A défaut de ressources, faut en avoir ! (de la ressource)

comptes

Ou comment va falloir que j’apprenne à gérer mon budget !

Vu que j’ai arrêté de travailler, nos revenus ont considérablement baissé. Par conséquent, notre train de vie aussi. Déjà que ce n’était pas le TGV (notre train de vie), là c’est carrément un funiculaire de montagne !

Il a donc fallu se sortir les mains des poches, trouées, pour compter nos piécettes et imaginer une routine de vie plus économe.

Nous partions déjà avec un GROS handicap, nous sommes dépensiers et de très mauvais gestionnaires : on ne tient pas nos comptes, on prévoit pas, on calcule rien….et hop ! Catastrophe et désespoir chaque fin (milieu ?) de mois.

Heureusement, nous étions loin d’être à plaindre niveau sousous, donc ça allait tant bien que mal.

Mais là, y a un salaire en moins (et les avantages qui vont avec, comme les tickets resto, les aides pour les vacances et les fournitures scolaires etc..).

Donc, il faut faire attention chaque mois et aussi anticiper, prévoir (oh tout de suite les gros mots!!), afin que notre tribu s’en sorte honorablement toute l’année.

♦ Déjà, comme j’en ai parlé ici, on a arrêté de fumer, ce qui était un groooos poste de dépense.
Pour tout vous dire, les économies faites en n’achetant plus de tabac compensent quasiment la perte de mon salaire.

♦ Deuxième poste de dépense en moins : la cantine de Fiston. Vu que je suis à la maison, il rentre manger le midi. Ça nous permet d’avoir plus de 2 heures ensemble pour jouer (ou s’insupporter!) et ça m’enlève plus de 100€ de dépenses par mois. Les points négatifs sont que Fiston ne mange plus du tout équilibré (oui je suis toujours aussi fâchée avec la cuisine) et que je ne peux pas m’absenter ou prévoir quelque chose avec Perle sur la journée.

♦ Troisième poste de dépense allégé, les frais d’essence : je faisais 90 km/jour pour aller travailler, soit près de 200€ par mois pour remplir Titine. Plus de boulot, plus de voiture !

Donc c’est près de 3 pleins économisés par mois !

♦ Le gros point négatif reste notre budget nourriture, qui reste très conséquent alors qu’on mange très mal, il faut l’avouer. Nous sommes assez feignasses, n’aimons pas cuisiner, et la facilité nous appelle souvent à aller acheter plusieurs fois par semaine de quoi nous restaurer sans trop cuisiner.

Ce qui revient cher, hein.

J’aimerai vraiment tendre à une alimentation plus saine et variée, voir locale et bio.

Pour cela il faudrait que je cuisine en gros pour congeler (et nous sommes 7, pfff), prévoir les menus (mais même en prévoyant des plats simples et rapides, je n’ai pas envie de les cuisiner …), trouver des commerces locaux pas trop chers où me fournir en légumes etc.

C’est pas gagné, moi je vous dis !

♦ Sinon, point positif, on va peut-être pouvoir mettre un peu d’argent de côté, ce qui en presque 20 ans de vie commune n’est jamais arrivé (bon nous sommes les rois de la poisse aussi) !

Et donc, pouvoir  enfin soit … continuer les travaux, ou soit …. bah continuer les travaux ^^

♦  Autre gros chantier de l’année : la remise en route de mon potager. Après quelques années laissé en jachère, j’ai prévu de le replanter ce printemps : pieds de tomates et autres courgettes, à nous les beaux légumes du jardin à déguster cet été !

potager

Je suis débutante en potager, donc on y va à tâtons, en espérant trouver de bonnes âmes prêteuses de graines et de savoir-faire !

♦ Pour économiser de l’argent sonnant et trébuchant, j’ai copié l’idée lue chez Aurélia du blog Famille Nombreuse Famille Heureuse et pour l’instant on s’y tient ! (en même temps, on n’est qu’en février, on verra en Novembre ^^)

euros

Mais il reste encore à trouver des astuces pour les achats de fournitures papeterie/scolaire assez important avec l’IEF, les dépenses vestimentaires de la Tribu.

Je ne parle même pas d’imaginer partir deux/trois jours en vacances !

Vous faites comment vous ?? Des astuces d’économe ? Des bons plans ?

Et celui ou celle qui me trouve le moyen de manger bon, bio, local, pas trop cher et sans mettre la main à la pâte gagne la première salade de mon jardin ^^

Y a du courrier !!

courrier

Quand j’étais enfant, je me disputais l’honneur avec mes sœurs, d’aller « voir » le courrier. 

