, régler le poste radio sur la fréquence de LEUR chaîne radio préférée. Rien à dire. Qu’à obéir).

Vous arrivez sur le parking du centre commercial déjà usé, des acouphènes terribles résonnent en vous et vous vous surprenez à marmonner des prières vaudou pour que le mutisme frappe cette horde d’êtres échevelés.

Mais cette sympathique virée ne fait que commencer, hé hé !

Vous ai-je souhaité bon courage ?