Grandir n’est pas toujours un jeu d’enfant (ressources et liens utiles)

Etre parent d’adolescent me paraissait simple et évident. Je pensais que mon vécu, mes expériences et ma bienveillance seraient suffisants. Que l’amour immense et inaliénable que j’éprouvais panserait leurs blessures, apaiserait leurs fièvres.
Mais tout cela n’a pas suffi.

Et il me faut apprendre, tâtonner  chercher, essayer encore et toujours. Pour mieux les comprendre, mieux les accompagner, les guider.

Prems connait des moments difficiles depuis quelques mois, elle se perd dans des ses désirs et butte face aux attente d’une société trop conformiste, trop rigide.
Deuz, depuis toujours, exprime un mal-être, une souffrance que l’entrée dans l’adolescence transforme en rébellion, en violence et agression.

Je suis démunie, inapte à apaiser leurs souffrance. Alors j’ai appelé à l’aide, chercher sur quel support, vers quelle structure m’appuyer.
J’ai trouvé des lectures, pour tenter de percer le mystère de l’adolescence, et j’ai surtout trouvé un lieu bienveillant où déverser mes doutes et mes peurs. Un espace de paroles, pour nos enfants d’abord, pour nous parents ensuite.

Vous trouverez ci-dessous une liste de quelques livres et les coordonnées de la Maison des Adolescents de l’Isère, qui nous a offert à ma fille et moi, un temps bienveillant, attentif et respectueux.

ADOS EXPLIQUES A LEURS PARENTS (LES)

« Les Ados expliqués à leurs parents » par Marie-Rose MORO aux éditions Bayard.
Réunis en grands thémes (les secrets, les apparences, les conduites à risque,…) cet ouvrage regroupe des centaines de questions que se posent les parents au sujet de leurs adolescents (Que faites-vous exactement sur MSN ? Pourquoi ne peut-on plus entrer dans votre chambre ? Pourquoi semblez-vous perdus sans vos amis ? etc.). À chaque question correspondent plusieurs réponses d’ados, qui permettent aux adultes de mieux comprendre leur univers et leur état d’esprit. À la suite de ces réponses, Marie-Rose Moro livre son décryptage, en s’appuyant sur son expérience et son analyse personnelle de la situation des adolescents aujourd’hui. Son discours, rassurant, éclairant, sera utile aux adultes et les aidera à mieux se situer par rapport à leurs adolescents.

« Paroles pour adolescents, ou le complexe du homard » par Françoise et Catherine DOLTO, aux éditions Folio Junior.
Un adolescent, disait Françoise Dolto, c’est un homard pendant la mue : sans carapace, obligé d’en fabriquer une autre, et en attendant confronté à tous les dangers. Découverte de soi, sexualité, révolte, tentations de la violence, de la drogue ou de la dépression : à tous ces défis, Françoise et Catherine Dolto essayent de répondre. Elles s’adressent aux adolescents, mais aussi à leurs parents et aux éducateurs. Parler directement aux adolescents au lieu de parler d’eux : telle aura été la dernière audace de la grande psychanalyste, auteur de Lorsque l’enfant paraît et de La Cause des enfants.
Ce livre veut fêter la force de vie des adolescents, leur capacité à inventer l’avenir car, pensent F. Dolto et C. Dolto, la société changera sous la pression des jeunes.

Logo Maison des Adolescents Isère

Un lieu d’écoute et d’accompagnement

Tu as entre 12 et 21 ans ; tu te poses des questions et tu ne sais pas à qui en parler. Tu n’as plus envie d’aller en cours ou de poursuivre tes activités. Plus rien ne t’intéresse et tu ne sais pas comment le dire et personne ne te comprend. Tu es triste ou inquiet parce que quelqu’un dans ton entourage va mal ou est parti et tu ne sais pas avec qui en parler…Des professionnels sont là pour te recevoir en toute confidentialité et pour t’aider à trouver des réponses à tes questions. 

Un espace « accueil » : des éducateurs, des assistantes sociales, des conseillères de centre de planification, des psychologues.
Un espace « santé » : des consultations médicales, des entretiens infirmiers, des ateliers thérapeutiques.

(prochainement, un article-ressources sur le quotidien et surtout le sommeil des tout-petits)

Une ombre.

(Article initialement publié en mars 2012)

La voir, l’embrasser, la serrer fort fort dans mes bras….je l’ai fait, ce matin.