C’était la course jusqu’aux clés de la boîte aux lettres, une bataille sans mercis afin d’avoir entre nos mains le Saint Graal, c’est à dire quelques enveloppes et autres prospectus, qui revêtaient pour nous une importance capitale.

Nous espérions sans doute découvrir entre deux factures une enveloppe mystérieuse portant fièrement notre prénom.

Ce n’était que rarement le cas hélas, bien qu’à l’heure encore des échanges épistolaires et non virtuels. A l’occasion d’un anniversaire, d’un séjour au soleil, une carte bariolée parfois nous était destinée, cela s’arrêtait là.

Mais le temps a passé, les enfants que nous étions ont grandi, pris leur envol du nid familial et chacun installé sa boite aux lettres.

Doux plaisir s’il en est de coller impeccablement (ou pas) une étiquette à notre nom, sur une boite en métal. Parfois au milieu de dizaines d’autres, dans un hall d’immeuble, et enfin sur une belle boite neuve, entre un grillage et un portail, annonçant fièrement au monde postal, que cette maison nous appartient. Parfois même l’étiquette est remplacée au profit d’une rutilante plaquette dorée. Réussite suprême !

Seulement maintenant, quand j’entends les freins de la voiture jaune crisser devant ma boite, quand le bruit caractéristique du volet métallique résonne, signe que « C’est bon ! Y a du courrier !« , je ne fais plus la course avec mes enfants pour être la première à saisir le trousseau de clés. 

J’attends, et je tremble. J’attends que l’enfant rentre, chargé de son « trésor ». J’attends qu’il ait épluché consciencieusement la pile d’enveloppe, à son tour attentif à une hypothétique lettre lui étant destinée. J’attends qu’il trie méthodiquement, séparant celles « pour Papa » de celles « pour Maman », les anonymes glissées dans la liasse de prospectus. Prospectus que je concède bien volontiers à mes enfants, avides de promotion et de catalogues divers.

Et je m’avance, en tremblant.

J’ose enfin saisir le tas d’enveloppes délaissé par l’enfant. Et j’espère. Je croise intérieurement les doigts.

Que plus jamais je ne trouve CE courrier. Au logo bleu et jaune. Qui m’informe bien poliment, dans les règles de l’art, qu’une information préoccupante a été rapportée aux services de la Protection de l’Enfance. Ce courrier qui m’a coûté des nuits d’insomnie et de cauchemars. 

Plus jamais.

(Une enquête est donc en cours pour évaluer notre besoin d’accompagnement dans les soins médico-psychologiques de Perle. La situation est plus apaisée, nous avons été entendu.)

Noël en Janvier (ou un dimanche en famille)

Famille nombreuse et dispersée oblige, nous devons composer avec l’agenda surchargé de chacun pour nous retrouver.

Mes beaux-parents sont originaires du sud de la France et célèbrent donc Noël « en bas » comme on dit dans la Tribu.
Mes beaux-frères et belles-sœurs se partagent chacun dans leurs belles-familles respectives et nous, la Tribu, aimons nous retrouver  « juste » nous sept, les 24 et 25 décembre.

Mais il était impensable pour mes beaux-parents de ne pas réunir tous leurs enfants et petits-enfants autour du sapin pour la distribution de cadeaux et de baisers.
C’est ainsi que la tradition « Noël en Janvier » s’est installée. Tous les ans, nous nous rassemblons chez les grands-parents, amenant qui une entrée, qui un dessert, qui les boissons, et célébrons de nouveau la fête de Noël.

C’était donc aujourd’hui ! 

Une journée riche en rires et en jeux partagés, en verres levés et portraits tirés.
Il y aura eu, bien sûr, les inévitables débats à polémique – vite avortés, les clans d’adolescents ou ceux qui préfèrent s’isoler (la famille ça va bien cinq minutes). On aura vu aussi les plus jeunes jouer sur et sous la table, envahissant le petit salon de leurs jouets tous frais offerts.
On a trop mangé, à n’en point douter. On a évoqué le passé, ce temps qui file bien trop vite. On a parlé de Tonton Albert et Tantine Gilberte, ceux qui sont trop loin pour partager cette fête. On a dit du mal, on a comméré – les indispensables à une réunion de famille réussie.

Je ne vous montrerai pas les visages souriants et hilares, les accolades fraternelles et les embrassades filiales, par respect de la vie privée de chacun.
Alors, me reste ces souvenirs gourmands, que Monsieur Mon Mari et moi avons cuisinés trois heures durant, samedi soir.

