Bon débarras (et meilleurs voeux)

bye2016

Plions-nous une fois encore à la tradition bloguesque, et tirons un trait sur l’an finissant.

Qu’il fut long, cet an 2016 ! Qu’en garderai-je en mémoire, je ne sais pas.

Entre larmes et peines, galères et doutes, la Tribu a souffert. En clair, on a ramassé.

Mais il faut bien relever la tête et n’en conserver que le meilleur, pour que l’idée de recommencer une nouvelle année ne nous donne pas l’envie de tout plaquer.

Trêve d’envolées dramatiques, voici en quelques mots, sans hypocrisie, un résumé de notre année.

Tout d’abord, je définirai 2016 en un seul mot : CHANGEMENT.

  • Perle a intégré une nouvelle école, mettant fin à deux ans de non-scolarisation.
  • J’ai quitté mon travail d’Auxiliaire de Puériculture, pour me consacrer à d’autres projets
  • J’ai créé mon entreprise, puis abandonné devant l’ampleur de la tâche
  • Deuz est devenue une jeune fille extra, et a définitivement tiré un trait sur son double maléfique
  • Championne a souffert, s’est battue et finalement a choisi le plaisir et le partage plutôt que la compétition à tout prix
  • J’ai relancé l’activité de mon entreprise, parce que finalement, je me suis un peu oubliée dans tout ça
  • Prems a eu 18 ans !! et je n’en suis toujours pas remise !
  • Un bébé tout-neuf a relancé ma machine à bisous, et j’en suis comblée (coucou mon neveu chéri)

Bref, je vais clore le chapitre 2016 avec encore beaucoup de regrets, de rancœurs, de déceptions.

Mais je vais écrire les premiers mots de notre an nouveau, pleine d’espérances, de projets plus fous les uns que les autres, avide d’aventures et de partage. Mon maître-mot pour 2017 sera RÉALISER !

En attendant de vous présenter mes vœux, dans quelques heures, permettez-moi de vous souhaiter un excellent samedi, qu’il soit festif ou ordinaire.

Prenez soin de vous et vos proches, aimez-vous, pardonnez-vous, soyez fous !

Bien à vous,

Ingrid.

Brèves de Tribu #01-2016

La Tribu est en vacances, tout du moins une bonne partie de ses membres, donc le temps file, file, sans que je n’ai eu le temps de venir papoter par ici !

Alors, c’est en images que je vous donne un petit aperçu de la vie de ma Tribu, ces derniers jours !

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On a câliné des chevreaux

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Perle et moi voulions tous les ramener !

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On a papoté, entre mamans ^^

 

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Championne a joué devant les recruteurs de l’Olympique Lyonnais !

 

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Je me lance dans une nouvelle aventure !

 

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Ma patate a enfin dépassé sa peur de l’eau et découvre le Rhône.

 

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Ma campagne jolie

 

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Fierté ! Le premier mois est passé !

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Trouver la paix …

A défaut de ressources, faut en avoir ! (de la ressource)

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Ou comment va falloir que j’apprenne à gérer mon budget !

Vu que j’ai arrêté de travailler, nos revenus ont considérablement baissé. Par conséquent, notre train de vie aussi. Déjà que ce n’était pas le TGV (notre train de vie), là c’est carrément un funiculaire de montagne !

Il a donc fallu se sortir les mains des poches, trouées, pour compter nos piécettes et imaginer une routine de vie plus économe.

Nous partions déjà avec un GROS handicap, nous sommes dépensiers et de très mauvais gestionnaires : on ne tient pas nos comptes, on prévoit pas, on calcule rien….et hop ! Catastrophe et désespoir chaque fin (milieu ?) de mois.

Heureusement, nous étions loin d’être à plaindre niveau sousous, donc ça allait tant bien que mal.

Mais là, y a un salaire en moins (et les avantages qui vont avec, comme les tickets resto, les aides pour les vacances et les fournitures scolaires etc..).

Donc, il faut faire attention chaque mois et aussi anticiper, prévoir (oh tout de suite les gros mots!!), afin que notre tribu s’en sorte honorablement toute l’année.

♦ Déjà, comme j’en ai parlé ici, on a arrêté de fumer, ce qui était un groooos poste de dépense.
Pour tout vous dire, les économies faites en n’achetant plus de tabac compensent quasiment la perte de mon salaire.

