Brèves de tribu #2014-04

journal

Après quinze jours d’invasion microbienne, je retrouve doucement mon énergie et ma speed-itude [ouais, j’invente des mots si j’veux!] naturelle et tente de rattraper tout le retard accumulé dans les tâches ménagères/mon boulot/le suivi des enfants etc…

Ces deux dernières semaines ont pourtant été marquées de petits bonheurs, d’instants câlins et de bisous fondants.

Février est le mois de mon Fiston, avec ces 5 ans tout ronds pour cette année. Un fiston qui grandit toujours à son rythme particulier, bien plus axé sur les engins de chantier/camions de pompiers/hélicos de police, que sur ses apprentissages cérébraux ou moteurs.

Il ne sait peut-être pas compter jusqu’à 12, mais connait par cœur le nom de chaque engin qui croise notre route.

Il n’est peut-être pas très porté sur l’écriture, sur les boucles bien faites et les quadrillages bien perpendiculaires, mais il peut, d’un coup d’un seul, construire un avion futuriste perfectionné avec ses petits Légos.

Il n’arrive peut-être pas à articuler correctement plus de trois mots dans sa phrase, il est encore et toujours fâché avec la conjugaison [donc il n’utilise que l’infinitif des verbes, c’est plus simple hé hé], mais il sait remplir le lave-vaisselle et faire une purée [atouts certains pour sa future vie amoureuse, n’est-il pas?]

Mon toutpetit, mon blond charmant. Mon bagarreur, mon boudeur. Prends bien ton temps, il file si vite pour moi…

Entre deux rechutes grippales, j’ai tenté de motiver Prems à travailler ses cours – enfin ! – expédiés par le CNED. Une masse de travail imposante pour une ado bien nonchalante.

Pas évident de la soutenir dans ses apprentissages, quand toute parole maternelle est détournée, quand chacun de mes propos la heurte. Partagée entre mon envie de la materner, de lui laisser le temps de progresser dans son travail psychologique, et l’envie non moins forte de la secouer comme un prunier, de la sortir manu militari de sous sa couette, de la voir vivre pour elle et sans nous.

Il y a Deuz aussi. Qui s’enfonce lentement dans la dépression, malgré notre soutien, malgré son entourage amical, éducatif, qui fait tout pour la sortir de son marasme. Mais rien ne semble l’atteindre, aucune de nos attentions n’a d’impact sur son moral.

Mais il y a aussi Perle. Qui continue sereinement son chemin, dans les rires et même l’exubérance parfois ! Qui excelle à l’école et s’épanouit à la maison. Elle n’hésite plus à s’affirmer, toujours dans la bonne humeur et l’humour potache.

Il y a notre Championne. Qui se passionne pour les Jeux Olympiques. Qui profite d’un coriace rhume qui la cloue au lit pour se gaver de biathlon et autre patinage artistique. Elle garde le sourire malgré la fatigue. Et doit d’ailleurs être vraiment bien affaiblie pour ne pas rouspéter face aux entraînements loupés, aux matches non disputés.

Et enfin il y a Nous. Deux adultes noyés dans la masse. Déboussolés, malmenés dans ce rythme trop soutenu. Aucune pause, aucun répit. Une communication rompue, des incompréhensions, de la rancoeur et des doutes, qui nous font perdre pied et creusent un sillon douloureux dans notre Amour. Alors ce soir, nous nous mettons sur Pause. Une pause d’amoureux, en ce jour consacré. Juste nous deux. Pour ne pas rompre le fil aimant qui nous lie depuis 17 ans. Parce que l’on s’aime, tout simplement.

Aimez-vous les uns les autres, aimez-vous égoïstement, chérissez-vous, prenez soin de vous !

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Docteur Mamour et moi, ou une histoire de rendez-vous manqués

Je ne suis pas une mère très inquiète, très stressée. Je ne l’ai jamais été. A la naissance de ma fille aînée, il y a fort fort longtemps, je n’ai pas ressenti cette bouffée d’inquiétude qu’apparemment de nombreuses mamans ressentent. Ni à la naissance de Deuz, ni à celle de Perle, ni à….bon vous avez compris, quoi !