Cakes chèvre/poulet rôti

Cakes chèvre/poulet rôti

Cake jambon/tomates séchées

Cake jambon/tomates séchées

Feuilletés au fromage et saucisse

Feuilletés au fromage et saucisse

Quiche aux lardons

Quiche aux lardons

Quiche au poulet

Quiche au poulet

Tarte au thon et à la tomate

Tarte au thon et à la tomate

Mousse au chocolat

Mousse au chocolat

Vivement l’année prochaine !

Mais avant, il y aura bien d’autres retrouvailles, d’anniversaires à célébrer,

de barbecues à réveiller de leur hivernage, d’apéros à siroter !

Brèves de Tribu #2015-01

journalCela fait quelques temps déjà que je n’ai pas écrit de brèves de Tribu.

Ce sera chose faite avec ce billet, où je vous convie à un petit tour de nos humeurs !

Et comme chez les Daltons, on fait ça du plus petit au plus grand !

Mon Boubou, ma Terreur, mon Fiston. Toujours aussi énergivore et survolté, mon tout petit approche à grands pas de ses six ans… J’en suis bien chamboulée. Six ans. L’année de l’entrée en primaire, la fin de la petite enfance pour beaucoup de « spécialistes ».
Mon Insomniaque, qui depuis longtemps maintenant, ne l’est plus. A quelques exceptions près, il enchaîne des nuits de douze heures sans sourciller, ne venant plus que très rarement coloniser le lit parental. A mon grand regret, je l’avoue. Je n’aime rien tant que sentir son petit corps chaud blotti contre moi, ses bras tentant de m’enserrer tendrement, ses cheveux blonds chatouillant mon nez. Voilà, mon bébé n’en est plus un et je ne le vis pas bien…. Mais ça va me passer, hein…Peut-être.

♥ Ma Championne, ma louloute, ma brunette insolente. Après quelques mois difficilement supportables, tant son insolence nous mettait à bout, ma petite dernière a retrouvé, un peu, de sa bonhomie naturelle. Oh, bien sûr, elle reste cette petite fille sur les nerfs en continu, pleine de répartie et de morgue, qui ne comprend pas que parfois, il vaut mieux se taire. Son année scolaire se passe sans qu’elle ne s’en soucie plus que ça, avec des résultats plus que moyens parfois tellement ma fille place ses priorités ailleurs : le foot, les copains, la farniente, le foot (ah ? Je l’ai déjà dit?)
Ses onze ans arrivent au galop, l’entrée au collège également, et je n’arrive pas à réaliser que ma toute petite est une presque grande

Perle, mon doux, mon tendre, mon incroyable Amour. Ma blondinette est une jeune femme à présent. A 12 ans, elle est entrée dans le cercle intime de « celles qui les ont ». Ce qui ne convient absolument pas à ma rêveuse. La réalité crue de son corps qui évolue, ces étapes de la vie qui lui font rappeler trop durement qu’elle ne pourra pas rester ma petite fille pour toujours. Et ces hormones, les vilaines, qui lui arrachent parfois des diatribes enragées, qu’elle entend sortir de sa bouche sans même les contrôler. Comme elle est surprise, abasourdie, de s’entendre nous répondre ainsi, elle qui jamais ne se rebellait contre l’autorité parentale.
Et la bataille qui fait rage. Qu’elle tente de gagner sans trop de conviction ces temps-ci. Malgré des résultats scolaires ahurissants, avec un bulletin de notes prodigieux, la scolarité de Perle est bien mouvementée. Elle n’arrive pas à prendre confiance en elle, ne se sent pas capable de réussir. Alors, les étapes se gèlent : pas d’augmentation de son temps de présence au Collège, des matins où elle n’arrive pas à sortir de la maison, un recul important de son investissement…. Je ne sais pas, je ne sais plus. Que va-t-elle devenir ? Demain, l’année prochaine, je ne vois pas d’issue favorable pour elle. Notre rythme professionnel ne nous permet plus de l’accompagner, de la soutenir comme nous le devrions, et je m’en veux terriblement. Nous nous sentons perdus, isolés.

♥ Deuz, ma Belle ReBelle. Qui, après un démarrage en trombe dans sa nouvelle école, se lasse et baisse les bras. Un gros coup de fatigue, une belle déprime, que sais-je. Ma Différence se terre dans son antre, se réfugie dans le sommeil à longueur de temps, retrouve ses mauvais réflexes d’agression et d’insolence hargneuse. Heureusement, notre complicité reste tenace et ma Brune voluptueuse arrive à se contenir. Mais comme pour Perle, nous n’avons pas une jolie vision des mois futurs, apeurés qu’elle lâche tout, démunis pour la soutenir, l’aider à trouver la voie qui lui redonnerait motivation et enthousiasme.