♦ Deuxième poste de dépense en moins : la cantine de Fiston. Vu que je suis à la maison, il rentre manger le midi. Ça nous permet d’avoir plus de 2 heures ensemble pour jouer (ou s’insupporter!) et ça m’enlève plus de 100€ de dépenses par mois. Les points négatifs sont que Fiston ne mange plus du tout équilibré (oui je suis toujours aussi fâchée avec la cuisine) et que je ne peux pas m’absenter ou prévoir quelque chose avec Perle sur la journée.

♦ Troisième poste de dépense allégé, les frais d’essence : je faisais 90 km/jour pour aller travailler, soit près de 200€ par mois pour remplir Titine. Plus de boulot, plus de voiture !

Donc c’est près de 3 pleins économisés par mois !

♦ Le gros point négatif reste notre budget nourriture, qui reste très conséquent alors qu’on mange très mal, il faut l’avouer. Nous sommes assez feignasses, n’aimons pas cuisiner, et la facilité nous appelle souvent à aller acheter plusieurs fois par semaine de quoi nous restaurer sans trop cuisiner.

Ce qui revient cher, hein.

J’aimerai vraiment tendre à une alimentation plus saine et variée, voir locale et bio.

Pour cela il faudrait que je cuisine en gros pour congeler (et nous sommes 7, pfff), prévoir les menus (mais même en prévoyant des plats simples et rapides, je n’ai pas envie de les cuisiner …), trouver des commerces locaux pas trop chers où me fournir en légumes etc.

C’est pas gagné, moi je vous dis !

♦ Sinon, point positif, on va peut-être pouvoir mettre un peu d’argent de côté, ce qui en presque 20 ans de vie commune n’est jamais arrivé (bon nous sommes les rois de la poisse aussi) !

Et donc, pouvoir  enfin soit … continuer les travaux, ou soit …. bah continuer les travaux ^^

♦  Autre gros chantier de l’année : la remise en route de mon potager. Après quelques années laissé en jachère, j’ai prévu de le replanter ce printemps : pieds de tomates et autres courgettes, à nous les beaux légumes du jardin à déguster cet été !

potager

Je suis débutante en potager, donc on y va à tâtons, en espérant trouver de bonnes âmes prêteuses de graines et de savoir-faire !

♦ Pour économiser de l’argent sonnant et trébuchant, j’ai copié l’idée lue chez Aurélia du blog Famille Nombreuse Famille Heureuse et pour l’instant on s’y tient ! (en même temps, on n’est qu’en février, on verra en Novembre ^^)

euros

Mais il reste encore à trouver des astuces pour les achats de fournitures papeterie/scolaire assez important avec l’IEF, les dépenses vestimentaires de la Tribu.

Je ne parle même pas d’imaginer partir deux/trois jours en vacances !

Vous faites comment vous ?? Des astuces d’économe ? Des bons plans ?

Et celui ou celle qui me trouve le moyen de manger bon, bio, local, pas trop cher et sans mettre la main à la pâte gagne la première salade de mon jardin ^^

Petits mots pour grand amour

J’ai tellement de choses à dire et puis en fait, pas tant que ça ….

Des petits bonheurs aux grosses galères, des doutes aux espérances, la vie déroule son fil entremêlé de nœuds comme partout, chez vous, chez eux …

Tous lotis à la même enseigne … alors pourquoi mériterais-je plus d’attention qu’un autre.

Mais parce que notre lien, entre vous mes lecteurs, et moi petite scribouillarde anonyme, est important et me manque, je reviens à petits pas, à petits mots, comme ceux que mes enfants me laissent lorsque j’enchaîne les jours de travail sans vraiment les voir, comme ceux que je leur écris, le matin, pour tenter de prendre soin d’eux, de loin, trop vite.

« Comme un grand »

Mon bébé, mon tout petit, mon Fiston. Qui s’est parfaitement adapté au rythme de l’école primaire, qui lit « comme un grand » tout ce qu’il peut trouver à déchiffrer. Qui ne semble pas perturbé d’être sans sa sœur, entrée au collège …

« Comme une ado »

Ma championne, entrée sans trembler dans la cour des grands, avec ses baskets et son survêt’, sans faillir devant ce nouveau monde. Épuisée d’enchaîner études et entraînements, mais motivée par ses bons résultats en cours comme sur le terrain. Ravie de découvrir l’univers des ados, qu’elle tente de nous faire partager, tout en insolence et en arrogance.