Mon doux, mon Tendre, mon incroyable Amour…qui n’est plus qu’ombre lasse et sans vie. Un fantôme. Ma fille, mon ange, ma vie…que j’ai eu peine à reconnaître derrière ce corps meurtri et replié.

D’abord, alors que nous bouillonnions de voir notre Perle, la psychiatre, le médecin interne et l’infirmière référente de notre Perle ont souhaité nous rencontrer seuls. Ils nous ont fait le retour sur ces derniers jours. Très inquiétant. Perle souffre d’encoprésie depuis le début de ses souffrances en 2008, et atteint ce jour un point critique à la limite de l’occlusion. Elle a rencontré une gastro-pédiatre, qui a pratiqué une radio. C’est alarmant. Mais la puce refuse tout traitement. Ils ne veulent pas la soigner de force, mais sans coopération de sa part d’ici un ou deux jours, elle devra aller en pédiatrie pour « subir » ce soin, avant l’occlusion.

Puis nous avons parlé de la vie de Perle, de notre vie à nous, de ce qui se passe actuellement pour le reste de la Tribu.
La psychiatre nous a mis en rapport avec la psychologue de leur Unité, car elle s’inquiète pour nous. Nous la rencontrerons la semaine prochaine.

Puis une infirmière est allée chercher notre Fille.

Est apparue une petite fille éteinte, morne, en mauvais état physique. Son regard vide me hante encore. Elle avait son sac sur le dos, réclamant à ce qu’on l’emmène.
Nous avons tenté de dialoguer avec elle. Elle s’est repliée sur-elle même.

Nous avons quand même dit des choses, pour qu’elle les entende.

La ré-assurer sur notre amour pour elle (lors de ses entretiens avec la psychiatre, elle avait évoqué sa peur terrible de nous savoir en mauvaise santé, ou que l’on déménage pendant son hospitalisation…)
Puis, on a décidé d’abréger la visite, vu son angoisse.

Je l’ai accompagnée dans sa chambre pour récupérer le linge sale, et lui donner les présents que ses frère et soeurs avaient préparés.
Toutes ses affaires sont mises sous clé, car elle s’obstine à refaire inlassablement sa valise, pour rentrer.

Au fil des minutes, dans sa chambre, elle s’est un peu détendue. Elle a été contente de découvrir les courriers de ses soeurs et cousine, le petit magazine qu’on lui a apporté, les tenues neuves etc…

Et notre départ a été assez paisible. Elle nous a embrassés, mais est restée sagement dans sa chambre avec son infirmière.

La psychiatre pense que peut-être ce serait plus aidant pour Perle si nous venions plus souvent en entretien. Nous allons donc surement nous voir 2f/ semaine.

A notre retour à la Hutte, j’ai appelé l’Unité pour prendre des nouvelles. Qui étaient légèrement positives. La puce a accepté de manger, en tête-à-tête avec son infirmière. Elle a reçu du courrier à midi, et a apprécié ces marques d’attention. Elle a même lu un peu le magazine sur les chiens que nous lui avons apporté. Elle a accepté de prendre ses médicaments.

Son infirmière m’a aussi rassurée, sur les jours précédents. Elle avait pu faire une séance de relaxation avec la puce, Mardi, du massage de mains. Elle a vu notre Perle communiquer et jouer un peu avec d’autres enfants, en général juste après avoir pris son traitement neuroleptique.

Donc on espère que le fait de nous avoir vus, d’avoir compris que non, on ne l’abandonne pas, rien ne bouge ici en l’attendant…mais qu’on était sûrs de cette décision, qu’elle resterait là-bas le temps qu’il faut..va lui permettre de lâcher prise et d’accepter leurs sollicitations…

Elle peut nous appeler ce soir.

Je suis rassurée par ce soutien toujours constant de l’équipe, leur bienveillance, leur volonté de soulager notre fille…

Et catastrophée d’avoir vu mon Amour dans cet état d’apathie, de vide, les lèvres à sang, tellement elle se les mange….Pas lavée, ni coiffée, ni changée depuis 4 jours (elle refuse tout contact, ne répond pas à leurs demandes)..

Dans un premier temps, l’équipe des soignants souhaite une seule chose : que la puce accepte de prendre soin d’elle (hygiène corporelle, traitement pour sa constipation, tenue vestimentaire) et qu’elle arrive à s’aimer en tant qu’ELLE, et non uniquement en tant que petite fille à son père et moi, qu’elle s’accepte.

Le reste, plus tard….