♥ Prem’s, ma Bella Bionda, ma Toute Grande. Qui oscille entre un mode de fonctionnement adulte et quelques velléités d’adolescente hormonée. Ma première, ma complice. Toujours aussi responsable et mature, elle prend notre relais sans sourciller dès que le besoin s’en fait sentir, attentionnée et aimante envers sa fratrie. Mais, ce que je souhaitais pour elle est arrivée, elle retrouve enfin un comportement de jeune fille de seize ans, entre claquage de porte, phrases assassines et je-m’en-foutisme royal. Ses études lui plaisent toujours autant, même si elle ne trouve toujours pas à s’organiser correctement. Sa majorité approche, seulement un an et demi la sépare de son entrée dans le monde adulte. Je n’arrive pas à le croire. Comment ma toute petite blondinette peut-elle déjà être si grande ? Alors qu’il me semble qu’elle faisait ses premiers pas hier, elle s’apprête bientôt à avoir la permission de voter…

♥ Et nous. Lui et Moi. Ensemble, unis. Après un automne dévastateur, qui nous aura conduit à la séparation, c’est plus complices que jamais que nous abordons 2015. Mais notre rythme professionnel ne nous laisse aucun répit. Je cours du travail à la maison, enchaîne plusieurs journées en 24 heures, m’épuise déjà. Monsieur Mon Mari est tout autant harassé par la cadence infernale de ses nuits de travail, où, changement de grade oblige, ses responsabilités augmentent tout autant que sa charge de travail. A courir chaque jour entre deux écoles, entre deux rendez-vous, le manque de sommeil s’accumule et je crains que sa résistance ne soit bien entamée…

Mais tout ça réuni, qu’est-ce qu’on va bien !

Nous sommes ensemble, nous sommes sept, nous sommes une Tribu complice et unie, soudée contre les épreuves et les mauvais penseurs.

nous

Ôtez-moi d’un doute !

calendrier

Un mois.

Un mois pour prendre LA bonne décision. Celle qui peut changer ma vie, leur vie.

Décider si cela vaut la peine de bousculer leurs habitudes, de détruire leur équilibre, notre équilibre.

Choisir l’absence et le manque de temps. Oublier, un peu, leurs besoins et leur demander beaucoup.

Dans un mois, je devrais décider.

Et j’ai peur. Peur de faire ce choix égoïste. Peur de l’inconnu aussi. Peur de rater, chuter, manquer.

Mais j’ai envie. Envie de vivre cette expérience. Envie de grandir. Besoin d’évoluer.

Alors je vous pose la question. Je me tourne vers vous, mères de famille, mamans-poules ou mamans « t’es toujours au boulot ! »…

Je fonce, oui ou non ? Je fais le grand plongeon dans le vide ou je reste sagement accrochée au bord ?

Dans un mois, je devrais avoir décidé, si oui ou non, je reprends mes études.

Dans un mois, je débute une toute nouvelle carrière, : après veilleuse de nuit, je vais occuper un poste d’auxiliaire puéricultrice en journée. Et j’ai l’opportunité de décrocher le diplôme.

Mais c’est un an d’études. 10 mois passés sur les bancs de l’école, entre potassage de cours et stages pro.

Vais-je arriver à concilier mes études, mon boulot et ma vie de famille ?

A 37 ans, suis-je capable encore d’assiduité scolaire, de vivacité d’esprit ?

Combien de moments en famille seront sacrifiés au profit de mon « petit » épanouissement personnel ?

Dois-je demander leur accord à mes enfants ?

Et surtout, pourquoi je cogite autant ??

Help !!!

Comme un goût de déjà-vu

find'année

Alors ils vont rentrer chargés de pochettes gavées de dessins.
Alors ils vont envahir la maison de cahiers achevés et dépecés, de monceaux de feuillets gribouillés.
Alors ils vont soir après soir préparer des petits mots, des collages et des preuves d’amitié.
Alors ils vont renâcler à se coucher et cacher leurs cernes sous une excitation difficile à gérer.
Alors ils vont rassembler jeux et gâteaux à partager
Alors ils vont pleurer.
Alors je vais avoir la gorge nouée.

Comme chaque été. Comme chaque fin d’année.

Comme un goût de déjà-vu.

Depuis bientôt 13 ans, juin a ses rituels bien particuliers. Clore l’année en beauté, entre kermesse et légèreté. Et déjà préparer la rentrée prochaine, avec son cortège de réunions et de dossiers à compléter.

Comme un goût de déjà-vu.

Et comme une anxiété nouvelle.
Cette fin d’année marque un changement pour notre tribu.