« Comme une exilée »

Ma Perle. Dans l’attente et dans l’errance, ma fille voit s’échapper sa vie sans pouvoir la rattraper. Exclue du fait de sa dé-scolarisation, de sa solitude jour après jour à la maison. Déconnectée, sans repère. Elle reste droite et souriante, aimante et adolescente, quand enfin, la Tribu rentre. Mais montre des signes d’étouffement, d’envie d’ailleurs, d’autre chose. Malheureusement, nous peinons à trouver une aide, une structure, un début d’avenir pour elle.

« Comme une douleur »

Ma Deuz, ma plus rebelle du tout. Un début d’année scolaire difficile, à tenter de s’intégrer dans un lycée bien grand, bien étouffant pour ma solitaire. Entre envies et fatigue, entre maladie et blessures, ma deuz souffre depuis quelques mois, corps et coeur. L’incertitude me ronge quant à son avenir.

« Comme une pro »

Ma Prems. Qui s’épanouit de jour en jour dans ses études, s’impliquant toujours plus dans ses apprentissages. Qui prouve aux professionnels qu’elle est faite pour ça.

Mais qui vit à fond ses 17 ans, pleine d’énergie incontrôlable, claquant les portes, râlant et maugréant. Qui passe du rire aux larmes, entre câlins serrés et bataille rangée.

 » Comme des vieux « 

Fatigués. Epuisés. Dépités. Monsieur Mon Mari et moi maintenons tant bien que mal notre embarcation familiale sur les flots mouvementés.

Sans trop se voir, avec nos horaires décalés. Sans trop se parler, avec nos rancoeurs mal placées et nos envies d’autre chose.

Unis, soudés quand même.

« Comme une envie d’ailleurs »

Parce que la vie va trop vite, parce qu’ils grandissent sans moi, parce que je ne peux plus, je ne veux plus, j’arrête. Après des mois à partir les larmes aux yeux, la boule au ventre, je rends les armes. Dans deux mois et quelques, je quitterai mon poste d’auxiliaire, pour démarrer une nouvelle aventure.

Une décision douce-amère, que j’ai prise sans hésiter. L’avenir est encore flou et incertain, s’annonce certainement plein de galères et de doutes mais je sais pourquoi. Pour qui, surtout. Pour eux, mes cinq petits et mon double.

Parce que j’ai décidé que ma vie, ce n’était pas la réussite sociale ou professionnelle. Ce n’est pas une course contre la montre, pour espérer grappiller une heure de bonheur par jour.

C’est prendre le temps de les voir grandir, c’est les accompagner, les soutenir, les chérir sans aucune mesure, sans pression.

Parce que j’ai compris, que le plus important c’est eux six, et uniquement eux. Dans la pauvreté peut-être, dans les galères certainement, mais dans l’amour et le partage, la complicité et le partage. Toujours. Unis.

Alors voilà où j’en suis.

Tournée vers l’avenir, le leur comme le mien. Tremblante de doutes, mais pleine d’espérances pour un futur plus doux.

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Toc, toc !

Hum, hum … (raclage de gorge enrouée) …. comment dire … ça fait un bail, hein.

Je ne peux pourtant pas vous dire que le temps m’a manqué, il se fait toujours une petite heure creuse dans ma vie archi-planifiée.

Je ne peux pourtant pas vous dire que les jours ont été tous autant monotones depuis tout ce temps, les événements ont au contraire continué à s’entremêler, se bousculer.

Je ne peux que vous dire :

« Hé ! Bonjour Toi ! Ca fait un bail ! Quoi de neuf depuis le temps ?

La famille ? Alors, le petit Kévin fait ses nuits ?

Le boulot ? La machine à café est réparée ?

Le chien n’a toujours pas bouffé Tonton Raymond ?

Raconte !! »

Et moi, j’vous raconte ou pas ?

J’vous dis que l’enquête sociale concernant la déscolarisation de Perle a été bouclée, sereinement, dans la bienveillance ?

J’vous dis que Perle est toujours oisive à la maison, en attendant une future inscription dans un collège adapté ?

