Deux mois.

(Article initialement publié en mai 2012)

Deux mois. Deux longs mois que notre Perle est hospitalisée.

Deux mois qui en valent dix, cent, une éternité.

Deux mois qui ont tout changé.

Perle a bravé le chaos, plongé dans un cauchemar sans nom. Puis elle a gravi une à une les marches vers le renouveau.

Elle a doucement, presque à son insu, déchiré le carcan, la carapace qui obstruait sa vie.

Elle a déplié ses ailes. Elles sont encore fragiles, fripées et humides. Perle reste comme le Papillon naissant, immobile sur sa branche, vibrant de tout son être vers la Vie, encore timide et hésitante.

Mais elle a franchi ce mur de peur, d’angoisse et de phobie.

Elle est autre, elle est ELLE.

Alors oui, j’aurais pu faire un bilan du négatif, un musée des horreurs. Encore écrire ces mots barbares qui me font tant souffrir. Oui, j’aurais pu évoquer ces interminables entretiens avec les soignants, à tenter de trouver le pourquoi du comment, à décortiquer chaque minute de son existence, s’obstiner à désigner un coupable…

Mais je vais de toutes mes forces repousser ces sombres images.

Mais je vais de toute mon âme refermer le couvercle sur ces deux mois d’enfer, de « petite mort ».

Et je garde les yeux grands ouverts.

Le coeur défaillant de fierté et d’amour, je regarde ma fille franchir la porte de l’école. Je serre fort les mâchoires pour ne pas pleurer, pleurer de joie devant cette grande jeune fille, riante et sereine, qui se mêle aux enfants, qui l’entourent et l’entraînent dans leurs jeux.

Perle a franchi la plus grande étape de sa thérapie aujourd’hui.

Ce n’est pas une fin, c’est un commencement, SON commencement.

Bienvenue dans ta VIE mon Amour.

Et à très vite….je le sais maintenant…. 

D’une chrysalide…

(Article initialement publié le 30/04/2012)

Perle va rentrer, bientôt. Ce n’est qu’une question de temps, de semaines, à ancrer ses progrès dans la réalité, à l’accompagner pour un retour serein.

Une question de temps, pour que notre fille ait pleinement conscience de ses capacités.
Une question de temps, pour qu’elle soit active dans ce retour.

Une question de temps, d’aménagements, de souplesse et d’écoute. Que nous allons solliciter auprès du corps enseignant, ici. Pour accueillir notre fille, en faisant table rase du passé. Pour lui offrir un espace sécurisant et le plus « normal » possible.

Une question de temps, pour évoluer.

Pour mon évolution.
Depuis quelques jours, le changement, jusque là imperceptible, du caractère de ma fille me saute aux yeux, au coeur.

La voir s’épanouir, se libérer de ce poids d’angoisses, qui l’empêchait de vivre, me remplit de joie.
La voir se redresser, se détacher, se sevrer en quelque sorte de mon aile protectrice me terrifie.

Les mots ne sont pas trop forts, non. Perle n’est plus la même. Amplifiés par le traitement médicamenteux, les changements sont criants.

D’une petite fille recroquevillée et silencieuse, Perle devient une grande et imposante jeune fille exubérante.

D’une douce et paisible enfant, nous découvrons une pré-adolescente au vocabulaire fleuri, au rire provocateur, aux jeux bruyants.

Ma fille se cherche, tatonne, copie mots et gestes d’autres.

La chrysalide va devenir Papillon, l’éclosion est brutale et douloureuse, pour elle comme pour nous.

Et cela me terrifie, oui. Car si j’espérais ce changement, cet éveil à la vie de mon Tendre Amour, je n’avais pas imaginé que cela changerait sa personnalité. En fait, non, cela ne la change pas, cela la libère.
La carapace d’angoisses et de peurs se fendille, craquelle et révèle ce que Perle retenait jusqu’à présent.

Mais cela fait tant d’années que cette carapace s’est installée, dès l’aube de son enfance, que nous découvrons maintenant la personnalité de notre fille.
Brutalement.

Et j’ai un peu peur. Peur de ne pas comprendre cette jeune fille étrangère, peur de ne pas aimer ce « Papillon« .
Mais j’ai hâte aussi. Hâte de la voir croquer à pleines dents une jeunesse qu’elle se refusait jusque là. Hâte de la découvrir rebelle, pleine d’assurance et de morgue.
Une pré-ado, quoi.

Mais toujours ma Perlemon Doux, mon Tendre, mon Incroyable Amour.

Papillon

Merci.

Des petits signes d’amitié et de soutien qui font du bien. Des gestes dénués de sous-entendu,des clins d’oeil, des mots doux.

main-tendue

Il aura fallu l’hospitalisation de notre Perle pour que se dévoilent des personnes qui jusque là, se faisaient discrètes, anonymes ou absentes.