Dernière fin d’année oisive pour Prems.
Dernière fin d’année au Collège pour Deuz.
Dernière fin d’année au primaire pour Perle.
Dernières nuits de garde pour moi.

La rentrée s’annonce inconnue, excitante et angoissante.
Entre l’entrée en internat pour mes deux aînées, le Collège pour Perle, des journées à rallonge pour les deux derniers et un nouveau travail pour moi.
Ça passe ou ça casse. J’ai peur que ça casse.
Car laisser derrière nous cette routine tellement ancrée me semble bien difficile à réaliser.
Vais-je réussir à gérer le quotidien ? Mes filles vont-elles s’habituer à leur vie d’interne, vont-elles s’en donner les moyens ?

En ce dernier jour de juin, je suis fatiguée, très fatiguée. Mais heureuse, très heureuse. Je croque la vie à pleines dents, je multiplie les activités, je suis de tous les fronts et j’adore ça. La tribu en pâtit, un peu. Car tellement habitués à ce que je gère tout, tout le temps, ils pataugent et cafouillent. La maison laissée en plan, cherche qui saura la bichonner un peu.
Mais tant pis, j’ai décidé de vivre pour moi, aussi.
Que ça passe ou ça casse.

Et ça, c’est comme un goût de déjà-vu.

Ici et nulle part ailleurs

home

Chez nous. Chez moi. Home Sweet Home.

Longtemps,  je me suis sentie à l’étroit dans cette petite maison « Playmobil » comme je l’appelle. Longtemps, je l’ai même détestée, pour ses pièces trop petites, confinées. Souvent, j’ai tapé dans ses murs en carton, pesté contre ses malfaçons. Je surfais de site immobilier en site d’annonces pour trouver un nouveau foyer, plus grand, avec plus d’âme, plus « mieux » quoi, comme disent les petits.

J’échafaudais des plans sur la comète pour la fuir, je rêvais le jour où je la quitterais sans me retourner.

Mais, insidieusement, par de petits riens qui font toute la différence, la Hutte et moi nous sommes apprivoisées. Et hier soir, j’en ai pris conscience. Depuis combien de temps n’ai-je pas cherché sur Internet un nouveau logis ? Depuis quand n’ai-je pas râlé contre ma chaumière ridicule ?

Je ne sais pas. Je ne sais plus. Mais j’ai réalisé, soudain, que cette Hutte, imparfaite et mal agencée, était mon chez-moi, leur chez-eux. Notre CHEZ-NOUS.

Quand je ne dis plus « va jouer dans le terrain », mais « dans le jardin » : mon trop grand jardin, sauvage et désordonnée. Qui contient tant de souvenirs de jeux, de cabanes construites, de cache-cache et de parties de foot endiablées. Qui abrite Maman Hérisson, qui vient nous saluer chaque année. Et Monsieur Merle, toujours fidèle au poste avec sa compagne. Caché sous le sapin de notre premier Noël ici. Un sapin qui s’élève haut maintenant, symbole de ces années qui passent.

Quand je connais chaque recoin de chaque pièce, que les yeux fermés, je sais où trouver les premiers gribouillis « rupestres » de Prems. Là, cachés dans la penderie de la chambre du fond, ma chambre maintenant, où elle avait précautionneusement tracé des lignes sur le mur, pour graver ses premiers mots.

Quand je me souviens des premiers pas de Championne, là, dans le salon, accrochée aux poils de notre toutou, il y a 9 ans. Ou quand je peux refaire, au centimètre près, le trajet « d’entraînement » de Fiston, qui inlassablement trottinait du canapé au comptoir pour parfaire sa marche.

Quand j’ouvre les volets, chaque matin, et que je suis saluée par le chant des oiseaux de MES arbres, tous les jours, inlassablement.

Quand la journée est rythmée par les cloches de l’église et que la voix de mes enfants retentit à l’heure de la récréation.

Quand c’est CHEZ NOUS que la famille se réunit pour les barbecues estivaux.

Quand, chaque jour, j’emprunte MA route pour revenir du travail. Tous ces virages et ces routes de campagne qui petit à petit, laissent les habitations pour céder la place à des champs de coquelicots et des bois fournis.

Et quand j’imagine ma vie sans eux, mes cinq petits, ici, toujours, pour les voir revenir souvent. Les accueillir eux et peut-être un jour leur famille. Ouvrir ma porte comme je leur ouvre mes bras.

Toute petite maison, bien mal fagotée, mais étayée d’amour et de souvenirs.

Notre CHEZ-NOUS. Oui, je sais que c’est ici et nulle part ailleurs.

fleurs