J’vous dis que Championne a enfin repris son rythme de croisière côté football, et ma foi, j’aime mieux ça ?

J’vous dis que Fiston a commencé à lire et écrire, sans que je ne m’en aperçoive, et que, bon, ok, j’ai une grosse boule dans la gorge à l’idée de sa trop proche entrée au C.P. ?

J’vous dis que Deuz ne va toujours pas très bien, entre des études réussies, une vie professionnelle complètement loupée et un repli sur soi difficile à percer ?

J’vous dis que Prems, a contrario, évolue d’une manière fulgurante, enchaînant les réussites à ses examens ?

J’vous dis qu’avec Monsieur Mon Mari, nous avons passé plus d’une semaine à casser des cloisons, refaire de l’isolation, poser du carrelage, et qu’on ne s’en sort pas ?

J’vous dis, qu’enfin, j’ai validé mes inscriptions aux concours, pour préparer mon futur ?

J’vous dirais bien encore des choses, mais je sais pas si vous êtes toujours là.                

Alors, je laisse la porte entr’ouverte, je prépare du café et même des cupcakes,

et si le cœur vous en dit, on se retrouve très vite ?

Brèves (pas si brèves) de Tribu

Je souffle un grand coup sur les touches du clavier, histoire de faire voleter la poussière accumulée là… Je souffle un grand coup aussi sur mes pensées, ensevelies sous les couches de fatigue et d’heures de sommeil manquées…

Voilà, la place est nette. Mon ordinateur ronronne sur mes genoux, la page blanche s’offre toute entière à la mélodie que vont jouer mes doigts sur le clavier.

Ce soir, je jouerai une partition libre, sans notes et sans portée, tellement mes idées sont mélangées et confuses. Le temps, encore une fois, se fait bien pressant et autoritaire, trop pressant, pour me laisser seulement l’espace de créer une sérénade, ou mieux encore, une opérette légère et mutine.

Aussi, comme souvent, je vais poser là, à l’état brut, quelques anecdotes, quelques pensées, pour vous raconter la vie dans ma Tribu.

Et, plutôt que des notes, ce seront des points. Comme ceux griffonnés sur mes to-do-lists, emplissant mon carnet de notes et mes tiroirs. Et que j’oublie, que j’enfouis, aussitôt écrites.