Non, je n’ai pas compté tous les doigts, orteils et autres extrémités. Non, je n’ai pas tremblé  à la vue d’un nez qui coule, d’un poumon qui ronfle ou d’un bouton purulent. Peut-être parce que la Tribu, en bas âge, n’a été que très rarement malade.

Les médecins et moi, c’est une histoire de rendez-vous manqués. Déjà pour les visites obligatoires. Genre, oublier d’appeler Dr Mamour pour les vaccins, s’en rendre compte un an après, apporter d’un coup d’un seul 4 carnets de vaccinations (et les enfants qui vont avec), se faire tirer les oreilles (clin d’oeil à Mr P., mon instit de CM2, champion du tirage d’oreilles), se repentir et …. de nouveau oublier, laisser les ordonnances moisir au fond de mon sac…s’en rendre compte au bout de 6 mois…bis repetita…

J’ai pu ainsi laisser agoniser (oh c’est bon hein, faut bien les endurcir ces petites bêtes) Fille Aînée avec une scarlatine carabinée, Louloute avec une infection indéterminée (d’ailleurs, quand enfin – au bout de 2 semaines à voir ma fille se traîner lamentablement – j’ai décidé de consulter, la prise de sang a révélé que l’organisme (bionique certainement) de la puce avait combattu cette infection).

Je mise un peu trop sur la résistance de mes enfants. Mais preuve s’il en est, que de n’avoir jamais consommé d’antibios ou autre drogue les a immunisés. Ils ne sont JAMAIS malades. Sauf quand ils sont malades bien sûr…

Comme Fille Aînée, qui, hier, enfin avant-hier, ou peut-être il y a 15 jours je ne sais plus bien, me demande d’appeler Docteur Mamour pour une vague histoire de douleurs, je sais pas, j’ai pas écouté..

Et qui me le rappelle, encore et encore…

Donc, harcelée, lassée, je me laisse convaincre de passer un petit coup de fil à Docteur Mamour…Enfin, à sa standardiste plutôt. La dragonne. Celle qui a le pouvoir de te décrocher un rendez-vous à 20h12 dans 6 mois (peut-être, si il y a une canicule qui élimine quelques vieux d’ici-là).

La dragonne, disais-je. Oui, je l’imagine bien, ronflante et sifflante, combiné à la main, vernis dans l’autre. Feuilletant vaguement un magazine (qui te laisse croire, à l’autre bout du combiné, qu’elle cherche désespérément un créneau dispo pour ta pauvre fille à l’article de la mort). La dragonne qui, avant de te délivrer le précieux rendez-vous, se permet, dans toute sa compétence médicale, de faire son petit pronostic concernant les maux de ton enfant.

Moi :« Bonjour, j’aimerais prendre rdv avec le Docteur Mamour, s’il vous plaît »

La dragonne : « C’est pour quoi ? »

Moi : « Pour boire un coup un enfant malade »

La dragonne : « Qu’est-ce qu’il a ? »

Moi : « Euh….(et là, tu noteras l’hésitation de ma part, entre le désir de ne pas étaler les maux de Fille Aînée, et la crainte de voir échapper un rendez-vous rapide si je n’explique pas en détail le souci)….euh….elle a mal quand elle *bip bip* (je me vois dans l’obligation de ne pas dévoiler le mal dont souffre Prems, au risque de me voir bannie de sa friendlist FB)

La dragonne : « Bon, elle a mal, maaal ou mal mais pas trop ? Nan, parce que vous savez, j’en ai vu moi des *bip bip*, et on s’affole pour rien, hein. Vous avez essayé de lui donner un anti-douleur, une baffe, de la coke ? (liste non exhaustive) »

Moi : « Elle a mal, MAL !! et je voudrais un rendez-vous s’il vous plaît ! »

La dragonne: « Mmmhh…mouais, c’est que Docteur Mamour est bien plein, hein, alors faut vraiment qu’elle ait mal mal mal, là…. » 

Moi : « Oui, elle a trèèès mal, elle souffre, se tord, me supplie à genoux de consulter là » (je fais très bien la mère paniquée quand je veux)

La dragonne : « Mouais…attendez un instant »

J’attends donc un instant. Puis deux instants, puis trois….Bref, j’attends 18 minutes avec une charmante mélodie en fond sonore, d’ailleurs j’ai perdu un tympan et ma résistance nerveuse, avant qu’enfin la Dragonne daigne m’accorder le sésame, c’est-à-dire un rendez-vous ce soir pour Fille Aînée.