Je ne dis pas, au contraire ! qu’il aura fallu ce chamboulement, ces durs moments pour qu’enfin nous soyons entourés.
Mais notre désespoir a fait apparaître des mains tendues, des coeurs ouverts, qui par discrétion ou par peur de déranger restaient dans l’ombre.

Et maintenant que j’ai repris pied, que l’avenir se dessine meilleur, j’ai envie et besoin de remercier toutes ces âmes douces qui nous ont témoigné leur soutien, leur affection.
Ces bulles de tendresse et d’amour envoyées à ma petite fille, alors que bien souvent, vous ne la connaissez pas.

Alors MERCI. Tout simplement, car les mots me manquent.

MERCI, car rien d’autre ne pourrait exprimer mes sentiments.

MERCI à toutes les fleurs de SP (Miss B. qui a su apaiser mes peurs, ma Marraine la Fée, et toutes les autres, présentes chaque jour), à Folène, ma douce amie virtuelle, si empathique et bienveillante, à Pomme et Brindherbe, qui sont là pour moi depuis le début, à Laure, Babelle et Aline, à tous ceux qui nous soutiennent dans l’ombre, à ceux qui ont lu et compati sans le dire, à mon Papa, qui malgré la douleur que cette épreuve réveille, me témoigne un amour plus présent chaque jour, à Dany, ma maman-jolie, à ma Maman, à mes soeurettes chéries, à mes Keupiiiiines de ma jeune vie…

Cela fait très « Discours de Remise d’Oscar », mais je tenais à vous citer toutes et tous.

MERCI.

Comme je le disais plus haut, nous approchons enfin de la fin de cette épreuve, les soignants préparent maintenant le retour de notre Perle ici. Encore quelques semaines avant de reprendre pied dans la réalité, avant qu’enfin ma Tribu soit de nouveau au complet, dans mes bras et dans mon coeur.
Perle évolue vraiment, vite, fort. Les changements sont maintenant très visibles. Trop parfois, quand son caractère affirmé et son discours volubile me surprend. Mais je vais m’y faire hein…Faire le deuil de ma petite fille paisible et introvertie, pour apprécier plus que tout l’éveil à la Vie de ma grande fille libérée et épanouie..

MERCI.

Elle l’a fait !

(Article initialement publié fin avril 2012)

Mon Doux, mon Tendre, mon Incroyable Amour a franchi une étape plus qu’importante ce matin : elle est allée en classe !

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Malgré son angoisse profonde, sa peur de l’échec, sa crainte (infondée) de voir annulées ses permissions de sortie si cela ne se passait pas « bien »…
Rassurée par les soignants, accompagnée et soutenue par l’institutrice (merciiiiiiii à elle), ma Perle a pris son cartable, franchi la porte de l’Unité, marché en tremblant dans les couloirs sinueux de l’hôpital et est entrée dans la salle de classe.
Elle a « travaillé » une heure !! Rendez-vous compte ! Une heure sereine et paisible, entourée de l’attention et de la bienveillance des intervenants.

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Je suis si fière de toi, ma puce, si heureuse pour toi. Ton infirmière m’a raconté la joie dans tes yeux, ton coeur léger et ton sourire. Elle m’a dit comme ma petite fille était heureuse et fière d’elle.

Comme j’aurai aimé être là aussi, pour te serrer fort dans mes bras, pour t’exprimer le bonheur que cette étape de franchie m’apporte.
Comme j’ai hâte de t’entendre ce soir, nous raconter (ou pas !) cette première heure de classe. Entendre ta voix qui pétille, tes mots tendres.

Mon Doux, mon Tendre, mon Incroyable Amour

Tu as entrepris, il y a plus d’un mois maintenant, une dure bataille contre tes démons. Et ils cèdent un par un, devant ta détermination, ton courage, ta force.

La guerre n’est pas gagnée, encore, mais quelle belle Victoire !

Je t’aime. 

 

Continuer de vivre.

(Article initialement publié en avril 2012)

Prendre de la distance, se préserver…C’est un peu ce que je fais ces derniers jours, omettant de raconter jour après jour l’évolution de ma Perle.

Après des semaines noires, à oublier de vivre, à ne penser qu’à elle, je m’autorise [avec un peu beaucoup de culpabilité quand même] à reprendre le cours de ma vie, à relever la tête, à ne plus négliger la Tribu.
Un nouveau rythme s’est mis en place, insidieusement, sans que je n’y prenne garde.

Un rythme sain pour mes petits, qui s’autorisent de nouveau à être Eux, avec leur chahut, leurs rires et leurs cris.

Un rythme sain pour la Hutte, qui négligée, sombrait dans le chaos.