  • Fiston a fêté ses six ans ce mois-ci. Et aussi perdu une dent. Mon toutpetit, qui fait trembler mon monde depuis sa naissance. Mon blondinet, qui use et abuse de son charme ravageur pour nous faire oublier ses accès de colère. Mon ex-insomniaque, qui dort enfin tout son soûl, nuit après nuit, parfois dans son lit, parfois dans le notre, collés-serrés comme avant. Mon grand garçon, qui progresse jour après jour dans ses apprentissages, qui râle quand je le traite comme un bébé. Mon zébulon, qui bondit et tournoie sans cesse, jusqu’à m’en donner le tournis. Mon insolent, qui ne contient pas encore ses accès de colère et de rage, nous abreuvant régulièrement de ses logorrhées acerbes et violentes. Il me fatigue et me fascine. Il me manque et m’étouffe. Il va bien !
  • Championne. Celle que j’ai longtemps surnommée Mini-Bulldozer. Qui ne l’est plus vraiment, ma brunette. Oui, elle a toujours ces accès d’énergie qui la font installer un terrain de foot dans sa chambre, entre la poussette et la caisse de Légo en guise de cages. Oui, elle a toujours ce grain de folie, qui la bouscule des rires aux larmes sans transition. Mais elle grandit. Physiquement d’abord. Quand elle m’enserre de ses bras musclés, et que sa tête repose bien trop haut sur mon sein. Ma crevette est en passe de devenir une grande perche. Mentalement, ensuite. Quand ses réflexions et ses pensées l’emmènent sur des chemins d’adolescente. Quand elle écoute, quand elle comprend, quand elle questionne. Son parcours d’écolière reste serein, bien que parfois parsemé d’embûches désagréables. Comme le départ en congé maternité de son institutrice adorée, et l’arrivée d’une remplaçante revêche. Comme ces failles dans ses acquisitions, qui me font frémir en pensant à son entrée prochaine au collège. Mais elle va bien, très bien. Toujours ballon au pied, bien qu’un peu éloignée des terrains depuis quelques mois. Un match ou tournoi par semaine plutôt que trois…
  • Perle. Un mois aujourd’hui que j’ai décidé de la retirer du collège. Un mois que nous sommes libérés, soulagés, débarrassés de cette tension, de cette appréhension constante. Un mois que nous retrouvons notre fille. Souriante et détendue. Reposée. Perle grandit aussi. Physiquement bien sûr. Ma puce a déjà dépassé ses aînées, bien frustrées d’ailleurs, et du haut de son mètre soixante-cinq, réussit à se faire oublier, tellement discrète et réservée. Mentalement aussi. Elle n’aime rien plus que se faire toute petite, roulée en boule dans un coin de son lit, cachée, silencieuse. Sa sensibilité extrême, son âge aussi, font que Perle se fond dans le décor et nous devons régulièrement aller la titiller pour qu’elle accepte enfin de sortir de son repaire. Elle a débuté la semaine dernière ses séjours chez mon papa. Elle y passera désormais la semaine, pour étudier d’abord, et pour vivre aussi. Mon papa adoré prend ainsi notre relais, afin que Perle ne reste pas cloîtrée dans sa tanière toute la journée, en attendant que nous rentrions du travail. Cette première semaine s’est bien déroulée, malgré quelques coups de blues de ma Blonde. Elle y repart demain, après son entretien hebdomadaire avec sa thérapeute. Nous nous donnons le temps. Qu’elle prenne ses aises, ses repères. Que l’on voit si elle progresse dans son programme scolaire. Que l’on constate, ou pas, si cet arrangement lui convient, nous convient, convient à ses grands-parents. On prend le temps. Et elle va bien !
  • Deuz. Après un mois de Janvier extrêmement compliqué et sombre pour ma belle brune, le ciel s’éclaircit un peu, son sourire revient. Entre bravades et confidences, ma Différence s’apaise. Et pourtant ce n’est pas simple. Une année scolaire qui se fait chaotique, parce qu’elle n’a pas trouvé de stage professionnel. Parce qu’elle ne supporte plus trop les comportements de ses camarades de classe. Parce qu’elle est lasse, de tout. Qu’elle a tenté le pire, il y a quelques semaines. Mais a appelé à l’aide. M’a appelée. Malgré ses paroles, qui me blessent souvent, malgré ses rebuffades fréquentes, notre complicité est encore là, bien que fragile et malmenée. Des mots doux viennent parfois se glisser dans le creux de sa voix (enfin de ses textos, adolescente des années 2000 oblige). Des heures de confidences croisées aussi parfois. Souvent, un