Que j’avertis immédiatement par sms, pendant son cours de Maths mais c’est pas grave, pour lui montrer à quel point je suis une mère attentionnée et attentive aux besoins/maux de mes enfants.

Elle me répond, hystérique et folle de joie : « Oh merci ma mamounette chérie d’amour, que j’aime tant » (si si elle a dit ça, enfin c’est ce que j’ai déduit de son « ok ») et là, elle rajoute « j’en profiterais pour montrer au Docteur Mamour ma cheville, tu sais, celle que j’ai tordue il y a 6 mois, que tu m’as dit que t’allais appeler le Docteur, mais que tu l’as pas fait et j’ai toujours un peu, oh si peu ! mal, et maintenant mon pied est complètement pété, ce qui n’est pas pratique pour mettre mes chaussures »

Oups…

Brèves du Mercredi

(Article initialement publié le 14/11/2012)

malade

Malgré mes bonnes résolutions pour être plus régulière sur mon blog, le temps passe, la vie file et je me fais rare…

Bon, j’ai une excuse en béton, on sort tout juste de l’enfer….euh pardon, des vacances scolaires….Je suis laminée…

Mon corps m’a lâchement trahie en pactisant avec la maladie, je me débats depuis une semaine contre la fièvre, la toux et la migraine.
Et il me faut quand même courir entre les horaires hâchés de mes Collégiennes, le Judo de Perle, les entraînements de Foot de ma Louloute, mes nuits de service et…tout le reste…

Oh je ne me plains pas, loin de là….Sauf qu’avancer dans le brouillard, avec des marteaux-piqueurs dans la tête, me compliquent prodigieusement la tâche et que je ne suis pas la plus tolérante et « peace and love » des mamans en ce moment…Et ça, ça m’agace…

Sinon, ma Tribu m’a souvent redonné le sourire.

Par exemple, quand Perle, à la sortie des classes, m’annonce « qu’elle va virer son AVS, faute d’en avoir besoin »….

Quand mon ToutPetit est enfin serein à l’idée de dormir seul, dans son lit et dans sa chambre, sans une grande soeur en cododo.

Quand mes trois petits s’extasient et sont tout calmes devant un vieux film de Chaplin.

Quand je les entends, à l’instant, glousser et ricaner, enfermés dans une chambre…J’aurais bien le temps de découvrir quelle connerie a été faite…

Côté boulot, c’est la routine… De longues heures de veille, à veiller pas grand’monde… J’attends avec impatience des nouvelles fraîches du Foyer des Enfants, j’espère y retourner très vite…

Côté perso, après une période où je me sentais la Reine du Monde, femme active, mère au foyer efficace, un genre de Shiva quoi….je me sens à nouveau une moins que rien, grosse dondon et feignasse….On va dire que c’est la saison qui veut ça…

D’ailleurs, c’est quoi cette saison ? Pas un brin de soleil pour profiter des jours d’automne…Pas de répit pour prendre soin du jardin, qui s’étouffe sous les feuilles mortes, les débris végétaux (et tribu-esques) en tout genre…

Enfin…..vivement le Printemps…

Brèves de Tribu

(Article initialement publié mars 2012)

En ce dimanche 4 mars, tout gris, il y aura :

  • une ado et une mini-bulldozer vaincues par la grippe ;
  • une Perle en balade chez sa copine, le temps des adieux est arrivé ;
  • une montagne de linge à laver, repasser, ranger en vue de son départ ;
  • un Estomac sur pattes de trois ans qui enchaîne les caprices pour se goinfrer de gâteaux ; de longues heures pour cogiter ;
  • une migraine lancinante qui ne veut pas céder….

Après une semaine magnifique, gorgée de soleil – premier repas sur la terrasse hier, le printemps est retourné sous sa couette et nous laisse sous un ciel plombé et morose.

Comme notre moral. Les heures filent et se rapproche l’heure du départ de notre Perle.

Mais il va falloir reprendre le dessus, continuer à avancer, préserver la Tribu toute entière, se câliner, s’aimer à outrance à chaque minute qui passe.

Je vous souhaite un très doux Dimanche, à profiter de petits bonheurs simples.