Un rythme sain pour mon corps qui, après une grippe, une angine, retrouve forme et dynamisme, appêtit et vigueur.

Mais je n’oublie pas, non. Le rituel est bien là : le matin, un appel aux soignants, pour m’encquérir de sa nuit, de sa forme (physique et morale). Et le soir, son appel à elle, l’entendre raconter, rire. Elle oublie d’appeler, parfois. Même, des fois elle n’a pas envie.
Et nous nous en réjouissons. Son cheminement se fait, l’apaisement de ses angoisses est réel, malgré les craintes persistantes de l’équipe soignante, qui la voit régulièrement se replier, s’isoler, s’extraire de la réalité…

Notre Perle est à la maison ce soir, pour deux petits jours de permission. Malade (une angine), mais sereine. Fatiguée, très fatiguée, mais souriante.

Les semaines qui arrivent vont être chargées pour notre fille. Dès Lundi, elle intègrera l’école de l’hôpital. A son rythme, bien sûr. Mais l’objectif est posé : préparer sa réintégration à l’école, ici.

Perle va maintenant rentrer à la maison tous les week-ends [sauf évènement négatif], et va devoir travailler sur son retour ici. Reprendre contact avec ses camarades de classe. Avec l’enseignante.

Commencer à envisager son retour, s’y préparer mentalement.

L’espoir est là. Il reste de grandes zones d’ombres, des périodes de tristesse et de violence, des moments de repli. Mais ma puce avance, progresse.

L’espoir est là. Je m’y accroche, pour ne pas sombrer encore, pour ne plus pleurer lorsque je passe devant sa chambre vide. Pour croire que nous avons fait le bon choix. Pour qu’elle nous pardonne, un jour.

chemindevie

Une Tribu réunie !

(Article initialement publié en avril 2012)

Je pourrais raconter comme elle a ri…

Je pourrais décrire les parties de chatouilles à n’en plus finir…

Je pourrais parler des rasades de câlins que l’on s’est versées..

Je pourrais vous dire comme les éclats de joie de la Tribu ont réchauffé mon coeur…

Je pourrais, tant et tant, vous raconter minute par minute ces 24 petites heures que nous avons passées, ensemble, tous les sept.

Mais je vous parlerais juste de la douceur de sa peau, chaude et veloutée, quand elle s’est levée ce matin.

Je vous dirais juste comme son sourire et sa voix claire ont résonné et apaisé la Hutte.

Je vous dirais juste quel bonheur c’était de voir tous mes enfants réunis, à table…Ou blottis les uns contre les autres.

Comme le brouillard s’est déchiré, en lointains lambeaux, pour laisser place au Soleil dans nos âmes.

Je clamerais juste, haut et fort, comme je suis fière de ma Perle. Comme elle nous a montré son courage, sa force, sa volonté.

Quand l’espoir s’enracine.

(Article initialement publié en avril 2012)

Permission de sortie.

Trois petits mots qui représentent tellement pour nous tous. Trois petits mots que la psychiatre a enfin prononcé ce matin.

Attention, explosion de joie : « Yiiiiiiiiiiiiii – Haaaaaaaaaaaaaaaa !!!! »

Ma Perle a donc enfin l’autorisation de passer une nuit avec nous, à la maison.

Depuis 8 jours que son nouveau traitement est mis en place, notre fille s’ouvre chaque jour un peu plus, prend confiance en elle et accepte enfin d’être accompagnée dans son cheminement.
Alors, bien sûr, cet épanouissement ou plutôt cette désinhibition subite, brutale, m’angoisse un peu. L’artifice de ce bien-être m’inquiète, tant par sa soudaineté que par le chamboulement de voir ma douce et paisible enfant se transformer en pré-adolescente souriante et quelque peu distante…

Mais, je sais que ce processus est inévitable dans le cadre de son hospitalisation.

Et les psychiatres et soignants nous ont rassuré, encore, sur leur volonté d’aider la puce à trouver ses propres outils-ressources et ainsi diminuer puis stopper ce traitement.

Ils restent vigilants, et nous demandent de l’être également, pour surveiller l’évolution de cet épanouissement. Afin qu’il reste serein et gérable par Perle, sans euphorie excessive ou désinhibition totale.

Et les molécules ont fait leur boulot. Perle est fière d’elle, enfin consciente des progrès accomplis, entièrement d’accord pour travailler sur ses angoisses, pour progresser, évoluer.

Et c’est tout ce qui compte, là, tout de suite. Que ma Perle affiche encore et encore ce sourire. Qu’elle oublie encore de nous appeler, trop occupée dans ses diverses activités. Que les soignants nous racontent encore les blagues et jeux de mots qu’elle débite plus vite chaque jour.
Qu’elle devienne Elle, enfin…