frisson d’angoisse me parcourt lorsque je pense à ma fille. Je ne sais encore où la mèneront ses pas, où l’entraînera son non-conformisme. Et pourtant. Et pourtant je me prends à sourire, à pleurer aussi, en la contemplant. Parce que, bien qu’elle ne supporte pas quand je dis ça, nous nous ressemblons tellement. Je sais sa sensibilité, je sais sa soif d’amour, ses velléités d’indépendance, son envie d’être une Autre, d’être Ailleurs. Je ne peux pas dire qu’elle va bien, ce soir, parce que l’angoisse me ronge toujours. Mais nous sommes ensemble et je vais me battre pour elle, encore et encore, pour qu’enfin un jour, je puisse dire sincèrement qu’elle va bien !
  • Prems. Ma Bella Bionda, ma toute grande. Qui ne l’est pas vraiment ces temps-ci. Elle oscille entre 5 et 10 ans d’âge mental dernièrement. Toujours à titiller ses cadets, amorçant les jeux les plus bruyants et les moins appropriés. Des bagarres remuantes et braillardes. Des parties de cache-cache hystériques. Qui finissent mal, en général. Mais elle est toujours aussi maternante et responsable. Prenant notre relais dès que le besoin s’en fait sentir. Un peu trop bien parfois, oubliant que ses cadets ne sont pas ses enfants. Quand elle essaye de les mener à la baguette et qu’ils se rebiffent. Quand je dois, régulièrement, lui rappeler que JE suis la mère, bien qu’absente trop souvent. Mais elle est toujours aussi bonne élève, complimentée et apprécié par ses formateurs. Bien intégrée à l’école maternelle où elle effectue son stage. Où elle s’épanouit de jour en jour, appréciant toujours autant de côtoyer les enfants. Elle va bien !
  • Monsieur Mon Mari. Qui enchaîne nuit après nuit des heures de travail éprouvant, entre la gestion de ses équipes et la pression de ses supérieurs. Qui me paraît bien malmené ces derniers temps, presque atteint. Après la passion de nos retrouvailles, la routine a vite repris le dessus et ils sont rares, nos moments d’intimité. Une soirée par semaine, il ne nous reste que ça pour exister. Mais entre nos cinq têtes blondes, nos soucis personnels et la tenace fatigue qui brise nos corps, nos instants complices se réduisent à une peau de chagrin ces derniers temps. Et j’en suis bien chagrine… Va-t-il bien ? Je n’en sais rien.
  • Et moi, et moi et moi… Bien qu’en temps partiel, mon activité professionnelle prend quasi toute la place dans mes journées. Parce que je ne laisse pas mon travail en claquant la porte du service. Parce que les situations compliquées de nos résidentes hantent mon esprit. Parce que je ne suis pas satisfaite de ma pratique professionnelle. Je ne me trouve pas à la hauteur. Je n’ai pas encore trouvé ma bonne place, depuis septembre que j’occupe ce poste. Je me questionne toujours autant sur ce choix. Ai-je eu raison ? Ou tort ? La réponse tourne et virevolte dans mon esprit, et j’attends patiemment qu’elle se pose. Côté personnel, la vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Je cours après les heures, trop peu nombreuses, pour abattre la charge de travail de mon rôle de mère. Entre lessives étendues à 22h, mots des instits signés en me lavant les dents, histoire pas racontée, câlin abrégé, je me sens frustrée et fatiguée. Et je n’ose me plaindre, j’ai si souvent entendu quelle chance j’avais, d’avoir un boulot aux horaires à la cool (si t’oublie les 2h de trajet quotidien), dans un secteur sécurisé (ouais la fonction publique, quand t’es contractuelle en CDD, ça n’a rien d’une sinécure), du peu de responsabilités (et donc de charge de travail) que génère mon poste (et donc, je ne suis qu’une 5ème roue, un accessoire parfois). Mes enfants me manquent terriblement. Entre baisers volés, et plâtrée de pâtes trop cuites, je me sens toujours entre deux portes, pensant toujours à l’heure d’après, au rendez-vous programmé, aux cours de Perle à rédiger, aux placards vides, aux factures impayées… Je ne vais pas très bien donc, même si jour après jour, le temps défile sans trop d’accrocs, dans notre organisation bien rodée. J’aimerais retrouver mon Mari, m’oublier dans ses bras. Je voudrais pouvoir prendre le temps de câliner mes enfants, de les écouter vraiment. Je souhaiterais que la roue cesse enfin ses tours infernaux et que ma vie redevienne comme avant. Mais avant quoi, je sais pas trop…

