Ici et nulle part ailleurs

home

Chez nous. Chez moi. Home Sweet Home.

Longtemps,  je me suis sentie à l’étroit dans cette petite maison « Playmobil » comme je l’appelle. Longtemps, je l’ai même détestée, pour ses pièces trop petites, confinées. Souvent, j’ai tapé dans ses murs en carton, pesté contre ses malfaçons. Je surfais de site immobilier en site d’annonces pour trouver un nouveau foyer, plus grand, avec plus d’âme, plus « mieux » quoi, comme disent les petits.

J’échafaudais des plans sur la comète pour la fuir, je rêvais le jour où je la quitterais sans me retourner.

Mais, insidieusement, par de petits riens qui font toute la différence, la Hutte et moi nous sommes apprivoisées. Et hier soir, j’en ai pris conscience. Depuis combien de temps n’ai-je pas cherché sur Internet un nouveau logis ? Depuis quand n’ai-je pas râlé contre ma chaumière ridicule ?

Je ne sais pas. Je ne sais plus. Mais j’ai réalisé, soudain, que cette Hutte, imparfaite et mal agencée, était mon chez-moi, leur chez-eux. Notre CHEZ-NOUS.

Quand je ne dis plus « va jouer dans le terrain », mais « dans le jardin » : mon trop grand jardin, sauvage et désordonnée. Qui contient tant de souvenirs de jeux, de cabanes construites, de cache-cache et de parties de foot endiablées. Qui abrite Maman Hérisson, qui vient nous saluer chaque année. Et Monsieur Merle, toujours fidèle au poste avec sa compagne. Caché sous le sapin de notre premier Noël ici. Un sapin qui s’élève haut maintenant, symbole de ces années qui passent.

Quand je connais chaque recoin de chaque pièce, que les yeux fermés, je sais où trouver les premiers gribouillis « rupestres » de Prems. Là, cachés dans la penderie de la chambre du fond, ma chambre maintenant, où elle avait précautionneusement tracé des lignes sur le mur, pour graver ses premiers mots.

Quand je me souviens des premiers pas de Championne, là, dans le salon, accrochée aux poils de notre toutou, il y a 9 ans. Ou quand je peux refaire, au centimètre près, le trajet « d’entraînement » de Fiston, qui inlassablement trottinait du canapé au comptoir pour parfaire sa marche.

Quand j’ouvre les volets, chaque matin, et que je suis saluée par le chant des oiseaux de MES arbres, tous les jours, inlassablement.

Quand la journée est rythmée par les cloches de l’église et que la voix de mes enfants retentit à l’heure de la récréation.

Quand c’est CHEZ NOUS que la famille se réunit pour les barbecues estivaux.

Quand, chaque jour, j’emprunte MA route pour revenir du travail. Tous ces virages et ces routes de campagne qui petit à petit, laissent les habitations pour céder la place à des champs de coquelicots et des bois fournis.

Et quand j’imagine ma vie sans eux, mes cinq petits, ici, toujours, pour les voir revenir souvent. Les accueillir eux et peut-être un jour leur famille. Ouvrir ma porte comme je leur ouvre mes bras.

Toute petite maison, bien mal fagotée, mais étayée d’amour et de souvenirs.

Notre CHEZ-NOUS. Oui, je sais que c’est ici et nulle part ailleurs.

fleurs

C’était comment, avant ?

Après un mois de Décembre plus qu’éprouvant, au rythme soutenu, je suis enfin en Vacaaaaaaaances !! (On sent bien mon excitation ??)

Pourtant, ce n’est pas le travail qui m’a achevée, au contraire, presque des instants de répits dans mes journées bien remplies. Courir entre deux sorties de collège, un entraînement de foot et les multiples tâches qui incombent à toutes les mamans, me voici lessivée, kapout, achevée.

Me voilà donc en congés, enfin. Prête pour gérer une Tribu excitée, fatiguée et turbulente. Pour toujours assumer le quotidien de la Hutte. Mouais, des vacances, mon œil, lol ! Enfin, le seul avantage est que je vais dormir la nuit. Toutes les nuits pendant presque 4 semaines ! Ah ma couette chérie !

Je suis d’humeur bien guillerette ce matin (pourvu que ça dure !). Et en lisant Mme Déjantée, j’ai eu envie à mon tour de faire une petite rétrospective de ma petite vie.

  • Il y a un an, je finissais mon remplacement au Centre Maternel, sans savoir que cette expérience allait changer le cours de ma vie. Le quotidien de Perle était un cauchemar et la tribu se perdait dans ses difficultés.
  • Il y a deux ans, je vivais les presque derniers instants lactés avec mon Toutpetit.
  • Il y a trois ans, j’étais toute entière dévouée à mon dernier-né, et la Tribu croissait sans moi. Mais grâce à une bande de filles extra, je reprenais pied dans la réalité.
  • Il y a quatre ans, je fêtais la fin de l’année, gonflée comme une baleine échouée, dans les rires et la bonne humeur. Notre couple se reconstruisait doucement.
  • Il y a cinq ans, je vivais un cauchemar dans mon boulot, harcelée, dominée. Je perdais pied sans savoir que le meilleur était à venir.
  • Il y a six ans, j’obtenais – enfin !! – mon permis de conduire. Une nouvelle vie s’offrait à moi.
  • Il y a sept ans, le début du cauchemar commençait pour Perle. Ma vie de couple n’était pas sans heurt, et la routine bien usante.
  • Il y huit ans naissait ma dernière fille, ma crevette. Je me sentais presque complète .
  • Il y a neuf ans, nous prenions possession de la Hutte, toute neuve et rutilante. Je découvrais une vie rurale et simple.
  • Il y a dix ans naissait ma Perle. Année magique et sereine.
  • Il y a onze ans débutaient les crises de Deuz, avec son lot de larmes et de cris.
  • Il y a douze ans, j’épousais l’homme de ma vie.  Mariage bâclé, hâté, avec un arrière-goût d’inachevé. Il y a douze ans naissait ma Deuz. Ma vie de femme prenait petit à petit tout son sens.
  • Il y a treize ans, je découvrais la prochaine arrivée surprise de Deuz. Mon monde s’écroulait. Je mettais un terme forcé à un tout début de carrière.
  • Il y a quatorze ans naissait Prems. Je devenais Maman. Je débutais une carrière aux côtés de mon père chéri, sans savoir que tout allait tourner court.
  • Il y a quinze ans, je prenais un tournant décisif dans ma vie, en lâchant mes études. Virée de mon job, désœuvrée, je trouvais réconfort dans les bras d’un jeune homme, sans savoir que ma VIE venait de commencer.
  • Il y a seize ans, toute jeune adulte, je découvrais les nuits blanches, les beuveries entre copines, le goût de l’interdit et du fruit défendu.
  • Et avant, je ne me souviens plus très bien, mais me restent quelques images dorées d’une enfance protégée, de moments complices entre sœurs, des chansons de Lenorman chantées à tue-tête pour Noël, des petits présents tendres de mon Papa pour le Nouvel An.
Et vous, c'était comment avant ?

Et vous, c’était comment avant ?