Mais on fait aller, comme on dit. Nous sommes en bonne santé, nous sommes soudés, nous sommes sept et nous formons une famille, notre unité, notre univers.

De la difficulté de s’avouer impuissants

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J’avais écrit ici à quel point je redoutais cette rentrée. J’avais écrit ma peur face à l’organisation militaire que les changements de rythme allaient nous demander.

Aujourd’hui, 22 jours après la rentrée des classes, je viens poser de nouveau mes maux ici.

J’avais écrit ici à quel point je redoutais cette rentrée. J’avais écrit ma peur face à l’organisation militaire que les changements de rythme allaient nous demander.

Aujourd’hui, 22 jours après la rentrée des classes, je viens poser de nouveau mes maux ici. Mes angoisses, bien présentes, qui pourtant ne sont pas celles auxquelles je m’attendais.

Impuissants. C’est ainsi que nous nous sentons, là, tout de suite.
Parce que toute organisation millimétrée qui soit, notre routine, notre vie familiale et professionnelle n’arrive pas à suivre.

Perle a craqué. Après près de deux ans à s’épanouir et prendre confiance en elle, son entrée au Collège a été trop brutale. Trop de stimulus, trop d’informations, trop de tout… Ma toute douce ne supporte pas ce rythme infernal, cette masse bruyante que sont les autres élèves, cette immensité qu’est le Collège. Perle a peur. Alors Perle pleure. Perle hurle. Perle tente de fuir. Perle se fait virer.
L’équipe administrative du collège, effrayée et paniquée face aux manifestations d’angoisse de notre enfant, a préféré couper court plutôt que de donner le temps à mon enfant, d’intégrer des repères et se rassurer.

Heureusement, l’équipe soignante et éducative a pris le relais, et depuis Lundi, a été mis en place un P.A.I. (plan d’accueil individualisé) : Perle est scolarisée à temps partiel. Seulement le matin.

Perle reprend des anti-dépresseurs. Pour la shooter. Pour que ses angoisses se fassent moins bruyantes, moins voyantes aux yeux des autres. C’est la boule au ventre et la culpabilité grondant, que j’ai pris cette décision de lui donner ces médicaments. Parce que le souvenir de 2012 est encore vif et saignant. Ses troubles de la vigilance, sa respiration de zombie, sa prise de poids colossale, son irritabilité et son agitation. Tout ça tourne en moi chaque fois que je lui donne un comprimé à avaler. Mais je n’ai pas le choix. Je dois brimer ma fille. Pour que d’autres acceptent de l’éduquer.

Soutenus. Heureusement, nous le sommes. Par nos proches, famille et ami-e-s. Par certains membres du corps enseignant et médical.
Pour qui Perle est importante, valable.
Et qui, chacun, pose une pierre pour stabiliser la carapace fragile de notre enfant. Pour que doucement, oh vraiment tout doucement, Perle relève la tête et arrive à regarder le monde sans trembler.
Perle s’accroche. S’obstine. Se bat. Jour après jour, elle affronte ses peurs pour ne pas perdre de vue son avenir. Elle a envie. Elle y croit.

Et le reste. Tout le reste.
Prems et Deuz qui s’acclimatent difficilement de leurs nouveaux rythmes. Entre l’internat et sa collectivité pénible à supporter parfois. Entre leurs journées en stage, qui n’en finissent plus tellement leurs charge de devoirs est lourde. Prems aura passé plus de 15 heures la semaine dernière à travailler d’arrache-pied sur son étude de cas. Jusqu’à minuit passé le soir, quand les petits dorment et qu’enfin je suis un peu disponible. Tout le week-end. Les larmes de douleur et de fatigue coulant de ses yeux bleus désemparés.
Mais elles aussi s’obstinent. Trouvent chaque jour la motivation d’apprendre, d’engranger encore et encore pour préparer leur futur.

Championne et Fiston tentent tant bien que mal de se faire une place aussi. Exténués nerveusement par leurs nouveaux rythmes scolaires. Brisés de fatigue et en manque d’attention par la cadence que leur impose mon nouveau poste. Mais le sourire et la fronde aux lèvres. Complices et remuants, toujours. Affectueux et bruyants, sûrement.

Et nous, parents. Qui peinons à reprendre notre souffle. Submergés par cette cadence infernale. Courir, tout le temps. S’essouffler, déjà.

Mon nouveau poste d’Auxiliaire Puéricultrice me comble au plus haut point, mais le prix à payer est colossal. Brisée de fatigue, je n’arrive pas encore à trouver un équilibre et peine à reprendre mes esprits. Rentrer vite vite le soir pour enchaîner sur une deuxième journée. Ne plus savoir où j’en suis. Ne plus savoir qui je suis.

Rester aux aguets, en permanence. Ne jamais me laisser aller à vivre l’instant présent, déjà toute tournée vers le prochain horaire à respecter.
Tenter de planifier, tout, à tout prix, et voir s’effondrer mon fragile assemblage.

Monsieur Mon Mari, exténué également, par son travail de nuit, à forte charge d’activités et le peu d’heures de sommeil grappillées la journée, entre transport d’enfants et autres rendez-vous.

Un bilan bien amer, il est vrai. Mais l’espoir est là, vacillant certes, mais présent.
Petite lueur alimentée par les appels rassurants et enjoués des aînées. Par la motivation et l’opiniatreté de Perle, par les câlins collés-serrés de nos petits.

Et on se dit qu’un jour prochain, cette vie effrénée sera devenue routine, paisible et sensée.
Un jour prochain, peut-être, je viendrais vous dire que tout va bien, enfin.